Plus de 80 % des producteurs porcins du réseau La Coop sont actuellement sous cahier des charges porc certifié La Coop, ce qui montre bien l’engouement pour cette nouvelle formule de production qui ajoute à votre rentabilité.


Depuis la mise en place du porc certifié La Coop en 2005, ce qui est le plus notable selon le directeur de la production porcine de La Coop fédérée, Étienne Hardy, c’est que les gens ont appris à se parler pour mieux prendre en charge leur industrie. « La démarche a été progressive et restera évolutive, selon les besoins des clients, dit celui-ci. On a d’abord mis l’accent sur le poids de la carcasse qui était le critère le plus urgent sur lequel travailler. Maintenant que des progrès ont été accomplis, nous devons faire évoluer le programme à travers d’autres critères du cahier des charges telles la génétique, l’alimentation et la régie d’élevage. Le porc certifié La Coop a déjà des carac­téristiques propres à lui, mais il est appelé à se distinguer davantage de l’ensemble des porcs commercialisés sur le marché. Au Québec, on ne fera jamais le porc le moins cher au monde, mais le porc de meilleure qualité par contre… nous le pouvons et c’est ce que nous nous efforçons de faire. »

En ayant une structure de production plus intégrée, mais dont les partenaires demeurent indépendants, il est plus facile de concurrencer les intégrateurs qui jouissent d’une mainmise sur tous les maillons d’une même chaîne de production. Nicole Dion, généticienne de La Coop fédérée : « Toutes les parties de la filière de production expri­maient leurs besoins, mais il n’y avait jamais de suite structurée à nos échanges. La certification est venue combler ce vide. Les liens se sont resserrés. » Un véritable décloisonnement s’est donc opéré.

Porcs de marché et parts de marché
Le Japon représente un marché hautement lucratif et convoité, mais hautement exigeant, voire sensible. Les Japonais veulent tout savoir, du spermato au transport en bateau, de la cochette à la mise en tablette. Ces grands consommateurs de viande porcine sont rompus aux normes de production strictes et bien définies. « Avec le porc La Coop, on vient leur raconter une bonne partie de l’histoire de ce qui se retrouve dans la boîte, preuves à l’appui, explique Pierre-Paul Martin, directeur assurance qualité chez Olymel. En combinant à la certification porc La Coop le programme de l’Assurance qualité canadienne (AQC) qui sécu­rise les consommateurs quant aux risques de contamination physique, chimique et biologique de la viande, on rassure doublement nos clients », ajoute-t-il.
 
Les responsables en génétique, alimentation et régie de La
Coop fédérée, Nicole Dion, Marquis Roy et Étienne Hardy. Le porc La Coop est entre bonnes mains!

Au fil des mois, la certification porc La Coop est devenue un véritable argument de vente auprès des Japonais, une clientèle que connaît bien Motoo Taïra, directeur produits Japon pour Olymel ayant un pied au Japon et un autre au Québec. « Le porc canadien a très bonne réputation au Japon, mais il faut travailler à la maintenir, car rien n’est acquis. Les certifications comme celle-ci sont essentielles pour ce faire. »

Le programme vise à favoriser une standardisation de la qualité et de la salubrité de la viande. Il inclut différentes normes au plan de la génétique, de l’alimentation, de la régie, du lavage et de la désinfection des bâtiments, etc. Le but : diminuer les risques de se retrouver à l’abattoir avec des carcasses qui ne répondent pas aux standards exigés par les clients.

Actuellement, tous les porcs certifiés qui prennent la direction du pays du soleil levant sont abattus à Vallée-Jonction en lots distincts et successifs, ce qui favorise les opérations et la traçabilité du produit.

Un peu plus lourd, un peu plus loin
Produire du porc La Coop n’est pas vraiment différent de ce à quoi vous êtes habitués. La principale contrainte du cahier des charges est le poids : vous devez vous engager à livrer au minimum 35 % de porcs dans la strate désirée de 95 à 102,9 kg de poids carcasse, ce qui se traduit par 6 à 7 journées de plus en engraissement et une vingtaine de kilos de moulée supplémentaires.

En embarquant volontairement et sans obligation à long terme dans le porc La Coop, les producteurs s’engagent, en contrepartie de baisses de prix sur les intrants et de remises en argent, à utiliser les cochettes et verrats (semence) de la filiale de génétique porcine du réseau La Coop, Sogéporc, et les aliments La Coop conçus explicitement pour ces génétiques de haute performance. Résultat : on favorise grandement la production de carcasses uniformes. « Nous ne devons plus simplement produire du porc; nous devons devenir des producteurs de viande », image Étienne Hardy.

Et avis aux sceptiques : le porc certifié La Coop n’est pas une façon de vendre plus d’intrants coops aux producteurs porcins. C’est davantage une façon de rentabiliser les unités de production de ces intrants et de transférer ces économies d’échelle aux producteurs par des baisses de prix et des remises en argent. Et, en fin de compte, de produire des carcasses plus uniformes et mieux adaptées aux goûts des clients.
 
Marco Couture dans son usine de transformation du porc, La Jambonnière. Un peu plus de trois porcs sur quatre envoyés à l’abattoir d’Olymel se conforment aux normes du porc La Coop.

C’est Marquis Roy, conseiller en nutrition porcine de La Coop fédérée, qui est le grand manitou derrière les programmes alimentaires. Il concocte des aliments au meilleur coût qui donneront à la viande son meilleur goût : proportion élevée en muscle, quantité et qualité du gras, etc. La responsable de la sélection génétique, c’est Nicole Dion, une généticienne qui travaille en étroite collaboration avec Sylvain Pagé, directeur des ventes et marketing de Sogéporc. Augmenter l’épaisseur du muscle de la longe, viser une bonne proportion de gras intramusculaire (persillage) et une couleur de viande idéale, c’est le dada de Nicole Dion.

