Les vaches étaient nickel, presque javellisées. Les allées, bien épaisses de copeaux de bois, étouffaient les pas. Les animaux, presque trop sages, se tenaient docilement sous leurs pancartes d’identification. Et les gens de la Ferme Filiale avaient tous revêtu leurs manteaux aux couleurs de leur entreprise. Tout était prêt.



Prêt pour cet après-midi d’étable du Club Holstein de Beauce à la Ferme Filiale de Saint-Ludger, MRC du Granit. En plus des experts de La Coop Lac-Mégantic Lambton, ils étaient cinq pour recevoir les visiteurs : Jacquelin Filion, sa conjointe Sylvie et leurs deux filles Vanessa et Marilyne ainsi que le frère de Jacquelin, Martial.

Il faut tout de suite écrire que les quelque 450 visiteurs ont eu bien raison de s’être déplacés. Voici pourquoi.

Une laiterie-bureau exceptionnelle
Passées les portes extérieures de la laiterie-bureau, un « étrange » décor de clinique médicale ou de boutique d’artisanat nous accueille. L’impression est vive et frappante : entre-t-on bel et bien dans une ferme laitière? Une fenêtre au loin nous rassure : une robe noire et blanche y danse subrepticement. Imaginez : céramique partout, moulurages et lambris, couleur tendance de jaune maïs et d’orange citrouille sur murs et plafonds. Une fois descendues les quelques marches du palier, une mosaïque de céramique rappelle avec originalité et élégance le nom de la ferme et le préfixe du troupeau.

Deux vitrines montées avec goût exposent, l’une divers objets artisanaux de collection reliés au travail de la terre et de l’élevage, l’autre divers prix et distinctions remportés au fil du temps. Aux murs, plusieurs photographies d’époque rendent hommage aux bâtisseurs du patrimoine familial. D’autres clichés, pris à vol d’oiseau, témoignent des ajouts et des rénovations régulières, expansion du troupeau oblige.

Trois pas plus loin et un virage à gauche plus tard, on passe aux choses sérieuses : la laiterie. Partout l’on peut se mirer dans l’acier inoxydable, le plastique lavable ou la céramique – encore elle. Le plancher spic-and-span, une chambre dédiée exclusivement aux savons et détergents et acces­sible par l’extérieur par le fournisseur de ces produits, le lavabo et les comptoirs neufs, les
armoires d’un blanc immaculé... Oui, tout rappelle le décor des laiteries industrielles, celles qui emballent le lait de consommation, usines soumises à de sévères normes de salubrité.

La laiterie datait pourtant seulement de 1986. Mais vous le savez : ce qui sert tous les jours, deux fois plutôt qu’une, s’use vite. Le plancher de béton craquelé n’aurait pas passé le test des certi­ficateurs du programme Lait canadien de qualité (voir l’encadré à la page 36). La laiterie pourra maintenant affronter le plus scrupuleux des valideurs de ce programme d’assurance qualité. Tout est prêt. Le thermographe barbouille déjà le papier de ses pattes de mouche.

Une fois quittée la laiterie, on passe aux chambres mécanique et électrique, plus ordonnées qu’une chambre à coucher. De l’autre côté du couloir, voilà une pièce étonnante, hybride de pharmacie (armoire et réfrigérateur) qui rendrait jaloux le plus à l’ordre des pharmaciens et de mini-atelier avec son gros étau qui donne presque envie de ne pas remettre au lendemain la moindre réparation. Chaque chose à sa place et une place pour chaque chose. Fonctionnel.

N’empêche, la pièce de résistance, revêtement de bois rond chaleureux, éclairage chaud et étudié, plafond cathédrale, plancher chauffant et fenestration généreuse, c’est le bureau. Bureau qui comporte, en plus de plans de travail… un minibar! Café-Baileys pour les uns, lait cru-Baileys pour les autres, voilà un bureau qui sert aussi de lieu de rassemblement, de salle de réunion et de dortoir bientôt; on y aménagera une banquette pour les veilles de vêlages de nuit. Youpi! Un vêlage de nuit!

Bref, la laiterie-bureau donne très envie de produire du lait, d’en produire beaucoup pour rentabiliser ces beaux et bons investissements. D’ailleurs, allons voir…
 
Un pis remarquablement bien balancé et bien veiné,
celui de Filiale Outback Madouce.

