Les capteurs de rendement avec GPS ont fait leurs premières apparitions au Québec au milieu des années 90. Où en sommes-nous avec cette technologie? Comment peut-on valoriser les cartes de rendement? Est-ce rentable d’avoir un GPS sur mon capteur de rendement? Mon expert-conseil peut-il m’aider dans l’analyse de mes données? Voilà plusieurs questions que les producteurs agricoles se posent en ce moment.

Après plusieurs années de prise de données, les producteurs ayant déjà un capteur de rendement avec GPS se sentent souvent submergés par une quantité impressionnante de cartes et de fichiers. Il ne faut surtout pas céder à la panique. L’information recueillie avec le capteur de rendement est d’une qualité et d’une utilité qui vous aideront à faire une gestion raisonnée de vos champs. Le fonctionnement et l’utilisation du capteur de rendement lors des battages ne sont que les premières étapes du processus. Bien que la cueillette d’information soit primordiale, l’analyse des données demeure l’étape cruciale pour atteindre le plein potentiel de votre équipement et obtenir un accroissement des rendements.

Un capteur bien calibré diminue les erreurs
Il existe plusieurs types de capteurs de rendement et chaque compagnie a ses particularités bien distinctes en ce qui a trait au calibrage et aux composantes. Par contre, il y a des normes à respecter pour obtenir le meilleur calibrage possible. Il importe de procéder à un suivi régulier de la précision du capteur de rendement en fonction de la culture et des conditions de récolte. Lors du calibrage, il faut vérifier la vitesse d’avancement et la largeur de récolte. Il faut s’assurer de l’humidité du grain avec un testeur calibré. Il est très important de ne pas calibrer le capteur de rendement avec le pourtour du champ. Les erreurs les plus fréquemment retrouvées dans l’utilisation du capteur de rendement sont la largeur de récolte non calibrée, l’ajustement du délai, les erreurs GPS, l’arrivée d’un bouchon dans la batteuse et la perte de grain.

Une carte de rendement précise : un signe de réussite
Il faut bien travailler ses cartes de rendement pour avoir une information juste et pertinente. Malgré les précautions prises lors du travail au champ, il se glisse malheureusement des erreurs qui peuvent influencer la précision de la carte. Tout d’abord, il est nécessaire d’effectuer un bon nettoyage des données. Un fichier brut de rendement est constitué de milliers d’informations. Le nettoyage consiste à enlever les données qui viendraient fausser l’interprétation de la carte. Saviez-vous qu’une carte non nettoyée peut entraîner une erreur de diagnostic dans 50 % des cas? Dans un fichier brut provenant du capteur de rendement, il peut y avoir jusqu’à 15 % de données erronées.

Avant de sortir la carte de rendement, les principaux points à vérifier et à corriger dans le fichier brut de données sont les délais de fonctionnement, les délais de départ et d’arrêt, la largeur de coupe lors du dernier passage et les données de rendement aberrantes. Il est aussi nécessaire de séparer les différents hybrides positionnés dans un même champ et éliminer les points de trop bas rendement situés dans les tournants ainsi que quelques points de fort rendement. Il est également important de transformer les valeurs en rendement sec.

L’analyse des cartes de rendement, le chiffre trois un minimum
Il n’est pas toujours simple de travailler avec des cartes de rendement. Il est très hasardeux de poser un diagnostic ou de planifier un patron d’échantillonnage de sol en se basant sur une seule année. Les champs n’ont pas tous un rendement stable et les zones, bonnes ou mauvaises, peuvent changer d’une année à l’autre. Les facteurs climatiques et le type de sol sont quelques-uns des facteurs qui peuvent jouer un rôle important et influer sur les résultats. Par exemple, lors d’une saison sèche les zones de bon rendement peuvent être localisées dans des endroits différents de ceux de l’année précédente où les conditions météorologiques étaient pluvieuses.

Pour pallier ces facteurs et réussir un bon diagnostic, une carte pluriannuelle de rendement est requise (voir la figure 1 dessous). Pour produire ce type de carte, il faut avoir au moins trois années de rendement consécutives. Les données doivent être classées en fonction de la moyenne, pour chacune des années. Une fois cette étape réalisée, nous produisons une carte qui permet de visualiser les zones de variabilité à l’intérieur du champ. C’est à partir de cette carte que nous pouvons maintenant réaliser une analyse exhaustive du champ. Il est important lors de l’analyse de ne pas hésiter à demander l’aide de votre expert-conseil. Celui-ci vous apportera l’expertise nécessaire à l’élaboration d’un plan adapté à votre exploitation.

Lors de l’analyse de la carte pluriannuelle, on doit déterminer les différentes sources qui influencent le rendement et les classer en deux catégories. La première catégorie contiendra les sources de variabilité causées par les pratiques agricoles (ex. : compaction, date de semis, hybrides, erreur d’équipement, drainage, les applications, etc.). La deuxième compilera les variables naturelles (ex. : topographie, météo, types de sol, infestation d’insecte et mauvaises herbes, écoulement des eaux, etc.). Après une bonne analyse, il faut établir un plan qui permettra de rendre le champ plus uniforme de manière à atteindre un meilleur rendement. C’est à partir de cette carte pluriannuelle de rendement que vous pourrez établir un patron d’échantillonnage de sol, réaliser la fertilisation puis ajuster les semis et les applications d’azote, et ce, à taux variable.



La rentabilité d’un champ, la voir pour le croire
Une carte économique (voir la figure 2) peut également être réalisée à partir des données de rendement. Les zones produites permettent au producteur d’analyser, de façon monétaire, la performance de ses champs. La carte de rentabilité est un outil complémentaire qui vient raffiner l’analyse des champs et donne l’occasion de travailler en minimisant les risques. Délimitée en trois zones, la carte de rentabilité fournit au producteur la possibilité de visualiser les zones non rentables, de rentabilité moyenne et de rentabilité supérieure. Cette carte, qui prend en considération les coûts de production et d’assurances ainsi que les revenus et les compensations, évolue au fil des ans.




La carte de rentabilité vient augmenter la connaissance des différents facteurs influençant la performance économique. Pour tirer le maximum de cet outil, la carte de rentabilité doit être analysée sur plusieurs années. Le coût des intrants, des carburants ainsi que les fluctuations du prix de vente de la culture font en sorte que la carte évoluera avec les années. Avec en main une telle carte, il est facile par la suite de cibler, selon les coûts de production et les revenus anticipés pour l’année, les zones qui offriront un meilleur potentiel de gain. Ceci permet de travailler les champs de façon raisonnée afin d’améliorer les objectifs de rentabilité.

Après avoir bien travaillé ses cartes de rendement, il est beaucoup plus aisé de poursuivre en agriculture de précision avec la modulation à taux variable sur le plan des différentes applications.
Le capteur de rendement ne réglera pas tous vos problèmes comme par enchantement. Il faut le voir comme un outil de travail qui, allié à d’autres informations, vous assurera de mieux comprendre la dynamique qui régit vos champs. Le capteur de rendement est un outil incroyable pour le développement de l’agriculture et l’amélioration des rendements, mais il est important de ne pas oublier que la clé du succès réside dans la cueillette d’une information de qualité, dans l’analyse des données et la planification d’un plan réaliste et profitable pour l’exploitation.

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