Avec l’acquisition d’Agronomy Company of Canada (ACC), une entreprise spécialisée dans la fourniture d’intrants en productions végétales qui appartenait aux coopératives américaines CHS et Land O’Lakes, La Coop fédérée marque un grand coup. Elle bénéficiera de substantielles économies d’échelle, du partage d’expertise innovatrice et d’un positionnement stratégique dans l’est du pays.




Conclue le 31 décembre dernier, la transaction fait passer dans le giron de La Coop fédérée le siège social et les actifs céréaliers de ACC, la société Wellburn Agromart Limited, tous situés en Ontario, de même qu’une participation à hauteur de 50 % dans une vingtaine de centres de détails d’Agromart, dont 16 sont établis en Ontario et 4 dans les Maritimes. La Coop fédérée acquiert également des parts dans des sociétés membres du même groupe desservant les entreprises d’Agromart, y compris Agromart Terminals Inc. et Agromart Processing Company Inc. Le prix de la transaction n’a pas été dévoilé, mais il s’agit, aux dires des dirigeants de la coopérative, de l’une des plus importantes de son histoire.

Le coeur de cette importante acquisition est la participation dans les centres de distribution qui sont une porte d’entrée sur les marchés du sud-ouest de l’Ontario et des Maritimes. La transaction multiplie par deux le chiffre d’affaires du Secteur des productions végétales de La Coop fédérée en le portant à près de 400 millions $. Et fait croître, par le fait même, à environ 30 % sa pénétration de marché dans ce secteur d’activité dans l’est du Canada.

Les partenaires d’affaires de La Coop fédérée dans les centres de détail sont principalement des familles agricoles qui, depuis deux ou trois générations, sont solidement implantées dans leur milieu et possèdent un important patrimoine de terres.

 
De gauche à droite : Denis Richard et Claude Lafleur, respectivement président et chef de la direction à La Coop fédérée; Eric Bosveld, directeur des opérations et Ken O’Hagan, directeur, finance et administration, tous deux d’Agronomy Company of Canada.

« Ce sont des gens très engagés, professionnels, de véritables entre-preneurs, fait savoir Denis Richard, président de La Coop fédérée. Avec leur marque de commerce Agromart, ils servent un marché extrêmement exigeant tant dans les Maritimes, où l’on retrouve surtout des producteurs de pommes de terre, que dans le sud-ouest de l’Ontario, la région la plus fertile au Canada qu’exploitent de nombreux producteurs de maïs, de soya et de blé. »

Bien que plus vaste, le sud-ouest de l’Ontario, à titre de comparaison, s’apparente à la région deSaint-Hyacinthe. L’entreprise moyenne s’étend sur 283 à 324 hectares (700 à 800 acres) en culture. Les centres de détail ont développé une gamme étendue de services de haut niveau : cultures, épandages, entreposage, conseils techniques. « Ils offrent des services impeccables, dont beaucoup de forfaits en raison du coût élevé de la machinerie, souligne Denis Richard. Leurs pratiques sont impressionnantes et nous allons nous en inspirer, notamment en environnement, une dimension avec laquelle ils ont su très bien composer, ainsi qu’en matière de coûts de production. »

La Coop fédérée est bien au fait de la logique d’affaire des centres de détails dont elle vient de faire l’acquisition. Elle est elle-même partenaire à 50 % d’un tel réseau au Québec. « C’est un métier qu’on connaît bien, dit le président de La Coop fédérée. C’est pourquoi nous respectons tout ce qu’ils ont fait en matière de mise en marché depuis des années. Il s’agira véritablement d’un partenariat gagnant-gagnant. »

Les dirigeants de CHS et Land O’Lakes, qui ont choisi de concentrer leurs activités agricoles aux États-Unis, ont aussi manifesté leur satisfaction à confier, ont-ils dit, « Agronomy Company of Canada à un acheteur qui possède une vaste expérience et une solide expertise au sein de l’industrie des fertilisants, des semences et des produits phytosanitaires. Pour nous, cette opération constitue une initiative stratégique positive à la fois pour Land O’Lakes, CHS, La Coop fédérée et ACC ».

