Dans le Règlement sur les exploitations agricoles (REA), en vigueur depuis juin 2002, un certain nombre d’échéances était prévu afin d’améliorer la gestion des engrais de ferme.


Dans le cas des fumiers sous gestion liquide, on a notamment prévu une amélioration progressive du mode d’épandage, en passant de l’aéroaspersion à l’usage de rampes basses. L’obligation de les utiliser entrait en vigueur le 1er avril 2005 pour les lisiers d’élevages porcins, et le 1er avril 2007 pour les lisiers d’autres provenances. Dans le cas particulier des lisiers pailleux, l’épandage à l’aide de rampes basses est apparu problématique. En effet, la présence de paille a souvent occasionné des problèmes de blocage. Ces difficultés techniques ont eu un effet négatif sur le niveau d’adhésion des producteurs agricoles visés face à l’adoption de cette technologie. Le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ) a donc confié à l’Institut de recherche et de dévelop­pement en agroenvironnement (IRDA) le mandat d’évaluer la faisabilité d’épandre ces lisiers pailleux avec les rampes basses disponibles au Québec. Suite à ses travaux, l’IRDA a produit un feuillet technique précisant les éléments techniques qu’il est important de respecter pour limiter les problèmes de blocage.

Pour commencer, qu’entend-on par gestion sur fumier solide par rapport à une gestion sur fumier liquide? D’après le REA, une gestion sur fumier solide correspond à un « mode d’évacuation des déjections animales à l’état solide et dans lesquelles les liquides ont été absorbés par la matière solide à la suite de l’utilisation d’une quantité suffisante de litière ou par un autre moyen permettant d’abaisser la teneur en eau contenue dans ces déjections à une valeur inférieure à 85 % à la sortie du bâtiment d’élevage ». Une gestion sur fumier liquide correspond donc aux autres situations. Par exemple, la majorité des déjections animales provenant d’élevages porcins et de veaux de lait, ainsi qu’une grande partie des déjections provenant de veaux de grain et de bovins laitiers sont sous gestion liquide. Il est important de préciser ici que la fraction liquide (purin) produite dans le cadre d’une gestion solide n’est pas soumise à l’épandage avec une rampe basse.

Comment définit-on un équipement à rampes basses? Toujours selon le REA, on entend par rampes basses « un équipement d’épandage qui, de sa sortie, projette le fumier liquide à une hauteur maximale de 1 m au-dessus du sol et à une distance d’au plus 2 m pour l’atteindre ». Il existe plusieurs types de rampes (rampe à maïs, rampe pleine terre et rampe à prairies), mais c’est le type pleine terre qui a été spécialement conçu pour les lisiers pailleux. Elles ont une largeur d’épandage allant de 6 m à 13 m (20 pi à 43 pi) et comportent de 2 à 4 sorties munies de déflecteurs, un distributeur et des conduites de diamètre supérieur à celles des rampes conventionnelles. Pour éviter les blocages, ces conduites doivent être d’un diamètre supérieur à 12,7 cm (5 po) et le distributeur doit être facile d’accès.

Rampes basses
Avantages Inconvénients
Dose plus précise et uniforme Temps nécessaire à l’épandage légèrement plus élevé
Réduction des odeurs
(surtout si incorporation rapide)
Coût de la rampe et possiblement d’une pompe plus performante
Réduction de la dérive de lisier vers les fossés Temps de brassage plus long pour réduire la dimension des pailles présentes
Facilité à respecter les
distances par rapport aux zones sensibles
Risque de compaction associé au plus grand nombre de passages résultant d’une largeur d’épandage inférieure
Meilleure conservation de l’azote (moins de volatili­sation)  

Bonnes pratiques à adopter pour éviter les blocages

La viscosité, de même que le pourcentage de fibres contenues dans le lisier à épandre augmente les risques de blocage. Certaines pratiques relativement simples peuvent être entreprises pour les contourner. Pour commencer, il serait préférable d’éviter d’introduire les refus de foin dans la fosse. Ils pourraient par exemple être entreposés dans le but de les épandre à l’aide d’un épandeur à fumier solide. Une autre façon simple de diminuer les risques serait d’utiliser un hachoir à paille dans l’étable, de manière à réduire la longueur des fibres qui se retrouveront dans la fosse. Ensuite, c’est au brassage que tout se passe. L’objectif étant d’obtenir un lisier homogène, autant en texture qu’en éléments minéraux. N’oublions pas que toutes ces démarches ont pour but d’effectuer une fertilisation efficace. Il faut donc s’assurer de bien mélanger la partie solide à la partie liquide. Puisque les matières solides ont tendance à s’accu­muler et que la viscosité du lisier augmente au fur et à mesure des épandages, l’efficacité du brassage à chaque campagne d’épandage est cruciale. Pour atteindre une telle efficacité, une des façons de procéder serait d’exécuter le brassage en deux étapes. Débuter par un brassage quelques jours avant la date prévue d’épandage pour stimuler le processus de décomposition des pailles et finir par un deuxième brassage juste avant l’épandage.

Aide financière

Le programme Prime-Vert du MAPAQ actuellement en vigueur (jusqu’au 31 mars 2009) comporte un volet « équipement d’épandage des fumiers ». Ce volet vise à améliorer la gestion des épandages, diminuer les odeurs et réduire ou éviter les émissions de gaz à effet de serre. Tous les exploitants agricoles qui ont du lisier à épandre sont admissibles.

Rampes d’épandage Jusqu’à 50 % du coût relatif à l’acquisition et ne peut excéder 7000 $
Rampes d’épandage avec pendillards Jusqu’à 50 % du coût relatif à l’acquisition et ne peut excéder 8000 $
Rampes et équipements d’incorporation simultanée permettant la réduction ou l’évitement des émissions de gaz
à effet de serre
Jusqu’à 70 % du coût pour l’acquisition ou l’ajout, à une rampe déjà acquise, d’équipements permettant l’incorporation simultanée des fumiers et ne peut excéder 10 000 $
Consulter le MAPAQ de votre région pour plus de détails.

Nous saurons vraisemblablement dans le courant du mois de mars 2009 si des changements seront apportés au programme Prime-Vert et à ses conditions d’admissibilité. Avant de vous engager financièrement dans un projet, nous vous suggérons donc de vous assurer de son admissibilité au programme.

Pour terminer, retenons qu’il existe actuellement au Québec des rampes basses qui sont en mesure d’épandre les lisiers pailleux lorsque certaines pratiques sont adoptées à la ferme. Par ailleurs, le ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs travaille actuellement sur un projet de modification du REA qui devrait introduire la possibilité d’épandre certains types de lisiers par aéroaspersion basse. C’est à suivre.

Référence :
Les rampes d’épandage pour les lisiers pailleux




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