« Ça fait 39 ans que la coopérative Citadelle offre de son espace et de son expertise à la Société coopérative agricole des apiculteurs du Québec (SCAAQ), reconnaît fièrement Yves Gauvin, l’actuel président. De l’intercoopération bien tangible! »


Le Québec compte environ 266 apiculteurs disposant d’au moins 6 colonies dont 55 sont membres de la SCAAQ. L’objectif de départ des 39 apiculteurs fondateurs était de pouvoir bénéficier du réseau de vente de Citadelle, de ses capacités financières, de ses équipements de transformation et de ses services administratifs. « À cette époque, explique Yves Gauvin, il n’existait qu’un seul acheteur de gros volume et c’était Doyon et Doyon. Le prix n’était pas satisfaisant et les apiculteurs souhaitaient se regrouper pour améliorer leur pouvoir de négociation et explorer différents marchés potentiels. Le problème, poursuit le président, c’est qu’ils n’avaient pas l’argent pour investir dans de nouvelles infrastructures. D’où l’idée de créer une forme d’association avec la coopérative des producteurs de sirop d’érable… »

Qualité et stabilité
La mission de la SCAAQ a toujours été de valo-riser le surplus de ses membres. « Le fait de pouvoir bénéficier des équipements de laboratoire de Citadelle, précise Luc Lussier qui assume la direction générale de la coopérative des apiculteurs, a permis d’offrir un produit stable sur le plan du goût et de la qualité. » Tout le miel de la coopérative se dirige vers le secteur de la transformation alimentaire, dont le marché des microbrasseries et celui des boulangeries. Un infime pourcentage est actuellement vendu au détail sous la marque APIX par l’entremise du réseau des bistros-boutiques de Citadelle. « Le secteur apicole vit une période difficile, précise Yves Gauvin. Les colonies subissent des pertes de rendements depuis les cinq dernières années, à cause d’un acarien appelé varroa et nous devons jongler avec une diminution des volumes de miel. Nous avons tout à gagner de l’intercoopération… »

Luc Lussier, directeur général de la Société coopérative agricole des apiculteurs du Québec; Yves Gauvin, président et Yves Gosselin, directeur opérations et développement Bistros-Boutiques, qui travaille également pour Citadelle.



Débouché assuré
Les frais d’adhésion à la coopérative sont de 300 $ et les membres sont assurés d’écouler leur production de miel et d’être équitablement payés en fonction des ventes effectuées. « La mise en marché du miel suppose du temps et de l’investissement pour les apiculteurs, mentionne Yves Gauvin. Or, les défis qui se posent depuis quelques années, liés à la santé dans les ruches, exigent beaucoup plus de suivi, de temps et d’observation. Le contexte de la production n’est plus le même. Nous sommes loin de la période d’abondance et relativement facile des années 90. D’autre part, de plus en plus de jeunes apiculteurs souhaitent se spécialiser dans les services de pollinisation puisque c’est un besoin qui ne cesse d’augmenter. Pour eux, la vente de miel devient un peu plus fastidieuse. Pour toutes ces raisons, la SCAAQ offre un outil structurant pour le secteur apicole. Un débouché assuré pour les producteurs qui n’ont pas de temps à consacrer à la mise en marché de leur miel. »

Précisons qu’à partir de l’automne, un exercice de planification stratégique sera amorcé par les membres de la SCAAQ. Cette activité de réflexion devrait permettre à la coopérative de relever de nouveaux défis et d’améliorer ses services aux membres.

Les avantages de l’intercoopération
Au-delà du contrat de service établi par la coopérative Citadelle, la Société coopérative agricole des apiculteurs du Québec s’est affiliée à tout le réseau La Coop en 1997. « Cette affiliation permet d’avoir accès à différents services liés entre autres aux assurances, aux groupements d’achat et à la formation des membres, souligne le directeur général. Le président poursuit en insistant sur l’importance pour tout le secteur apicole de faire partie de ce grand réseau. « La coopérative m’a rendu de grands services comme apiculteur, insiste le fils de Charles-Auguste Gauvin, l’un des 39 apiculteurs fondateurs, et je suis convaincu que sans l’échange de service avec Citadelle, nous n’aurions probablement pas eu les capacités financières pour traverser les périodes de crise. »


Quelques chiffres


• Depuis une dizaine d’années, le nombre de ruches est demeuré relative ment stable, soit entre 30 000 et 35 000 et les rendements moyens se sont situés autour de 51 kg de miel par ruche. En 2003 et 2004, le cheptel a diminué de moitié et les produits de la ruche ont connu une baisse importante. En 2006, on parle de 35 545 colonies avec un rendement moyen se chiffrant autour de 42 kg de miel par ruche.

