Les producteurs de sirop d’érable venus rencontrer les dirigeants de Citadelle, les 3 et 5 décembre derniers, ont pu découvrir toutes les ramifications de la chaîne de valeur développée par l’entreprise. Après avoir visité l’usine de transformation et compris tous les avantages qu’offrait la coopérative, plusieurs ont décidé de se joindre à Citadelle.
La stratégie de communication a visiblement bien atteint ses objectifs.



Depuis quelques années, les dirigeants s’apercevaient que même si la coopérative avait bonne réputation auprès de l’industrie, peu de gens semblaient réellement connaître l’entreprise. Certains avaient acheté des érablières d’anciens sociétaires de Citadelle et avaient continué à faire affaire avec la coopérative sans toutefois en saisir le fonctionnement et les avantages qu’elle offrait en retour. D’autres, qui étaient les fils ou filles de sociétaires de longue date et qui ont gardé le lien avec Citadelle par pure tradition familiale, n’en savent guère plus long. « Avec le temps, on dirait que les gens ont oublié ce qu’est une coop », dit Raynald Baril, président de Citadelle.

Selon Luc Lussier, directeur général de la co­opé­rative, le programme de formation d’un jour permettra aux producteurs souhaitant joindre citadelle de bien la connaître ainsi que l’entente bilatérale qui lie la coopérative et ses membres. « On va fonctionner avec des membres qui savent vraiment tout de la coopérative. Ceux qui auront décidé d’adhérer, après avoir suivi cette formation, le feront en toute connaissance de cause. »

En compagnie de membres du conseil d’administration de Citadelle, des producteurs acéricoles ont participé au programme de formation d’un jour offert par la coopérative.

« C’était plus qu’une séance d’information, ç’a été une belle occasion d’obtenir des réponses à nos questions et de pouvoir échanger avec d’autres producteurs », précise Pier-Luc Poulin de l’Érablière Bouchard, qui a assisté à la formation du 3 décembre. Copropriétaire de l’entreprise familiale comptant 12 000 entailles à Audet, un village situé près de Lac-Mégantic, Pier-Luc explique qu’il y était allé un peu à reculons, car elle exigeait une journée complète de son temps. Jeune papa, il exploite l’érablière en plus de travailler à temps plein à l’extérieur. « J’avais beaucoup d’ouvrage à faire dans le bois, mais finalement, je ne regrette pas d’y être allé. Ç’a été très motivant, j’ai appris comment fonctionnent les parts et les ristournes et l’aide technique offerte aux producteurs. »

Électromécanicien de formation, Pier-Luc Poulin a particulièrement apprécié la visite de l’usine et a été surpris par le degré d’automatisation de l’entreprise. Il a également été impressionné par la dimension gargantuesque des réservoirs de sirop et la propreté impeccable des lieux.

Sur le plan des investissements, il a vu comment ses parts privilégiées serviraient au financement des infrastructures qui permettent à la coopérative de continuer à se démarquer avec des produits à valeur ajoutée. En se joignant à Citadelle, l’Érablière Bouchard pourrait donc augmenter ses profits sans le degré de risque normalement associé à la recherche et le développement ainsi que la transformation de ses produits.

Le potentiel pour les produits de l’érable est énorme et la demande des consommateurs est en pleine expansion. L’été passé, en visitant la boutique Les Délices de l’Érable, située sur la rue Saint-Jean à Québec, Pier-Luc a constaté la vaste gamme de produits de l’érable et à quel point ils étaient convoités par les touristes qui parcourent la vieille ville en quête de souvenirs typiquement québécois.

« En devenant membre de Citadelle, on va faire partie d’une grande force, exprime Pier-Luc. Avec l’économie qui est incertaine partout autour de nous, c’est moins inquiétant d’être ensemble que d’être tout seul dans son coin. »

Après avoir connu un tel succès auprès des nouvelles recrues, les dirigeants songent maintenant à réserver une journée pour accueillir les membres de longue date qui le désirent, afin qu’eux aussi puissent visiter les installations neuves et se familiariser avec toute la gamme de nouveaux produits offerts par la coopérative depuis quelques années.

