La Hollande est parsemée de canaux. Plus du tiers de la superficie du pays est situé sous le niveau de la mer. Grâce aux moulins à vent et autres sources d’énergie, les Hollandais réussissent « à se maintenir à flot » en pompant cette eau vers la mer au travers de ces canaux, digues, remblais. Les ingénieurs hollandais sont demandés partout à travers le monde pour leur expertise dans ce domaine, comme ce fut le cas en Californie, en début d’année, lors d’inondations.


Le réseau de fermes de recherches coopératives (CRF), organisation novatrice et internationale ayant des membres en Amérique du Nord et en Europe, vient de s’agrandir par l’addition récente d’Agrifirm, coopérative agricole, en février dernier. La coopérative Agrifirm fabrique et distribue des aliments pour le bétail, la volaille et plusieurs autres espèces en Hollande et en Allemagne. C’est un leader en nutrition laitière tel que confirmé par leur part de marché en Hollande.

Agrifirm est le deuxième membre européen de CRF. C’est une coopérative qui, comme La Coop fédérée, est dédiée à l’adoption de nouvelles technologies au bénéfice de ses membres producteurs agricoles. L’ajout d’Agrifirm va permettre à CRF d’élargir son engagement dans le développement de recherches qui lui sont exclusives ainsi que d’étendre nos connaissances et favoriser notre réseautage. En même temps, en adhérant au réseau CRF, Agrifirm accède immédiatement à des recherches de réputation mondiale, applicables directement dans leurs programmes de nutrition pour le bétail et la volaille.

Agrifirm participera activement à la planification et au développement des projets de recherche dans les secteurs laitier, bovin, porcin, avicole, équin et cunicole du réseau CRF. Avec son rayonnement dans un pays agricole très efficace et en raison de sa situation géographique, cette coopérative apportera nombre d’idées avant-gardistes et partagera ses préoccupations, comme son souci de l’environnement.

Cet apport de nouvelles idées se fait aussi dans un cadre de partenariats avec Agrifirm, un groupe de producteurs agricoles coopérateurs hollandais qui vient compléter le réseau de recherches CRF déjà bien implanté en Amérique du Nord et en Europe.


L’agriculture hollandaise en bref

Lors d’une formation sur la régie et la gestion des robots de traite donnée par Lely, en Hollande, en début d’année, j’ai pu visiter des fermes qui avaient adopté, depuis quelque temps, la technologie des robots avec différentes configurations, à savoir 1, 2 ou 3 robots. Cette vue d’ensemble de la production laitière hollandaise a été complétée par mes nouveaux collègues hollandais maintenant membre de CRF.

En quoi l’addition de ce partenaire dans le réseau CRF nous permettra-t-elle d’ouvrir nos horizons et de stimuler notre créativité? En 2000, selon le Réseau laitier canadien (Van Doormal, 2004), la Hollande dénombrait près de 1,5 million de vaches produisant 110 millions d’hectolitres, soit une moyenne d’environ 7300 kg par vache, avec des taux de gras et de protéine oscillant autour de 4,4 % et 3,46 % respectivement. Pour la même période, en 2000, le Canada comptait plus de 1,1 million de vaches produisant 97 millions d’hectolitres, soit une production moyenne de 8 532 litres de lait par vache.

En Hollande, en 2003, une ferme laitière possédait en moyenne 59 vaches pour une superficie d’environ 15 hectares, comparativement à 109 hectares pour une ferme laitière au Québec. La surface réduite d’épandage fait en sorte que la protection de l’environnement est une priorité dans ce pays. Les problèmes environnementaux rencontrés à l’heure actuelle vont possiblement devenir les nôtres dans quelques années. Ainsi, l’expertise acquise par cette coopérative et par notre autre partenaire européen nous assurera une longueur d’avance pour le futur.


Gestion de l'offre

Les Pays-Bas sont sous gestion de l’offre. Les producteurs vivent dans le même contexte que nous et doivent produire avec des composantes élevées, ce qu’ils réussissent très bien à faire même si la production par vache est plus faible que celle du Québec.


