Fière de sa famille et de sa ferme, fière aussi du temps qu’elle donne à sa coopérative, Nicole Charbonneau est une femme heureuse que la vie a comblée. Le sourire bien accroché lorsqu’elle jase, elle tourne en humour ce qui peut naturellement devenir un irritant.

Active depuis bientôt trois ans au sein du conseil d’administration de La Coop des Appalaches, l’agricultrice de 47 ans a succédé à Raymonde Beaulieu qui s’est retirée à la condition de pouvoir être remplacée par une femme. Jusqu’à maintenant, l’administratrice espère renouveler cet engagement aussi longtemps qu’elle le pourra. « J’aime l’ambiance autour de la table de réunion, souligne-t-elle. L’ordre du jour est continuellement chargé, mais c’est toujours gratifiant d’y travailler, car je sens que mes idées sont valables et apportent de l’eau au moulin. Sur le plan personnel, poursuit Nicole Charbonneau, on y gagne dans la confiance et l’estime de soi. Sur le plan social et économique, on contribue à maintenir l’équilibre du marché… »

Native de Val-Alain dans la grande région de Chaudière-Appalaches, la petite enfance de Nicole se vivra à la ferme laitière. Diplômée en secrétariat à l’âge de 20 ans, son goût de vivre de l’agriculture disparaît jusqu’au jour où ses parents convoquent un conseil de famille. C’était en 1988 et son conjoint, Mario Giroux, espérait un jour devenir agriculteur. « Sur les cinq enfants, se rappelle Nicole, j’étais la seule à vouloir reprendre la ferme : 4,5 kilos/jour et un troupeau de 15 têtes. » Mario gardera son emploi extérieur jusqu’en 1991. Vingt ans plus tard, la ferme du Ruisseau Fleury est gérée par quatre associés et compte un troupeau d’environ 60 laitières pour un quota de 55 kilos/jour. « Geneviève s’est établie en 2004 et Matthieu en 2005. Le transfert des tâches et du pouvoir décisionnel s’est enclenché dès que les enfants ont manifesté le désir de travailler avec nous sur la ferme », explique l’agricultrice. La fratrie compte également le jeune Alexandre qui poursuit ses études pour être chef cuisinier et Caroline qui se perfectionne dans l’enseignement des langues.

L’humour adoucit la vie
On est en mesure d’imaginer que de gérer une ferme à plusieurs peut parfois générer certains conflits. « L’humour fait partie de la culture de la famille et de l’entreprise, explique fièrement Nicole. Les messages passent mieux et on arrive à tout se dire! Nos soupers de famille sont toujours très animés et l’on rit beaucoup. Ça aide à se garder en santé... »

La joie de vivre de ses quatre petits-enfants, cette jeune grand-mère en parle comme d’une source d’énergie extraordinaire. L’avenir ne lui fait pas peur. « L’agriculture fera toujours partie de nos campagnes, j’en ai la profonde certitude… Certes, les défis sont nombreux et il ne faut pas avoir peur des changements. L’exemple du projet d’optimisation des meuneries où notre coopérative, La Coop des Bois-Francs, et celle de Disraeli ont eu à travailler ensemble en fait foi. Ce projet est très demandant, entre autres, pour tout le personnel des coopératives. Il faut s’encourager mutuellement dans tous les efforts à faire et surtout garder son optimisme! »

À travers sa besogne et ses engagements, cette femme a dû apprendre à s’arrêter et à occuper ses congés. Au moment de notre passage, elle attendait en riant une fin de semaine de beau temps pour terminer enfin la deuxième coupe de foin et peut-être faire un peu de kayak.

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