S’il dévale les pentes de ski à toute allure et avec adresse, c’est un à un, et en démontrant autant de savoir-faire, que Gaétan Desroches a gravi les échelons à La Coop fédérée. Un parcours sans failles qui l’a mené d’expert-conseil à chef de l’exploitation.


À l’écouter raconters son cheminement, on pourrait pourtant croire que Gaétan s’est laissé porter au gré des événements. Il étudie l’agriculture à l’université parce que ses chums du cégep ont eux-mêmes fait ce choix. Les postes qu’il occupe tout au long de sa brillante carrière lui sont souvent offerts. Et quand on lui suggère de s’inscrire à une maîtrise en administration des affaires: « Pourquoi pas », répond-il sans trop hésiter.

La moitié de l’homme, c’est la femme, titre d’un roman d’un célèbre auteur chinois, résume bien la relation que Gaétan entretient avec France, sa compagne de vie qu’il a rencontrée à l’adolescence, sur les pentes de ski. Elle sera pour lui une source constante d’inspiration. « Si elle n’avait pas insisté, je ne me serais probablement pas présenté à une entrevue pour un emploi d’été à La Coop fédérée », dit-il. Une entrevue déterminante qui aura un impact majeur sur sa carrière. Car détrompez-vous, le chef de l’exploitation de La Coop fédérée n’est par dépourvu d’ambition.

Roger Latour, un gestionnaire réputé intuitif, et Claude Roger sont alors à la direction des productions végétales de la coopérative. Les deux hommes constatent rapidement tout le potentiel du jeune étudiant de 3e année à l’Université Laval. Gaétan se distingue par son attitude et ses valeurs. « Il savait où il voulait aller et on sentait qu’il voulait aller loin, se rappelle Claude Roger. C’est pour ça qu’on l’a engagé. Il était à part des autres représentants. Il cadrait parfaitement dans l’orientation plus commerciale qu’on voulait donner au secteur. » La suite des choses aura donné raison aux deux dirigeants.

« Je n’ai jamais eu de plan de carrière, insiste Gaétan. Dans bien des cas, ce sont les circonstances qui ont joué en ma faveur. Je suis ambitieux, et j’ai dû quelques fois signifier ma présence et mon intérêt, mais je ne marcherai pas sur les autres pour arriver à mes fins. »

Gaétan a la trempe du leader. La jalousie ne l’atteint pas et il est avide d’apprendre. Il entraîne les gens dans son sillage et se réjouit de leur succès, qui est aussi le sien et celui de l’entreprise.

Il est originaire de Limoilou, dans la région de Québec. Ses parents sont audioprothésistes et possèdent quelques cliniques. Il travaille avec eux l’été et s’initie à la vente.
 
Il a rapidement du succès auprès de la clientèle. Son entregent irrésistible est une carte de visite qui lui ouvre bien des portes. Ses parents voient en lui leur relève. Gaétan complète même la formation d’audioprothésiste pour leur succéder. L’avenir en décidera autrement.

C’est lorsqu’il travaille à la coopérative Comax, à Sainte-Rosalie, tout juste avant la fin de ses études en agronomie, que le déclic se fait. « J’ai attrapé la piqûre pour l’agriculture », dit-il. Ses premiers clients, qui deviennent rapidement des amis, encore aujourd’hui, sont des chefs de file : Réal Laflamme, Laurent Bousquet, Léon Desautels, Grégoire « Jim » Corbeil… « Ils m’ont adopté », fait-il savoir. Et c’est le cas de le dire, l’un d’eux aurait même souhaité l’avoir comme « p’tit gars ». Peut-on témoigner plus de reconnaissance?

Gaétan et France, avocate de formation, s’établissent à Saint-Barnabé, au beau milieu des terres, près des producteurs, et s’imprègnent de la vie rurale. Réal Laflamme le taquine un brin, amicalement, en l’appelant « mon p’tit agronome d’asphalte ». Ses premières recommandations, teintées d’inexpérience, font parfois sourire. Gaétan a le rire facile et une franchise qu’aiment les producteurs. Le jeune agronome se met rapidement à niveau.

À cette époque, au début des années 80, l’industrie de la betterave à sucre se développe à plein régime. Gaétan s’y intéresse grandement au point qu’il en devient un spécialiste reconnu, même auprès de ses concurrents. Ceux qui le côtoient savent alors d’emblée que rien ne pourra l’empêcher de monter. Ce serait tenter de restreindre au trot un cheval de course. « Peu importe d’où tu viens, c’est le respect à l’endroit des producteurs qui compte, assure le gestionnaire de 51 ans. Et ça, ils le voient. Quand je rencontre de jeunes représentants, c’est ce que je leur dis. Il faut établir des liens de confiance et être intègre.» La confiance et le respect qu’il a su insuffler dans le réseau sont parmi les réalisations de son cheminement dont il est le plus fier.