Importance de la fibre et des membres

Les rations typiques en Hollande contiennent des proportions élevées de raygrass récolté jeune. Le raygrass est une graminée à haut rendement qui pousse rapidement dans de bonnes conditions d’humidité et qui fait bon usage du fumier qui ne manque pas en raison des surfaces limitées d’épandage. Cependant, cette graminée a le défaut de ses qualités. Récoltée jeune, elle manque de corps, en ce sens que la rigidité de la fibre n’est pas au rendez-vous. Lorsqu’ils le servent en combinaison avec de l’ensilage de maïs, les Hollandais vont souvent ajouter une proportion de paille dans la ration pour donner un peu de « griffure » à la ration, c’est-à-dire une source de fibre qui permettra de maintenir un bon matelas ruminal, comme c’est le cas généralement avec les combinaisons de fourrages récoltés au Québec.

En Hollande, la plupart des fermes, pour ne pas dire toutes, sont en stabulation libre. Les vaches doivent se déplacer sur de bons pieds et membres. Comme plusieurs de ces fermes sont sur plancher latté, les vaches ne doivent donc pas souffrir d’acidose, ce désordre métabolique pouvant conduire à des problèmes de fourbure et d’ulcères de sole. Cependant, il n’y a pas de caoutchouc sur le plancher dans les stabulations visitées, sauf dans certains enclos, ce que l’on voit de plus en plus dans les stabulations libres du Québec et même sur les planchés lattés qui sont par contre plus récentes que celles visitées (mon échantillon ne comptait cependant que trois fermes!).

Ce qui est frappant dans les stabulations visitées, c’est la propreté du plancher. Mais ce n’était pas par hasard, car les vaches hollandaises font aussi du fumier… C’est plutôt parce que les Hollandais utilisent un système supplémentaire de nettoyage des lattes, une raclette ou encore un robot « nettoyeur » qui se promène sur les lattes. Garder les lattes plus propres et plus sèches permet de réduire l’incidence du piétin d’Italie. Cette condition est plus fréquente en présence d’humidité et d’accumulation de fumier, un milieu de culture idéal pour la bactérie le causant et qui affecte de façon importante la production laitière.

Ce qui est frappant dans les stabulations visitées, c’est la propreté du plancher.


Traite robotisée

En Hollande, le nombre de fermes robotisées se situe entre 5 et 10 %. Ce pays compte environ 25 000 fermes laitières. Cela fait donc entre 1250 et 2500 robots d’installés, et ce, depuis plusieurs années pour certaines fermes, car la Hollande a été le premier pays à introduire les robots de traite, en 1992 (Koning et al., 2002). L’adoption de cette technologie a explosé à la fin des années 90. La proportion de fermes avec un nouveau bâtiment adoptant la technologie robotisée se situe aux environs de 50 %. Agrifirm nous apportera donc une expertise dans la régie et l’alimentation de la traite robotisée.


Reprise des ensilages et couverture des silos

Sur les fermes visitées, une grande attention était portée à la reprise des ensilages. L’ouvrage se faisait à l’aide d’outils spécifiques, comme une guillotine ou une « fraiseuse », de manière à réduire les pertes à l’entreposage et pour servir un aliment qui favorisera la consommation.

En traite robotisée, basée sur une traite volontaire, la qualité des sabots est d’une importance capitale. Cela faisait d’ailleurs partie de la formation robot donnée en Hollande par la compagnie Lely qui a fait appel à différents experts à ce chapitre. Aussi, quelle ne fut par ma surprise de voir apparaître un collègue de la coop Agrifirm, Lucas Talsma, expert en régie des pieds et membres à cette journée de formation. Le monde est petit quand on est en réseau!


Transfert technologique

À la suite de cette formation, et pour échanger sur l’expertise que possèdent les membres du réseau La Coop qui travaillent tous les jours avec les robots de traite, une réunion provinciale pour les experts-conseils traitant de la technologie des robots de traite a été tenue en juin dernier, à Drummondville.

En somme, l’ajout de ce nouveau membre européen au réseau de ferme de recherche CRF va nous permettre d’avoir une vision encore plus élargie de l’agriculture à travers le monde. Nous pourrons ainsi orienter notre recherche actuelle et future au profit des membres propriétaires que sont les producteurs laitiers du Québec membres d’une coopérative agricole. Comme le dit le proverbe, « Nul n’est si bien servi que par soi-même »…

 
Plusieurs silos fosses sont couverts d’une toile que l’on fixe solidement à l’aide d’un système de courroies pour éviter la détérioration de l'ensilage.
 

En compagnie de Dave Ott, directeur général de CRF (à droite), Dr Eddy Weurding, Ph. D. et Dr Patricia Beckers, DMV, d’Agrifirm, qui ont respectivement participé aux comités de planification de la recherche laitière et porcine lors d’une réunion de CRF, en janvier 2008.
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