À Compton, un magnifique ensemble de bâtiments en bois de pruche et de cèdre se distingue dans le paysage vallonné de la région. C’est la fromagerie La Station, propriété du couple Pierre Bolduc et Carole Routhier et de deux de leurs fils, Simon-Pierre et Vincent. Agrandi récemment, le nouveau bâtiment comporte plusieurs éléments qui en font un endroit très agréable à fréquenter.


Dans cette belle région des Cantons de l’Est, la famille Bolduc-Routhier a fait le pari, en 2004, de développer des fromages au lait cru biologique tout en axant l’entreprise sur l’agrotourisme. Un pari dans l’air du temps devant l’intérêt croissant des Québécois pour les produits du terroir.

L’aventure fromagère des Bolduc-Routhier débute en 1997. Cette année-là, Carole Routhier, épouse de Pierre Bolduc, décide de suivre une formation en fabrication artisanale de fromage, à Cookshire. Elle assiste par la suite à d’autres cours, notamment à Saint-Hyacinthe, et commence à créer des fromages artisanaux. En 2004, un pas de plus est fait avec l’ouverture d’une première fromagerie, un petit bâtiment coquet de 8 mètres sur 15.

Le succès est rapide. Les médias s’intéressent à leur projet et ils reçoivent quelques prix qui leur permettent de se faire connaître dans la région et au-delà. Entre-temps, l’un de leurs trois fils, Simon- Pierre, muni d’un diplôme en agriculture biologique, se passionne pour le projet. « J’ai toujours été intéressé par la transformation alimentaire, dit-il. Sa mère, constatant avec bonheur que la relève est là, lui laisse plus de place et Simon-Pierre, devient directeur général de la fromagerie à 24 ans

Le fils prend alors son rôle très au sérieux. Il complète sa formation à l’ITA de Saint-Hyacinthe et en Europe. Après quelques années d’exploitation et un chiffre d’affaires en hausse, l’agrandissement devient nécessaire. Fort de son expérience, Simon-Pierre sait ce qu’il veut et s’impose comme maître d’oeuvre des travaux tout au long de la construction de la nouvelle fromagerie. Une fromagerie plus grande, conçue pour répondre à la forte demande. En fait, les nouvelles installations, d’une dimension de 9 mètres sur 42, permettront éventuellement de tripler la production.

La construction débute à la mi-avril 2008. « Elle a nécessité plusieurs équipements choisis pour leur durabilité, car le domaine fromager est très exigeant pour les matériaux, affirme Simon-Pierre. Ainsi, dans la zone de production, les planchers sont en polyuréthane afin de résister à l’effet corrosif des acides du lactosérum [un produit qui entre dans la fabrication du fromage] et de l’ammoniac, un produit que dégage le fromage lors de son processus de maturation. En conséquence, toute la quincaillerie [vis, pentures et portes] est en acier inoxydable de bonne qualité pour résister à ces effets. »

Dans les salles de vieillissement, les murs sont en fibre de verre pour résister à la manutention des chariots. « Les étagères dans ces salles, sur lesquelles les meules sont déposées pour maturation, ont été conçues par notre fils Martin [le deuxième fils de la famille, technicien en génie mécanique] », relate Pierre Bolduc. C’est aussi Martin qui a dessiné les plans de la nouvelle fromagerie et ceux de la nouvelle étable.

La construction s’est faite en deux temps. « On a d’abord construit la fromagerie par-dessus l’ancienne, sans arrêter la pro-duction, relate Simon-Pierre. Lorsque la nouvelle salle d’affinage a été terminée, on a déménagé les meules dans ce nouvel espace. Ce fut une opération très délicate qui a nécessité une désinfection minutieuse des installations. »

 
La famille Bolduc, de gauche à droite : Vincent, directeur des opérations de l’élevage laitier; Carole Routhier, mère et initiatrice du projet de fromagerie; Pierre, père et producteur laitier et Simon-Pierre, directeur de la fromagerie

La Coop Compton a participé activement à ces travaux en tant que fournisseur de matériaux. « Nous avons fourni la tôle, les fenêtres, une partie des revêtements en PVC, les bardeaux de cèdre, toutes les portes sauf celles en acier inoxydable, affirme Stéphane Péloquin, gérant des matériaux à La Coop Compton. La valeur de ses matériaux s’élève à 100 000 $. »
 
Salle d’affinage dont le design des étagères a été conçu par Martin Bolduc.

Un bâtiment bien adapté à l’agrotourisme
Dans le nouveau bâtiment, l’accent a été mis sur l’agrotourisme. La boutique est plus spacieuse, soit deux fois plus grande que l’ancienne. On y remarque l’importance accordée à la présentation des fromages, des produits de la ferme comme le sirop d’érable (les producteurs possèdent une érablière de 2500 entailles) et des produits du terroir fabriqués dans la région.

À l’avant du bâtiment, on trouve une terrasse d’une trentaine de mètres ainsi que de larges fenêtres, laissant pénétrer la lumière. À l’intérieur, il est possible pour les passants de visiter la salle de production et la salle d’affinage grâce à la présence de larges baies vitrées. Le revêtement extérieur aussi est esthétiquement intéressant. « Il est recouvert de pruche teinte qui provient de notre forêt [les planches ont été taillées sur place à l’aide d’une scierie portative] et de bardeaux de cèdre », précise Simon-Pierre.

Simultanément à ces travaux, Vincent Bolduc a aussi agrandi et rénové la vacherie en plus de participer à la conception d’un hangar annexé au bâtiment. « Dans la vacherie, on a changé le système de traite et augmenté le nombre de trayeuses de 4 à 6, affirme Vincent Bolduc, qui est directeur des opérations de l’élevage laitier. On a aussi changé la tôle du toit pour une tôle semblable à celle du nouveau bâtiment agrandi. » Un achat de 37 000 $, selon les estimations de Stéphane Péloquin. La valeur totale des matériaux achetés à la coop pour cette partie des travaux s’élève à 70 000 $. Le cheptel est aussi passé de 55 à 65 vaches, pour répondre aux besoins en lait biologique de la fromagerie.

Enfin, autre changement important : depuis août 2008, Carole Routhier et Pierre Bolduc, se sont associés avec leurs deux fils, Simon-Pierre et Vincent dans l’exploitation. Le couple Bolduc-Routhier peut donc dormir sur ses deux oreilles : la relève est assurée et l’avenir semble radieux pour cette quatrième génération de jeunes producteurs.


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