Gaétan est d’un naturel attachant et sans prétention. Il fait preuve de transparence, s’exprime sans détour, mais ne cherche pas à imposer sa vision des choses. « Il favorise toujours la discussion pour en arriver à un compromis de part et d’autre, indique Denis Richard, président de La Coop fédérée. Je ne connais personne qui est en conflit avec Gaétan. »

Les circonstances font leur œuvre. On lui propose des postes à la hauteur de ses grandes capacités : représentant de territoire, conseiller technique, directeur des ventes, directeur du marketing, des productions végétales, du Secteur agricole de la Division de l’agrofourniture puis, enfin, chef de l’exploitation. Les initiatives sont nombreuses. Les dossiers qu’on lui confie aboutissent rapidement. Il est homme d’action et d’audace qui a le sens des résultats. Le secteur des productions végétales prend alors une forte expansion et sa notoriété dans le milieu suit la même courbe de croissance. Gaétan collabore à la mise sur pied de la ferme de recherche. À acheter et rentabiliser de nombreux centres de distribution d’intrants. À échafauder un programme d’optimisation des infrastructures du réseau.

Il se démarque par le travail, la discipline, la persévérance. Ces qualités, Gaétan les acquiert entre autres en pratiquant assidûment le ski alpin, son sport favori, qu’il commence dès l’âge de deux ans, et dans lequel il s’illustrera. Il se hissera jusque parmi les 15 meilleurs skieurs de compétition de slalom géant au Québec. Il sera aussi entraîneur-chef d’équipes de jeunes skieurs d’élite.

Au cégep, l’école prend un peu le bord au profit du sport. Gaétan n’est pas le type à bambocher. Dans ses temps libres, il préfère travailler, voyager. Faire ce qui le passionne plutôt que de dilapider le peu d’argent qu’il gagne. « France et moi, on s’arrangeait avec pas grand-chose », dit-il. Ils vivent toujours simplement. Ils habitent encore la toute première maison qu’ils ont achetée il y a près de 30 ans, à Longueuil.

Son père a aussi fait du ski de compétition. À une époque où il fallait remonter à pied les pentes abruptes du mont Sainte-Anne. La ténacité. Toujours. Gaétan a de qui tenir. Comme lui, ses parents ne sont pas frileux. Alors qu’il est tout jeune, ils vont faire fortune aux États-Unis, mais en reviennent les mains vides. Qu’importe, ils se retroussent les manches et refont leur vie.
Il aime Ferré, Vigneault, Lévesque, Riopelle. Des hommes qui ont défriché, bataillé, bâti. Celui qui croit dur comme fer en un avenir meilleur, fait aujourd’hui partie du triumvirat des hauts gestionnaires de La Coop fédérée, avec Claude Lafleur, à la direction et Paul Noiseux, aux finances. « Nous formons une véritable équipe, dit Gaétan, et nous sommes appuyés, à différents échelons, par des gestionnaires seniors qui nous permettent d’atteindre l’objectif d’améliorer le sort des producteurs. »

Gaétan passe bien souvent la semaine à Montréal, ou sur la route à rencontrer son monde à travers le réseau. Mais c’est à sa résidence secondaire de Sainte-Adèle, dans les Laurentides, qu’il décroche le temps du week-end. Même s’il garde à portée de main ses outils de communication. C’est l’occasion de réfléchir. Libéré d’un agenda réservé un mois d’avance. Les soupers en famille et entre amis rechargent ses batteries. Sa vie familiale est la première de ses priorités. France, et leurs deux enfants Annie, 25 ans et Charles, 23 ans. « Dans la vie, on a tous des downs, dit-il. C’est ma famille qui me permet de traverser les passes difficiles. »

« Je suis aussi marié avec la coopération », ajoute Gaétan. Sa forte appartenance à ce mouvement, il l’a réalisée, et n’en démords pas, depuis une expérience qu’il a vécue au début de sa carrière. Après trois ans comme représentant de territoire à La Coop fédérée, au milieu des années 80, il accepte l’emploi que lui offre une entreprise concurrente où on lui fait miroiter mer et monde. « J’étais jeune, fou. Je n’avais pas de limite », dit-il. La réalité est tout autre. « On n’avait pas les mêmes valeurs qu’à La Coop. Je me suis carrément dit quessé que j’fais icitte! » Cinq jours auront suffi pour qu’il réalise combien les valeurs coopératives lui manquent. Il retourne à La Coop où tous savaient bien qu’il allait revenir. On l’attendait à bras ouverts. Dès lors, constance et détermination continueront d’être les carburants qui alimentent son travail.

« La Coop fédérée a été mon seul employeur, dit-il. Et j’ai pu me réaliser. Quand j’en discute avec des amis, je constate que nos valeurs sont différentes de celles des autres entreprises. Ce sont des valeurs de respect. Un esprit de famille dans le grand sens du terme. »


Retour



Copyright © 2014 La Coop fédérée | Tous droits réservés