Sis tout près de Princeville, le nouveau poulailler de Donald Desharnais et Nancy Lafrance, sa conjointe, est impressionnant. Conçu pour loger 18 000 poules pondeuses d’œufs d’incubation, il est muni d’un système de cages sur trois niveaux de conception allemande. Assez rare au Canada, ce système, qui accueille ses premières poules à la mi-décembre, comporte plusieurs avantages.


« Grâce aux cages superposées sur trois niveaux, on a pu concevoir un bâtiment moins grand », affirme le producteur Donald Desharnais qui gère déjà un poulailler de 23 000 poules productrices d’œufs de consommation sur un autre site. En comparaison avec le système traditionnel où les poulets sont libres sur un parquet, on aura aussi des économies en main-d’œuvre et des économies au chapitre de l’alimentation, car des poules en cage dépensent de cette façon moins d’énergie. Le bâtiment se chauffera aussi tout seul à cause de la grande concen­tration de poules dans un même espace.»

L’idée de construire un nouveau poulailler est venue au couple Desharnais-Lafrance au cours de l’année 2007. En août de cette année-là, ils achètent les quotas du cousin de M. Desharnais qui délaisse la production d’œufs d’incubation.
 
Nancy Lafrance et Donald Desharnais

« Nous l’avons fait dans la perspective d’offrir à notre fils – qui a 17 ans aujourd’hui – une production intéressante lorsque viendra le temps pour lui de prendre la relève », affirme M. Desharnais, propriétaire avec sa conjointe de la ferme de son père depuis 1987. Il devait cependant construire un nouveau bâtiment dans un endroit isolé pour des questions de biosécurité. L’édifice se trouve donc à environ 200 mètres en retrait du rang 8.

La construction a débuté en juin 2008 pour se terminer au début décembre de la même année. Le tout aurait pu être complété avant si l’entre­preneur n’avait pas été occupé par d’autres travaux ailleurs. Les ingénieurs du Groupe Alco, de Plessisville, ont fait les plans du bâtiment et supervisé les travaux. L’entrepreneur Denis Trottoir d’Agriforme les a réalisés. Au plus fort des travaux, il y avait huit ouvriers sur le chantier. Pour pallier un manque de main-d’œuvre, l’entrepreneur a même embauché M. Desharnais.

Le poulailler, en forme de « L », a une longueur de 102,4 m sur 13,1 m (336 pi sur 43 pi) de large pour le bâtiment principal. À gauche de celui-ci, viennent s’ajouter deux chambres froides pour les œufs, une pour les œufs dédiés à l’incubation et l’autre pour les œufs inaptes à l’incubation. Cette annexe a une dimension de 13,1 m sur 15,2 m.

Construire un bâtiment de ce genre comporte des coûts importants. Selon M. Desharnais, le coût total est de 800 000 $ en incluant les cages et tout l’équipement. Si on additionne l’achat des quotas, le montant s’élève à 1,1 million $.

L’été dernier, après avoir coulé les fondations, le montage des murs s’est fait rapidement, en deux semaines, car il s’agissait de murs préfabriqués. « Quelques 35 sections de murs d’une dimension de 7,6 m de long sur 3,4 m de haut ont été nécessaires », relate le propriétaire. Les murs arrivaient préalablement isolés avec de la laine et le coupe-vapeur installé. Même les trous pour les ventilateurs y étaient déjà positionnés. La pose de ces murs a toutefois nécessité quelques ajustements, car ils n’étaient pas toujours d’équerre.

Deux coops de la région ont été actives dans ce projet en tant que fournisseurs de matériaux. Il s’agit de La Coop des Bois-Francs, à Victoriaville, et secondairement de La Coop Princeville. « Il y en a pour 250 000 $ de matériaux, selon Marc Lacerte, estimateur pour La Coop des Bois-Francs. Nous avons fourni le contreplaqué, les portes (y compris des portes de garage), les fenêtres, toute la quincaillerie (vis à tôle, pièces de métal), les revêtements intérieurs en PVC et extérieur en tôle puis l’isolant. Dans le bâtiment, il y a deux types d’isolant : de la laine minérale dans les murs et de la cellulose dans le plafond. Elle a été choisie, car elle est moins coûteuse et elle élimine les pertes de chaleur au niveau de la charpente. »

« Durant une période de trois mois, nous venions deux ou trois par semaine livrer des matériaux pour Denis Trottier, raconte M. Lacerte. L’entrepreneur est d’ailleurs un client régulier de notre coop. Nous n’avons toutefois pas pu fournir les murs préfa­briqués, car il s’agissait d’une commande pressante et que nous sommes à la recherche d’un fournisseur fiable pour ce produit. Nous comptons toutefois l’offrir dans un proche avenir puisqu’il s’agit d’un matériau en demande croissante. »

Quelques matériaux – surtout de la quincail­lerie – ont aussi été achetés à La Coop de Princeville par le propriétaire Donald Desharnais lui-même, particulièrement pour le dépannage, affirme Alain Hamel, responsable de la quincaillerie de cette coop. « Il ne sert à rien de concurrencer un membre du même groupe. »

Des contrôles automatisés
Comme plusieurs nouveaux bâtiments de ce genre, tout son fonctionnement est automatisé : la ventilation, l’alimentation et l’éclairage. Son opération ne nécessite donc que deux employés : la conjointe de M. Desharnais, Nancy Lafrance, et une employée, Manon Leblanc.

Élément clé d’un bâtiment d’élevage de ce type, la ventilation contrôle la température ambiante qui doit toujours être autour de 23 °C — 24 °C. Elle fonctionne alors au ralenti par temps froid et de façon plus importante l’été. Pour s’assurer de ne subir aucune mortalité de volatiles due à d’éventuelles pannes d’électricité, une génératrice a aussi été installée.

Quelques mesures d’économies d’énergie ont été implantées dans le bâtiment. Par exemple, des ampoules fluocompactes sont présentes partout et une tôle solaire a été installée autour des entrées d’air à l’extérieur afin de préchauffer l’air avant qu’elle ne pénètre dans le bâtiment. Nous avons d’ailleurs pu le constater sur place : l’édifice est bien orienté pour profiter de l’énergie du soleil.

Une fois tous les murs et la charpente montés, il fallait aménager l’intérieur, ce qui n’est pas une mince tâche. Pour accueillir les 18 000 oiseaux, on devait installer 336 cages, chacune ayant une dimension de 2,4 m sur 1,2 m. De 50 à 60 poules logent dans chaque cage. « Il a fallu trois semaines à ma femme pour tout monter et, heureusement, nous avons eu de l’aide de l’installateur du produit pendant 10 jours. »

Aujourd’hui, les Desharnais-Lafrance peuvent être fiers du chemin parcouru. Lors de notre visite,
organisée à l’occasion d’une journée porte ouverte, les félicitations au couple fusaient de toute part.

Retour



Copyright © 2014 La Coop fédérée | Tous droits réservés