Sous l’égide des grands projets de restructuration à la sauce Chrysalide, La Coop fédérée se grée d’une filière avicole du 21e siècle, complètement revampée. Que vienne l’avenir!


Quand Martin Véronneau, T. P. et premier directeur des productions avicoles de La Coop fédérée, parle de ce qui est important pour la filière avicole de La Coop, il parle de trois choses : la qualité, la qualité et la qualité. La qualité, oui, le mot est lancé. Les nombreux changements apportés à la filière visent d’abord à fournir des poussins de qualité aux clients producteurs d’œufs de consommation et de poulet.

La qualité, Martin Véronneau en fait son crédo, sa marque de commerce. Il veut que La Coop fédérée égale qualité, comme Volvo = sécurité, Nike = stimulation ou Harley-Davidson = attitude.

Mais ce n’est pas tout. La restructuration complète de la filière avicole a aussi pour but de la rendre plus efficace et plus compétitive, en coupant dans les coûts de production. Des fermes d’élevage au couvoir en passant par le pondoir, tout a été repensé.

Visite guidée en trois arrêts. Suivez le guide!

Vue sur le nouveau pondoir de 35 000 oiseaux reproducteurs et sur les anciens bâtiments existants. Le site de la Ferme des 48, à Saint-Jude, devient le plus gros site automatisé d’oiseaux reproducteurs au Canada.

Aux fermes d’élevage
À la base, il fallait réorganiser l’élevage des pondeuses et des coqs qui fournissent les œufs d’incubation pour poussins à chair. Dorénavant, l’élevage des reproducteurs est effectué sur seulement deux sites : un premier à Victoriaville élève, depuis août 2008, le tiers des oiseaux reproducteurs pour le marché du poulet de chair. Les deux tiers restants sont confiés à une ferme de la région de Lanaudière.

Ce changement diminue le nombre de lots d’élevage de 13 à 4 par année. Moins de lots donc, mais des lots plus gros qui permettent de produire un plus grand nombre d’oiseaux provenant d’un même statut sanitaire.

Le suivi des élevages sur deux gros sites d’élevage est aussi beaucoup plus facile et efficace que sur plusieurs petits sites à différents endroits. Bref, plus d’uniformité et plus de qualité.

Le nouveau Couvoir La Coop, de Victoriaville dans les Bois-Francs, est situé dans une région de choix question biosécurité. Sa situation géographique facilite aussi la logistique des livraisons nord, est et ouest.

Au pondoir
Au pondoir de Saint-Jude, avant d’apercevoir ne serait-ce qu’un seul petit œuf, vous devrez franchir quatre portes enfilées les unes à la suite des autres. Les douches, situées entre la troisième et la quatrième porte, sont une condition sine qua non pour visiter les lieux.

Au lieu d’avoir de petits sites de 10 000 pon­­­deuses chacun, on a regroupé la ponte des œufs d’incu­bation en un seul pondoir pouvant accueil­lir 70 000 volatiles, totalisant huit parquets de ponte. On a donc construit un nouveau pondoir de 35 000 reproducteurs annexé aux deux pondoirs déjà en place sur ce site appelé Ferme des 48. Le pondoir tout neuf, à deux étages, est criant de modernité et utilise le chauffage passif du soleil pour préchauffer l’air entrant par les trappes de ventilation.

Curiosité : les huit parquets communiquent par un couloir souterrain dans lequel passe le convoyeur à œufs et par lequel peuvent voyager les employés. Non, les œufs ne prennent pas le
métro, mais c’est tout juste! C’est dans la chambre centrale de classement des œufs – une chambre ultramoderne, automatisée, un bijou technologique – qu’on collecte, classe et empaquette les œufs avant leur expédition vers le couvoir de Victoriaville. Imaginez le topo : des œufs pondus à l’extrémité du nouveau pondoir voyageront la moitié des 226 mètres (740 pieds) que fait le nouveau poulailler avant de bifurquer, de descendre un étage ou deux et de passer sous terre par un couloir long de 61 mètres!

Toute l’automatisation associée à ce projet permettra de couper dans les coûts de main-d’œuvre. Main-d’œuvre qui se fait d’ailleurs de plus en plus rare. Sans parler de la biosécurité : moins de manipulations des œufs et moins d’employés potentiellement vecteurs de microorganismes. Une seule personne est en mesure de superviser la cueillette des œufs de toute la ponte de la Ferme des 48.

Bref, le site devient la plus vaste ferme de reproduction avicole complètement automatisée au Canada. Le réaménagement des installations permet la fermeture d’un autre site de reproduction qui en avait vu passer des lots, celui de Stanbridge Station, désuet, et dont les opérations n’étaient pas mécanisées.

Une seule personne est en mesure de superviser la cueillette des œufs
de toute la ponte de la Ferme des 48.

Au couvoir

Le 24 mars dernier, La Coop fédérée inaugurait les nouvelles installations de son Couvoir La Coop. Les travaux d’agrandissement et de modernisation du couvoir étaient rendus nécessaires pour plusieurs raisons, dont la principale : offrir aux producteurs avicoles des poussins de qualité (encore ce mot!), dans un couvoir qui peut aspirer obtenir la certification HACCP avant la fin de 2009. Les œufs qui entrent maintenant au couvoir ne pourront être mis en contact avec les poussins qui en sortent, diminuant les risques de contamination croisée, principale pierre d’achoppement à la certification HACCP.
 
