Dans un rang tranquille de la bucolique municipalité de Sainte-Sophie-de-Lévrard, on trouve une petite ferme porcine entourée de boisés. C’est la ferme A-Porc-Ça, propriété de Martin Langlois et Véronique Pecqueur, qui a remporté en avril dernier le titre Ferme porcine de l’année dans la catégorie naisseur.


Ce sont d’excellents producteurs et ce prix ils le méritent grandement, lance Audrey Martel, experte-conseil à La Coop des Appalaches. Leurs bons résultats techniques, la propreté des lieux, la bonne gestion de l’entreprise et l’engagement des enfants du couple dans les activités de la ferme ont fait la différence. »

Pour eux, la biosécurité est un critère très important. Tous les visiteurs doivent d’abord prendre une douche et enfiler les habits de la ferme avant de pénétrer dans le bâtiment. La propreté des installations est remarquable.

Tout a commencé en 1992, année où Martin et Véronique achètent l’entreprise. Au cours des années, plusieurs améliorations sont apportées, dont l’agrandissement et la rénovation du bâtiment, en forme de H, en 1998. « Nous en avons alors profité pour automatiser plusieurs appareils, raconte Martin. De fait, nous avons mis en place un système de goutte-à-goutte pour arroser les truies, et ainsi les rafraîchir, lorsqu’il fait chaud. En mise bas, le système Gestal fait en sorte que les truies sont alimentées à volonté. Puis en gestation, l’eau est distribuée de façon automatique grâce au contrôle débit-o-matic. »

D’autres importants investissements ont été faits en 2007, dont l’installation d’un gros ventilateur dans l’entretoit qui offre une meilleure circulation de l’air et permet d’abaisser la température de quelques degrés en saison estivale. L’acquisition d’un bras mécanisé pour sortir les animaux morts et d’un composteur figurent aussi au nombre de ces investissements.

L’élevage compte 520 truies, qui produisent chacune une moyenne de 27,62 porcelets sevrés par année.


Portrait de la production

L’élevage compte 520 truies qui produisent 27,62 porcelets sevrés par truie par année. « Ces résultats sont attribuables en partie à une bonne observation des truies pour la détection des chaleurs. Cela permet d’avoir une excellente rotation de 2,49 et un taux de fertilité de 90 % », soutient Audrey.

Les porcelets de plus de 4 kilos sont vendus au réseau La Coop [ils pèsent 6,5 kilos en moyenne au moment de leur vente] alors que ceux qui n’atteignent pas ce poids sont donnés à la miniferme du Centre de désintoxication de Lotbinière. Mais ils sont peu nombreux : « Un pour cent de nos porcelets sont de petits poids, ont des blessures, des hernies ou bien une infirmité », précise le producteur.

Il faut dire que les Langlois sont aux petits soins avec leurs porcelets. Par exemple, s’ils constatent chez l’un d’eux un problème de santé, ils tentent de le soigner du mieux qu’ils le peuvent. Pour ceux qui s’alimentent moins bien ou qui n’ont pas tété à la naissance, « nous les gavons de colostrum et nous réussissons très souvent à les sauver », dit fièrement Véronique.


La somme de plusieurs choses

L’attention accordée à la santé des porcelets et à la biosécurité n’est qu’un exemple de la façon de faire des Langlois. Car le succès de la ferme A-Porc-Ça s’explique aussi par plusieurs gestes posés au quotidien, par une bonne régie d’élevage, par la passion des gestionnaires et par leur philosophie de vie.

Le système d’alimentation automatisé, qui nourrit les animaux aux 15 minutes, permet de s’assurer que les truies ne manquent de rien et de savoir si elles mangent plus ou moins que la normale. « Si l’alimentation d’une truie baisse par exemple, nous allons immédiatement vérifier ce qui se passe », soutient Martin. Pour ce jeune couple, une bonne alimentation est complétée en lactation par le supplément Pro-truie. Ainsi, l’animal dispose de toute l’énergie dont il a besoin pour nourrir ses porcelets et préparer sa future ovulation.

