Après avoir produit du lait durant 34 ans, Roger Lussier de Verchères pensait depuis quelque temps à élever des lapins. En juin 2007, il fait le grand saut. Il vend son cheptel laitier à un jeune producteur du coin et planifie le démarrage d’un élevage cunicole. Un changement qui a nécessité de gros travaux sur son bâtiment principal.


« Au départ, je visais un troupeau de 800 femelles,affirme M. Lussier. Cela aurait nécessité la construction d’un nouveau bâtiment et un investissement très important. » La banque a cependant jugé la rentabilité du projet incertaine et lui a déconseillé. M. Lussier revoit donc son plan et, sous les conseils de son fils Martin, décide de rénover la vacherie et de la transformer en un clapier pouvant accueillir 350 femelles.

Les animaux seront répartis sur les deux étages de l’étable. Ce qui signifie que le deuxième étage, où se trouvait anciennement le foin servant à l’alimentation des vaches, logera aussi des cages à lapins. Ce qui en fait un clapier assez unique, comme d’autres aspects du projet.
 
Vue d’ensemble du clapier pouvant accueillir 300 femelles.

Un chauffage original et un plancher en fibre de verre

À l’été 2007, on commence donc les travaux. Le gros du travail se fera sur un an et nécessitera un investissement important.

Pour le mener à bien, M. Lussier peut compter sur l’aide de son beau-frère qui est entrepreneur. Celui-ci a travaillé sur le projet d’août 2007 à mai 2008. Il peut aussi compter sur la contribution de son gendre, briqueteur, durant la semaine et de son fils Martin, durant les fins de semaine.

Dès le départ, la petite équipe est confrontée à des défis importants. D’abord, parce que M. Lussier veut installer des planchers radiants comme système de chauffage. « J’ai déjà fait un stage dans un clapier et j’avais toujours les pieds gelés à cause des planchers en ciment, raconte-t-il. Je voulais un plus grand confort dans mon clapier. » Pour installer les tuyaux chauffants, les ouvriers ont dû casser, à l’aide de marteaux piqueurs, les deux couches de ciment formant le plancher du rez-au-chaussée. Un travail qui a pris deux semaines. Une fois les tuyaux installés, une nouvelle dalle a été coulée.

Au deuxième étage, on a aussi installé un plancher chauffant, mais cette fois, sous un plancher de fibre de verre. Pourquoi de la fibre de verre, matériau de sol que l’on retrouve rarement dans un clapier?
 
Chaufferie alimentée aux grains de maïs. L’appareil fournit tout le chauffage du bâtiment.
M. Lussier explique : « Au départ, je pensais installer un plancher en métal. Mais lorsque j’ai fait venir un soudeur, il m’a dit qu’il ne pouvait pas souder ici à cause de la présence de poutres en bois. Cela risquait de provoquer un incendie. Mon fils a alors eu l’idée de faire installer un plancher en fibre de verre. »

L’idée était bonne, mais il fallait trouver les personnes aptes à le faire. De tels planchers se font plus souvent en usine que sur place. Puis, les ouvriers spécialisés dans la pose sont plutôt rares. Or, la surface devait être faite sur place, car elle comprenait trois dalots pour le fumier. Il ne s’agissait donc pas d’un plancher lisse, simple à concevoir. Après plusieurs heures de recherche, M. Lussier finit par trouver des gens. Une fois sur les lieux, « les ouvriers ont épandu quatre couches de fibre de verre, ce qui en fait une surface très solide et complètement étanche », affirme le producteur. Un aspect important, car il y a un autre élevage au premier étage.

L’autre originalité du bâtiment est l’absence de poutres de soutien au deuxième étage et la présence d’un plafond cathédrale de 3,2 m (10,5 pi). « Grâce à l’installation de trois fermes de toit au grenier, nous avons pu enlever toutes les poutres, ce qui nous permet de circuler plus facilement dans l’espace », mentionne M. Lussier.

Enfin, dernière originalité : la création de trois chutes de fumier au deuxième étage (une pour chaque rangée de cages). « Le défi était de trouver un moyen d’acheminer le fumier du deuxième étage vers le bas sans que cela ne perturbe l’élevage au rez-au-chaussée, affirme M. Lussier. Les ouvriers ont donc conçu des chutes de fumier au bout de chaque rangée. Chacune est étanche grâce à leur surface en fibre de verre. Le fumier est amené vers la chute au moyen d’une raclette actionnée mécaniquement. « Aucune intervention humaine n’est nécessaire pour cette opération», mentionne fièrement M. Lussier. Au rez-au-chaussée, un système semblable a été installé.

Un bâtiment économe en énergie

De gauche à droite : Roger Lussier, sa fille Caroline, son fils Martin et le gérant de La Coop Verchères, Stéphane Boucher.

En plus de ces particularités, M. Lussier affirme avoir rénové le bâtiment en le rendant plus économe en énergie. « Nous avons installé de la laine isolante R-20 dans les murs et R-31 dans les plafonds, relate-t-il. Nous avons isolé tout le tour du bâtiment, au niveau des fondations, pour éviter que l’air froid n’entre l’hiver. Nous avons installé partout des néons performants [consommation : environ un watt par néon!]. » Enfin, le producteur croit que le système de chauffage installé (plancher chauffant) lui fera économiser des sous. À noter : la chaufferie de ce système fonctionne à l’aide de granules de maïs. Le produit est présent en abondance sur place puisque M. Lussier cultive du maïs sur sa terre de 79 hectares en plus de faire du soya et du blé pour alimentation humaine.

Côté matériaux, une grande partie a été fournie par La Coop Verchères. Selon Stéphane Boucher, gérant de la quincaillerie, il y en a facilement pour 25 000 $ à 30 000 $. Cela comprend notamment le vinyle de l’entreprise Vicwest qui tapisse tous les murs, le bois (2 x 6, lattes et contreplaqués), la quincaillerie, la laine isolante et le styromousse.

M. Lussier a reçu aussi une aide appréciable de la coopérative pour bien dimensionner la ventilation du bâtiment. « Le renouvellement de l’air était insuffisant. L’assistance de La Coop Verchères a permis de rééquilibrer l’entrée et la sortie de l’air. Et cela nous a évité de débourser des sous dans l’installation d’un système qui n’aurait pas été adéquat. »

Pour M. Lussier, l’avenir de la production est prometteur d’autant plus qu’il aura le soutien de son fils Martin et sa fille Caroline pour assurer la relève.


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