Trois fermes l’ont fait
Du côté de Saint-Patrice-de-Beaurivage, le producteur de porc Alain Mercier affiche un naturel optimiste. À son compte depuis 2004, mais dans l’élevage porcin depuis 30 ans, il produit environ 3000 porcs par année grâce à une maternité gérée en bande aux trois semaines. Son engraissement a été agrandi de 360 places pour lui permettre de finir tous ses porcs.

« Côté rentabilité, en produisant du porc lourd, je ne pense pas que nous ayons échangé quatre trente sous pour une piastre. Produire du porc La Coop, c’est un gain facile à obtenir. La formule nous donne un peu plus de revenus sans véritable surcharge de travail. Tout ce qui a changé, c’est que je dois faire un peu plus de sélection avant l’envoi à l’abattoir, c’est tout. »

Pour Alain Mercier de la Ferme de Mercier, produire du porc La Coop n’a pas été comme d’échanger
« quatre trente sous pour une piastre ». Le gain est réel.

Marco Couture et Lyne Groleau de la Porcherie Marigro de Saint-Rémi-de-Tingwick produisent quant à eux 4000 porcs par année, dont 600 sont vendus comme porcelets à l’extérieur de la ferme, ce qui leur a permis de produire des porcs plus lourds sans devoir agrandir leurs installations. En plus de produire du porc La Coop (76 % des animaux envoyés à l’abattoir sont conformes aux besoins du porc La Coop, un record), la ferme transforme elle-même un peu plus de 30 % de ses porcs, question de ne pas les mettre tous dans le même panier (www.jambonniere.qc.ca).

Pour ce couple, grand gagnant 2008 au Québec et au Canada du concours Jeunes agriculteurs d’élite, le porc certifié La Coop, « c’est une sorte de police d’assurance qu’on se donne pour pouvoir mieux écouler nos porcs sur le marché d’exportation. Nous restons dans un marché de masse, mais dans lequel on se crée une niche ».

Marco et Lyne ont dû changer quelques façons de faire, dont une attention accrue à la pesée pour envoyer les animaux au bon poids et pouvoir profiter de l’escompte de 4,00 $ par animal dont la carcasse sera comprise entre 95 et 102,9 kg. « Le porc La Coop nous fait penser plus en terme de kilos de viande produits qu’en nombre d’animaux chargés dans le camion », soutient Marco Couture.

« C’est sûr qu’on avait des craintes sur la rentabilité de faire des porcs plus lourds, signale Lyne Groleau. Comme notre taille de troupeau a varié, c’est encore difficile de savoir aujourd’hui de combien notre situation financière s’est améliorée, mais chose certaine, elle s’est améliorée. » Marco ajoute : « Nous croyons beaucoup au mouvement coopératif. Il faut s’adapter et être à l’écoute de nos clients. Après tout, c’est nos abattoirs à nous autres, c’est notre Olymel. »

Dans une autre ferme du Centre-du-Québec, Ferme Pomerleau et frères, Michel Pomerleau tient à peu près le même discours. Il faut dire qu’il est lui aussi un bon coopérateur, celui qui a présidé La Coop des Appalaches pendant 13 ans. « On paie plein de gens pour faire des études et dénicher les occasions de marché. On doit leur faire confiance parce que ce sont eux qui sont à l’écoute du marché international. Quand tu sais écouter, c’est payant pour tout le monde. »

Dans ses porcheries du 8e rang à Inverness, Michel Pomerleau a-t-il parfois une petite pensée pour les Japonais, ses principaux clients? « J’ai une petite pensée pour eux au jour de l’an! Sinon, j’espère qu’eux aussi ont conscience des efforts que je déploie pour satisfaire leurs demandes.»

L’ex-président renchérit : « Dans le contexte actuel, il faut ramasser tout ce qu’on peut. En réussissant à vendre plus de kilos de viande, on maximise l’utilisation de nos bâtiments. Le porc La Coop, c’est pour moi une rentabilité supplémentaire, un petit plus à aller chercher et qui peut faire une différence à la fin de l’année. » Et par les temps qui courent, qui cracherait sur des « petits plus » ?

Le porc certifié La Coop tient ses promesses
En plus des escomptes avantageux que procure le porc La Coop, les partenaires du programme ont eu droit à des remises substantielles venant des différentes unités d’opération. Les volumes d’affaires ayant progressé, les coûts par unité ont baissé et la qualité a continué de s’améliorer. Ces gains d’efficacité ont été transférés directement aux producteurs.

Ainsi, les producteurs qui ont utilisé la semence Sogéporc ont reçu une remise spéciale de 1 $ la dose pour les achats des deux dernières années, et ce, même si le prix de vente de cette semence avait diminué de 1,25 $/dose dans la dernière année.

Les clients qui achètent des truies Sogéporc ont aussi eu droit à un retour spécial de 30 $ par femelle de 110 kg et de 12 $ pour les femelles de 6 kg pour les achats des deux dernières années. Ces remises se sont ajoutées à une réduction du prix des femelles de 110 kg de 20 $ dans la dernière année.

Enfin, de décembre 2007 à février 2008, un escompte fidélité de 1 $ a été remis sur la base des porcs livrés dans le cadre du porc certifié La Coop. De février 2008 à juillet 2008, c’est un montant de 5 $/porc La Coop livré entre 95 et 102,9 kg carcasse qui a été ajouté aux escomptes déjà reçus.
 
Chez Ferme Pomerleau et frères, les porcs sont scrupuleusement pesés et mis à jeun avant l’envoi vers l’abattoir.




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