Le canola est une plante oléagineuse appar­tenant à la famille des crucifères. Les grains de canola sont riches en huile d’une excellente qualité qui contient très peu de gras saturés. Cette culture est très présente dans l’Ouest canadien où on retrouve la presque totalité des superficies ensemencées au Canada, lesquelles représentent un total de 6,5 millions ha, dont 18 000 ha au Québec en 2008. Par contre, même si les superficies cultivées au Québec sont faibles, cette culture est très bien adaptée à plusieurs régions de notre province puisque le canola adore les climats frais et demande une période sans gel de 80 à 120 jours. Actuellement, les principales régions productrices de canola au Québec sont le Saguenay–Lac-Saint-Jean, le Bas-Saint-Laurent et la Chaudière-Appalaches. Les rendements varient entre 2 et 3 tonnes par hectare.

Avec la construction de la nouvelle usine de trituration du canola à Bécancour par TRT-ETGO, la demande pour cette culture pourrait s’accroître considérablement au cours des prochaines années au Québec. Donc, voici quelques points de régie à surveiller pour bien réussir avec cette culture.

Semis
La population finale idéale est de 80 à 120 plants/m². Afin d’y parvenir, un taux de semis de 5 à 6 kg/ha est généralement suffisant. Le semis doit se faire à une profondeur variant de 1 à 2,5 cm à ajuster selon l’humidité du sol. Une levée uniforme est primordiale dans le but d’optimiser les rendements. Pour y arriver, les conditions de semis sont importantes et pour s’assurer d’obtenir un semis uniforme, les diluants à semences peuvent être utilisés. Ceux-ci ont l’avantage d’augmenter la précision du semis et de réduire le nombre de grains cassés par les cannelures du semoir. De plus, certains diluants de semences contiennent des éléments fertilisants à base de soufre, élément très important pour le canola. Afin d’optimiser les rendements, il est préférable de semer les champs de canola hâtivement, soit aussitôt que les conditions de sol le permettent.

Fertilisation
Le canola est une culture exigeante en azote. Les recommandations se situent habituellement entre 80 et 120 kg/ha. Puisque l’utilisation de l’azote par le canola est assez constante tout au long de son développement, il est important de fractionner les apports, soit une partie au semis et la balance au stade 2 à 4 feuilles. Sinon, l’utilisation d’une source d’azote à dégagement contrôlé permet d’apporter la totalité de l’azote en présemis incorporé.

Le soufre est un autre élément à ne pas négliger et il est intimement lié à l’azote puisqu’il en améliore l’absorption. Il faut habituellement respecter un ratio de 1 unité de soufre pour 7 unités d’azote. Par exemple, pour une dose d’azote de 100 kg/ha, on devrait apporter 14 kg/ha de soufre. Le soufre devrait idéalement être apporté à la fois sous forme sulfate et sous forme élémentaire.

Le bore est aussi un élément essentiel à la croissance du canola, car il joue un rôle important dans la floraison. Les plants carencés en bore fleurissent plus tardivement et possèdent plusieurs fleurs non fécondées. Les carences se caractérisent par des feuilles rouges tirant sur le mauve. L’ajout de 1 à 2 kg/ha de bore à la fertilisation de base permet de prévenir les problèmes de carence. L’application de bore foliaire peut aussi être envisagée.

Désherbage
Deux technologies de désherbage sont principalement présentes au Québec, soit le Roundup Ready, qui tolère les herbicides à base de glyphosate, et le Liberty Link, qui tolère l’herbicide Liberty. Ces technologies ont l’avantage de faciliter grandement le désherbage du canola parce que ce sont des herbicides non sélectifs qui contrôlent autant les graminées que les feuilles larges. Il faut cependant bien planifier ses rotations de culture et d’herbicides afin de pouvoir contrôler le canola volontaire l’année suivante, puisque celui-ci sera tolérant à l’herbicide correspondant. Le désherbage du canola se fait habituellement entre les stades de 1 et 6 feuilles. Par contre, comme le canola est peu compétitif au début de son développement, le contrôle des mauvaises herbes devrait se faire le plus hâtivement possible en cas d’importante infestation.