Les dirigeants de La Coop fédérée savent pertinemment que les marchés poussent constamment à la croissance. Pour proposer aux producteurs une offre d’affaires irrésistible, tant sur le plan des services que du prix, ils se doivent, affirment-ils, de générer de l’activité et un volume critique d’affaires pour demeurer un acteur influant. « Quand la pénétration de marché dépasse 50 %, comme c’est le cas pour La Coop fédérée au Québec, il devient de plus en plus ardu de gagner des parts additionnelles, fait savoir Claude Lafleur, chef de la direction de La Coop fédérée. Nous poursuivrons bien entendu notre développement au Québec, mais notre potentiel de croissance est nettement plus grand dans cette nouvelle zone d’exploitation. »

Quelques-uns des agrocentres (en Ontario) du réseau qu’approvisionne Agronomy Company
of Canada récemment acquis par La Coop fédérée : Agromart Processing Inc. (Belton), Belmont
Fram Supply Inc. (Belmont) et Cardinal Fram Supply Ltd. (Alliston).

Bien qu’elle soit la plus importante, cette transaction au-delà des frontières n’est pas la première qu’a réalisée la coopérative. Elle possède un centre de détail d’intrants agricoles dans l’est de l’Ontario. Et dans les Maritimes, La Coop fédérée, par l’entremise d’Olymel, et des coopératives de son réseau ont acheté des fermes d’élevage de volailles et des installations d’abattage. Si la croissance occupe le devant de la scène du plan d’affaires de La Coop fédérée, elle n’est pas une fin en soit. En élargissant son champ d’action dans le marché nord-américain, incluant éventuellement le nord-est des États-Unis, la coopérative estime pouvoir réaliser des gains d’efficacité importants qui profiteront aux sociétaires du réseau.

« De plus grands volumes d’affaires permettent d’amortir plus facilement l’acquisition de nouvelles technologies qui ont pour effet, en retour, de hausser encore plus notre compétitivité sur les marchés, indique le président. Pensons aussi, en matière d’économies d’échelle, au transport par bateau des matières premières servant à la fabrication des engrais. Nous serons en mesure d’acheter des navires chargés à pleine capacité, donc à coûts moindres, pour approvisionner, sur la voie maritime du Saint-Laurent, nos installations de Sillery et Sainte-Catherine avant de se rendre en Ontario. »

Avec le déploiement du projet Chrysalide, La Coop fédérée a réussi un tour de force sur le plan de sa rentabilité au cours des dernières années. Les mesures de redressement, d’amélioration continue, de baisses de coûts de production et d’utilisation optimale des actifs ont porté leurs fruits. L’excédent de 71 millions $ qu’elle a dégagé lors de son exercice clôt le 31 octobre dernier, et ce, malgré le marasme économique, est sans précédent dans l’histoirede l’entreprise. Les ristournes aux sociétaires, à 30 millions$, ont aussi grimpé à un niveau record. « La Coop fédérée avait les ressources nécessaires pour faire l’acquisition de ACC et le timing était excellent », indique Denis Richard.

« Pour assurer la pertinence des coopératives, il faut faire preuve de performance, dégager des profits et distribuer des ristournes, indique Claude Lafleur. Le développement que nous mettons de l’avant nous procurera les marges nécessaires pour investir et pour nous définir comme un partenaire qui a du succès et capable, plus que jamais, de contribuer à la prospérité des producteurs sociétaires. On ne veut surtout pas que nos coopératives subissent ce que les grands pools coops de l’Ouest canadien ont vécu. Les producteurs y ont tout perdu et regrettent amèrement la disparition de ces outils. On prend donc les moyens nécessaires. Et dans une économie mature, il s’agit de baisser les coûts et de se différencier. »

ACC est un gros morceau que La Coop fédérée prendra un certain temps à intégrer. Mais cela n’exclut pas malgré tout qu’elle demeurera à l’affût des occasions d’affaires qui pourront survenir au Québec ou ailleurs. « Nous allons faire du rayonnement dans les métiers qu’on connaît, étape par étape, dans des marchés à proximité », indique le président Denis Richard. L’entreprise, dont le chiffre d’affaires passera le cap des 4 milliards $ cette année, et qui ne vise rien de moins que d’être le premier fournisseur d’intrants agricoles dans l’est du Canada, a plus que jamais les moyens de ses ambitions.


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