• 83 % des ruches sont exploitées par 60 entreprises en possédant plus de 100.


Répartition de la valeur des ventes de produits apicoles au Québec en 2006

Miel : 70 %
Pollinisation : 23 %
Pollen : 1 %
Autres produits de la ruche : 6 %


Sources : Trousse d’information et de démarrage en apiculture, 2006; Institut de la statistique du Québec, 2006.





Reconnu pour son dynamisme et son enthousiasme contagieux à l’égard des abeilles, Yves Gauvin gère, avec son fils Philippe, Les ruchers Gauvin situés à Saint-Hyacinthe. Émerveillé depuis toujours devant l’ouvrage minutieux et organisé de ces butineuses, l’apiculteur pose un regard à la fois réaliste et optimiste sur l’avenir du secteur. « L’apiculture a traversé d’autres crises causées par de la maladie dans les ruches, se rappelle le président en citant les épisodes de la nosémose et de la loque américaine. Depuis l’arrivée du varroa, ce parasite de l’abeille, nous devons apprendre à jongler avec des pertes de ruches de l’ordre de 30 %, en plus de tout le paysage agricole qui tend toujours vers une diminution de la diversité. Les défis sont énormes, mais je demeure confiant. Il nous faut améliorer nos pratiques et nous donner des outils pour mieux maîtriser la production. Pour cela, il faut travailler ensemble comme le font les abeilles! »

Apiculteur depuis 40 ans, Yves Gauvin suit de près l’évolution de la recherche et le développement du secteur apicole à travers le monde. « Si je n’avais pas confiance en l’avenir du secteur, je n’aurais pas encouragé mon fils à s’associer avec moi. Nous avons une relève qui promet et cela me rend optimiste. Un de mes souhaits à titre de président de la coopérative est d'ailleurs d’attirer plus de jeunes autour de la table des dirigeants. » L’invitation est lancée, avis aux intéressés!

Les ruchers Gauvin compte 1000 ruches au total dont 600 en production de miel et 400 pour l’élevage d’abeilles. La moitié des revenus provient de la vente de miel et de produits de la ruche. Les services de pollinisation et la vente d’abeilles (nucléis) complètent le chiffre d’affaires. En plus d’assumer depuis 1986 la présidence de la SCAAQ, Yves Gauvin est également président du comité apiculture du Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec (CRAAQ) et 2e vice-président de cette même organisation. « Mon but est de faire parler d’apiculture le plus possible au sein de l’industrie agroalimentaire. On oublie trop souvent qu’elle est la base de plusieurs autres productions horticoles », conclut le président de la coopérative.



Les achats sur le Web étant de plus en plus populaires, une initiative dans la province de Parma permet à des agriculteurs de se faire connaître et de vendre leurs produits à des citoyens sur Internet. En effet, le site www.biologico.parma.it regroupe 70 agriculteurs offrant plus de 30 catégories d’aliments, tous biologiques. De plus, on prévoit des ententes de production pour satisfaire la demande croissante du côté des transformateurs et grossistes qui ont aussi accès à ce site. Le but étant de rapprocher les principaux intéressés sur une base régionale. Enfin, en Italie en lien avec la mise en marché directe, l’initiative des Gruppi d'acquisto solidale fut présentée. Ces groupes sont coordonnés par les consommateurs, qui organisent les commandes, et les producteurs, qui organisent leur offre. On peut les comparer aux nouveaux Marchés de solidarité que l’on voit émerger de plus en plus au Québec. On compterait environ 450 Gruppi d’acquisto solidale approvisionnant 20 000 familles. On peut lire, bien qu’en italien, ce qui se dégage de ce modèle inspirant en visitant le www.retegas.org

L’alimentation en institutions réglementée en Italie
L’Italie a inscrit dans sa loi, en 2002, l’obligation pour les cafétérias des institutions publiques de s’approvisionner en aliments principalement locaux, si possible bio ou du terroir. Utopie? Je dirais que c’est de l’audace et de la vision. Cette loi entrera pleinement en vigueur cette année et il en résultera un million de dîners responsables en Italie chaque jour! Ce colloque a donc permis de faire découvrir aux participants des initiatives de mise en marché directe tout aussi intéressantes et pertinentes les unes que les autres!

1 L’Agriculture soutenue par la communauté suppose l’engagement d’avance des citoyens pour un partenariat de récolte d’une saison maraîchère. On peut aussi s’engager auprès d’un éleveur dans ce modèle. Équiterre assure la coordination d’un réseau d’agriculteurs au Québec qui opèrent sous cette formule. L’organisme appuie les fermes dans l’établissement de leur projet, favorise les échanges et sensibilise la population.

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