Foire aux questions
Les dirigeants répondent aux questions des producteurs…

Pourquoi n’est-il pas possible de marchander avec Citadelle?
Citadelle est une coopérative qui fonctionne selon un principe d’équité qui est très distinct de l’industrie privée, qui ne laisse pas de place au marchandage individuel. Dans un contexte de rareté de produit, comme c’était le cas en 2008, où il ne restait pas de surplus dans l’industrie, il s’est créé un phénomène de surenchère avant même que ne commence la récolte. Citadelle n’a pas embarqué dans ce jeu et en fin de compte nous avons donné à nos membres un prix concurrentiel au marché. Ce prix est d’ailleurs supérieur à celui que d’autres ont obtenu de nos compétiteurs en marchandant. Car il ne faut pas oublier qu’indépendamment du prix du marché, Citadelle a développé des marchés lucratifs pour ses produits et nous redistribuons cette plus-value à tous nos membres.

Quels services Citadelle offre-t-elle à ses membres?
Parmi les services offerts aux membres sont inclus la livraison et le ramassage des barils, une assurance feu-vol pour le sirop, pour n’en nommer que quelques-uns. Ce sont tous des privilèges que d’autres, qui ne font pas affaire avec Citadelle, ont à payer en surplus. Les producteurs ont également accès, moyennant un coût minime, à une vérification et un ajustement d’appareils (hydrotherme, réfractomètre, thermomètre) ainsi qu’une analyse d’échantillons de sirop d’érable. De plus, il y a toujours quelqu’un pour répondre aux questions techniques des membres et les dépanner. On nous raconte que la compétition tente d’attirer des membres en leur brandissant un chèque sous le nez et une prime en plus qui, souvent, ne vient jamais. Les producteurs reviennent en disant que, tout compte fait, le marché qu’on leur offrait n’en valait pas vraiment la peine.

Qu’est-ce qu’une part sociale?
Citadelle est une coopérative. Pour bénéficier de ses services, on en devient d’abord membre en faisant l’acquisition d’une part sociale. Cette part sociale, dans le cas de Citadelle, coûte 1000 $. C’est un montant qui est déboursé une seule fois, lorsque vous devenez membre, et ce montant vous est remboursé quand vous vous retirez de la coopérative à la fin de votre contrat, quelle que soit la raison.

Qu’est-ce que les parts privilégiées?

Une coopérative peut choisir de donner des ristournes en argent ou d’émettre des parts privilégiées en faveur de ses membres. Lorsque nous émettons des parts privilégiées, elles constituent le placement financier que vous faites dans votre coopérative. Ces parts permettent à l’entreprise de fonctionner, d’investir et de grossir et, finalement, de payer des ristournes. Ces parts sont « privilégiées » dans le sens qu’elles appartiennent à ses membres. Elles sont rachetables selon les états financiers et la liquidité de la coopérative. Il faut se souvenir que ce sont des producteurs qui siègent sur le conseil d’administration, pas des gens de l’extérieur qui pourraient vouloir profiter de la situation.

Les parts privilégiées sont-elles à risque?
Investir dans une coopérative présente beaucoup moins de risque que d’investir dans des PME traditionnelles. Citadelle a contribué massi­vement ces dernières années pour rehausser sa productivité, lancer de nouveaux produits et accroître ses parts de marché. Ayant accès à une source de fonds moins diversifiée et plus limitée qu’une entreprise à capital-actions traditionnelle, elle a donc besoin des profits pour financer ses opérations. Si tous les ans, elle est saignée à blanc des profits qu’elle fait, elle ne pourra pas se développer. À titre d’exemple, Citadelle a payé, en 2008, des parts privilégiées aux membres sur du capital qui datait de 1994. Quand la coopérative a les liquidités nécessaires, elle rachète certaines parts privilégiées, mais elle en émet d’autres pour faire fonctionner l’entreprise.

Citadelle offre-t-elle des compléments de prix?
Oui! Un complément de prix, c’est de l’argent comptant payé aux membres en surplus du montant de base de la convention de mise en marché. Cet argent n’est pas versé sous forme de capital privilégié. La rareté du sirop d’érable a fait en sorte que les prix montent. Nous ne sommes pas plus fous que les autres, nous aussi sommes allés chercher des prix plus élevés pour nos produits auprès de nos clients. Nos revenus cette année ont fait que nous avons été capables d’offrir un complément de prix intéressant à nos membres et ce complément leur a été reversé tout de suite.




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