Protection contre les maladies
Au Québec, deux principales maladies s’atta­quent au canola, soit la hernie des crucifères et le sclérotinia. La hernie des crucifères est causée par un champignon qui s’attaque aux racines, formant des tumeurs de formes diverses. Puisque le système racinaire est affecté, le prélèvement des éléments nutritifs et de l’eau est considérablement réduit, ce qui cause le flétrissement et le jaunissement des plants affectés. Le meilleur moment pour observer cette maladie est la fin de la floraison. On peut alors arracher des plants suspects et constater les symptômes sur les racines. La hernie des crucifères préfère les sols froids, humides et à pH inférieur à 7. Comme les spores ont une survie de plusieurs années, des rotations longues sont à préconiser pour les champs affectés. De plus, en présence de maladie, il est très important de ne pas transporter de sol d’un endroit affecté vers les zones exemptes de maladies. Le nettoyage des équipements et la planification des opérations culturales sont donc primordiaux. Le chaulage peut aussi aider à diminuer l’incidence de cette maladie.

Le sclérotinia est aussi très présent dans les champs de canola du Québec. Cette maladie est causée par un champignon favorisé par des conditions fraîches et humides. Elle peut provoquer des baisses de rendement pouvant aller jusqu’à 30%.
 
Les sclérotes (structures de survie du champignon) qui sont dans le sol germent au cours de l’été et des spores sont libérées. Celles-ci attaquent d’abord les pétales de fleurs qui, en tombant, transmettent l’infection aux tiges. Peu après, les symptômes se développent sur les tiges : un feutrage blanc sur l’extérieur et des sclérotes à l’intérieur. Ces sclérotes se retrouvent ensuite dans le sol et servent à infecter les cultures sensibles des années suivantes. Le meilleur moyen de lutte contre le sclérotinia est de faire des rotations de 3 à 4 années sans canola, ni cultures hôtes (soya, haricot, tournesol) afin de diminuer la pression de maladie. Si malgré les rotations, la maladie est toujours présente en quantité suffisante pour causer des pertes de rendement, un traitement fongicide préventif peut être effectué au stade de 20 à 30 % de floraison. Ce traitement protège les pétales qui ne peuvent alors plus transmettre la maladie aux tiges. Une fois que la maladie est installée, il n’y a aucun moyen de lutte.

Protection contre les insectes

Dès le début de la saison de croissance, il est important de surveiller les altises qui s’attaquent aux jeunes plantules en faisant de petits trous dans les cotylédons et les feuilles. Celle qu’on retrouve le plus souvent au Québec est l’altise des crucifères qui est un coléoptère entièrement noir. Elle mesure 1,5 mm de longueur et saute dès qu’on l’approche. Il peut y avoir jusqu’à deux générations d’altises par saison. Les traitements de semences généralement appliqués sur le canola protègent les plants pendant 14 à 35 jours après le semis selon le produit utilisé. Il est à noter que les traitements de semences permettent aussi de contrôler certaines maladies des semences et des plantules, améliorant ainsi la levée du canola. Si les infestations d’altises sont trop élevées, soit une défoliation supérieure à 25 %, on peut intervenir avec un insecticide foliaire homologué. Toutefois, il faut faire attention aux insectes pollinisateurs lors de l’application d’insecticides foliaires en traitant tôt le matin ou en fin de journée. Les travaux de sol à l’automne peuvent aussi contribuer à réduire les populations d’altises pour le printemps suivant.

Un autre ravageur très important pour le canola au Québec est le charançon de la silique. Il s’agit d’un petit insecte gris-noir de 3 à 4 mm de longueur. Il a été identifié au Québec pour la première fois en 2000, et depuis, il est principalement présent dans la région de Chaudière-Appalaches où il entraîne des pertes de rendements qui peuvent être assez importantes. Les dommages sont causés par les larves du charançon qui se développent dans les siliques et qui s’alimentent sur les grains de canola en développement.
 
Un insecticide foliaire peut être appliqué au stade de la floraison pour empêcher les adultes de pondre dans les fleurs, mais aucun seuil d’intervention n’a encore été clairement établi au Québec. Une fois que la larve est à l’intérieur des siliques, il est impossible de l’atteindre. Encore une fois, lorsqu’un insecticide foliaire est appliqué, on recommande de faire les traitements en début ou fin de journée afin de protéger les insectes pollinisateurs qui sont particulièrement nombreux dans la culture du canola au moment de la floraison.


Récolte
Le canola est en grande partie récolté en andain. Cette technique permet d’uniformiser la maturité
de la récolte, assure un bon séchage des grains et minimise les pertes aux champs par égrenage. Dans l’Ouest canadien, le battage en direct commence à prendre de l’ampleur. Cette technique demande une régie plus serrée et la récolte ne peut rester au champ très longtemps une fois mature.

Le canola est une culture très intéressante, mais plusieurs points de régie doivent être considérés pour optimiser les rendements. Consultez votre expert-conseil afin de discuter plus amplement sur le sujet, notamment sur les techniques de récolte. Un guide complet sur la production du canola est disponible à votre coopérative.


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