À l’étable, encore des surprises

D’abord, le troupeau : 8 EX, 60 TB et 38 BP, MCR de 247-248-248, moyenne de production annuelle par vache de 11 660 kg de lait pour un quota de 109 kg/j.

Il faut remonter en 1986 pour expliquer les bonnes performances du troupeau. Cette année-là, Jacquelin lâche son marteau et dit à son père, sceptique, qu’il s’en va zieuter des vaches dans un encan de chez Cormdale, en Ontario. Le scepticisme se transformera en optimisme : Jacquelin y rencontre Carmen, une belle qu’il ne quittera plus qu’en 2003, à son dernier soupir, après qu’elle eut peuplé l’étable, qui loge encore aujourd’hui 37 de ses descendantes.

De bon pied vers l’avenir! Dans le hall de la laiterie-bureau, une mosaïque de céramique rappelle avec élégance nom de la ferme et préfixe du troupeau.

C’est également en 1986 que les dernières vaches non enregistrées quittent l’étable. Le troupeau est enfin entièrement certifié de race pure. Les premières classifications remontaient à 1976, avec deux TB.

La famille Filion a aussi un faible pour la Holstein facteur rouge. L’un de leur sujet, Filiale Jubilant Mali, née en 1991, est même fichée dans l’arbre généalogique d’une des meilleures familles de rouges aux États-Unis, celle de Marlene, qui rafle tout, y compris des titres à Madison (Wisconsin). L’impact des descendantes de Mali devrait continuer à se faire sentir dans les années à venir.

Pas moins de 18 vaches Étoile de la race peuplent les deux rangées de l’étable. Parmi les autres faits d’armes : le titre de vache coup de cœur du Club Holstein de Beauce (Filiale Juror Star); 125 certificats de Longue Production (plus de 60 000 kg de lait), une indication de la longévité des animaux; 72 certificats de Production Supérieure.

Enfin, Vanessa et Marilyne, une relève aussi lumineuse que l’étable, font entrevoir des lendemains radieux pour l’entreprise, qui est depuis quelques années à deux doigts d’obtenir une première plaque de maître-éleveur, un objectif familial. Les deux filles assument pleinement leur rôle de quatrième génération : elles ont toutes deux étudié l’ABC de la production laitière, au Cégep de Lévis-Lauzon pour la première, au Centre de formation agricole de St-Anselme pour la seconde, mais ont, par-dessus tout, l’amour des vaches et de la production laitière.
 
Il fait bon vivre dans le bureau de la ferme. Revêtement de bois rond chaleureux, éclairage chaud et étudié, plafond cathédrale, plancher chauffant et fenestration généreuse… Le bureau compte même… un minibar!


Et du Baileys!

Fourrages de qualité, fourrages en quantité. Les ruminantes sont aux anges!

Êtes-vous prêt pour le Lait canadien de qualité?

Selon François Dumontier, conseiller aux relations publiques de la Fédération des producteurs de lait du Québec, 96 % des producteurs laitiers québécois ont suivi la formation Lait canadien de qualité, un programme d’assurance qualité de type HACCP qui deviendra obligatoire le 1er août 2012. Ce programme vérifiera les bonnes pratiques quant aux préparatifs à la traite, à la température du réservoir de lait, au lait anormal/traité, au nettoyage, au traitement du bétail
et à son expédition, aux aliments médicamentés, à l’entreposage des médicaments et des produits chimiques, aux analyses d’eau, aux plans d’urgence, etc. Actuellement, la mise en place de ce programme en est à l’étape de la formation des valideurs (accréditeurs).

www.laitcanadienqualite.qc.ca

 

 
Ça mange quoi?

Par Valérie Robidas, T.P., experte-conseil, La Coop Lac-Mégantic Lambton

Vaches en lactation
Minimum de 4 kg de foin sec/vache/jour
Ensilage semi-sec de balle ronde
Maïs grain humide
Grain mélangé (avoine-blé-pois)
Supplément protéique
Symbiose 46 (varie selon les fourrages)
Supplément de couverture
personnalisé incluant
le Pulp-O-Lac et le Palmit
Minéraux cube C-11
(varie selon les fourrages)

Vaches taries
Foin sec à volonté
Minéral P-4
Pro-Bloc 305 (sécurité)

Préparation au vêlage
Foin sec à volonté
Transilac
Lactiveur 911

Veaux
Bovo XLR
Goliath 22 %

Taures
Foin sec
Maïs grain humide
Supplément 85/15



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