De gauche à droite : Noël Tremblay, employé de la ferme; Audrey Martel, experte-conseil de La Coop des Appalaches; Martin Langlois et Véronique Pecqueur, propriétaires de la ferme A-Porc-Ça.

À la ferme A-Porc-Ça, on enregistre aussi un taux de mortalité très faible chez les truies, soit de 3,27 %. « En bas de 5 %, ce résultat est considéré comme très bon », lance Audrey. La rapidité d’intervention des Langlois est, en grande partie, responsable de ce bas taux de mortalité.

« Les cochettes sont mises en quarantaine avant leur introduction dans le bâtiment », racontent les producteurs qui en achètent environ 180 par année. Lorsque les truies sont intégrées au troupeau, elles sont désinfectées à l’aide de produits comme le Virkon ou le Peroxigard. En cas de mort suspecte, le vétérinaire est appelé sur les lieux et peut au besoin pratiquer une autopsie de la bête. Enfin, les animaux morts sont sortis le plus rapidement possible afin d’éviter qu’ils soient en contact avec d’autres sujets.

Côté main-d’œuvre, les Langlois peuvent compter sur l’appui de Noël Tremblay, qui travaille pour eux depuis cinq ans. Leurs quatre enfants, âgés de 12, 14, 16 et 18 ans, font aussi partie des ressources sur lesquelles ils peuvent se fier. « Ils ont été initiés très tôt aux travaux de la ferme, raconte le couple. Les tâches quotidiennes de chacun figurent sur un tableau dans le bâtiment : lavage des auges, entretien des allées, etc. Ainsi, ils savent toujours ce qu’ils ont à faire. » Avec Martin, les enfants contribuent aussi à l’aménagement de la terre à bois, située à proximité de la ferme.

Depuis trois ans, grâce à la participation de chacun, les Langlois peuvent prendre de petites vacances pendant la saison estivale.

Il faut souligner que Véronique voit elle-même à l’éducation des enfants, c’est-à-dire qu’elle est leur enseignante attitrée. Ce n’est pas une simple tâche! Elle s’occupe aussi du jardinage et de la comptabilité. « Le fait que nos enfants soient avec nous tous les jours nous permet d’avoir une belle vie de famille », affirme-t-elle. Les enfants ne s’en plaignent pas. Le couple leur a déjà proposé de prendre des vacances sans leurs parents. « Mais cela ne les intéresse pas, ils veulent être avec nous », dit fièrement la jeune mère.

Les Langlois estiment qu’une partie de leur succès est aussi attribuable à la très bonne relation qu’ils ont avec leur experte-conseil, Audrey Martel. « Elle se donne corps et âme à son travail et, en plus, elle est très humaine », confie la productrice. En effet, à quelques occasions, les conseils d’Audrey ont permis au couple d’épargner temps et argent. Par exemple, « à une époque, les Langlois voulaient démolir une partie du bâtiment pour y aménager une section saillie où les truies séjourneraient durant trente jours, relate l’experte- conseil. Je leur ai plutôt suggéré de prendre un autre local dans le bâtiment et de l’adapter au bien-être des animaux en y ajoutant une rangée de fluorescents. Ce qui s’est avéré beaucoup moins coûteux ».

« Toutes nos dépenses doivent être justifiées, renchérit le producteur. On est condamnés à être performants, on n’a pas le choix. Car bien que le prix offert pour nos porcelets a presque doublé depuis l’hiver dernier, l’essence et la moulée ont aussi beaucoup augmenté. Le prix qui nous est offert reste donc encore trop bas. Il y a 15 ans, on recevait environ le même prix qu’aujourd’hui. »

Les Langlois sont toutefois très optimistes. « Nous sommes croyants et pratiquants et nous avons toujours été très chanceux dans la vie, lance Véronique. Nous pensons qu’il y a un être supérieur qui pourvoit à nos besoins et qui s’assure que tout va bien pour nous. » La façon dont se déroulent les choses depuis leurs débuts en agriculture semble leur donner raison…


Retour



Copyright © 2014 La Coop fédérée | Tous droits réservés