Martin Véronneau, premier directeur des productions
avicoles de La Coop fédérée, entrevoit l’avenir avec optimiste grâce aux nouvelles installations dont se dote
La Coop fédérée.

Devant une augmentation impressionnante de 35 % des ventes de poussins à chair depuis trois ans en raison de gains de parts de marché au Québec et au Nouveau-Brunswick, La Coop devait avoir recours à d’autres couvoirs pour satisfaire la demande, au détriment de la qualité et de la biosécurité apportée par l’utilisation de poussins d’un seul couvoir et des mêmes fermes de reproducteurs. Le nombre d’œufs incubés a donc bondi de 36 millions de poussins à une capacité qui voisinera bientôt les 55 millions de poussins, ce qui fera du couvoir le deuxième en importance au Canada. En agrandissant le couvoir de Victoriaville, on se permettait du même coup de fermer le couvoir de Saint-Félix-de-Valois, plutôt vieillissant.

On pourrait ainsi dire qu’en augmentant les capacités de production d’œufs d’incubation au seul couvoir de Victoriaville, La Coop met tous ses œufs dans le même panier… mais place ce panier en lieu sûr! De fait, du point de vue de la biosécurité, Victoriaville est située de manière optimale : éloignée d’autres élevages avicoles, mais proche des grands axes routiers pour les livraisons vers le nord, l’est et l’ouest.

La mise en incubation de lots plus gros provenant d’un moins grand nombre de sources permet des incubations plus uniformes, des poussins plus uniformes et finalement des abattages plus uniformes. Et qui dit uniformité dit… qualité!

Louis Turcotte, directeur du couvoir et Gilles Lizotte, contremaître, ne sont pas peu fiers de leurs nouvelles installations. Des améliorations tangibles : agrandissement d’un quai d’expédition et construction d’un deuxième quai intérieur avec température contrôlée, récupération de l’énergie dégagée par les œufs lors de l’incubation pour améliorer l’efficacité énergétique (on se sert de l’énergie récupérée pour réchauffer le couvoir et préchauffer l’eau), robotisation du transfert des œufs éclos et des poussins sur la chaîne de production et robotisation de l’empilement des boîtes de poussins (des opérations qui demandaient beaucoup d’efforts aux employés, occasionnant souvent des blessures). Résultat : on produit plus de poussins… avec 28 employés de moins!

Du côté des œufs de consommation

Il n’y a pas que la filière poulet de chair qui ait été remodelée; la filière de production des poussins pour la production de pondeuses commerciales a aussi subi des changements majeurs. À commencer par l’association, en 2007, avec le chef de file mondial en génétique aviaire, ISA, une filière de Hendrix Genetics. Cette association donne accès à un pôle considérable de lignées de pondeuses commerciales.

Le nombre d’oeufs incubés a bondi de 36 millions de poussins à une capacité qui voisinera bientôt les 55 millions de poussins, ce qui fera du couvoir le deuxième en importance au Canada.

Ensuite, les activités de ponte des reproducteurs au Québec ont été concentrées à Princeville, au nouveau poulailler de Donald Desharnais et Nancy Lafrance, conçu pour loger confortablement 20 000 oiseaux reproducteurs. Concrètement, le nombre de lots est passé de cinq à trois en Ontario et de deux à un seul au Québec. Moins de lots, mais des lots plus gros… C’est le gros lot!

En 2008, le couvoir de Saint-Jude, ancien­nement dédié à l’incubation d’œufs destinés à la production de pondeuses commerciales, a aussi cessé ses activités parce qu’il aurait eu besoin de rénovations importantes. L’incubation a été confiée à un couvoir ontarien plus performant, le plus gros au Canada. Une fois par semaine, la production du pondoir de Princeville est donc acheminée vers ce couvoir.

Que vienne l’avenir
Martin Véronneau entrevoit l’avenir avec optimiste grâce aux nouvelles installations dont se dote La Coop fédérée, installations qui ont nécessité des investissements de 10 millions $.

Si les améliorations visaient la qualité des oiseaux et une diminution des coûts de production, le contexte économico-légal dans lequel évolue le secteur avicole québécois et canadien n’y était pas non plus étranger. Qui peut prédire l’avenir du système de contingentement de la production?

Le nouveau couvoir, par sa taille et ses technologies de pointe, peut maintenant rivaliser avec les meilleures installations étatsuniennes en la matière. Une façon de mieux présider à sa destinée advenant une déréglementation. Mais Martin Véronneau ne crie pas au loup : « C’est facile de prévoir le pire, mais tout en étant très réaliste, j’ai une grande confiance au système de gestion de l’offre. C’est le meilleur outil mis en place par nos producteurs avicoles pour assurer un approvisionnement stable et de qualité en viande de poulet et en œufs pour notre population, tout en offrant un revenu décent pour les familles qui vivent de l’aviculture. »

Il poursuit : « Notre décision de modifier notre filière avicole, et notamment le volet de l’approvisionnement des oiseaux, repose sur un positionnement à long terme de notre filière. »

L’aviculture québécoise coopérative n’a donc pas dit son dernier mot. Que les Étatsuniens et les Brésiliens se le tiennent pour dit!


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