Sise à Montmagny, la vacherie nouvellement acquise par Joé St-Pierre impressionne par sa grande superficie (45 mètres sur 75), pouvant contenir jusqu’à 250 vaches, et la hauteur de sa structure. Chose particulière : au-dessus de l’entrée principale du bâtiment, on y trouve le logement du propriétaire, qu’il a lui-même construit au cours de l’année 2008. Un loft petit, mais confortable et bien aménagé.


Joé St-Pierre habite donc très près des activités de sa vacherie, composée de 115 vaches, dont 105 en lactation. Mais pourquoi avoir fait ce choix? « J’ai acheté le bâtiment d’un syndic de faillite, relate le jeune St-Pierre. Pour en faciliter la vente, tout avait été morcelé : la maison et la vacherie ont été vendues à part, les terres ont été subdivisées et plusieurs équipements dans la vacherie ont été retirés et vendus. »

À l’automne 2007, les parents de Joé, eux-mêmes propriétaires d’une ferme de 200 vaches laitières à Princeville, font une offre d’achat pour la vacherie. Une fois les lieux visités, le jeune Joé a été très emballé. « Cela faisait un bout de temps que je souhaitais avoir ma propre entreprise », avoue le producteur laitier.
 
Joé St-Pierre et Samuel Pelletier, gérant de la quincaillerie de La Coop Montmagny
La transaction était intéressante, mais Joé avait toutefois plusieurs défis à relever avant d’amorcer la production. Sans endroit pour habiter, il devait en prévoir un. Il devait rééquiper la vacherie, entre autres, acheter et installer deux robots de traite et acheter des matelas pour les vaches. Sans terre, il devait, en plus, se débrouiller pour se procurer ses intrants (foin et maïs ensilage) et trouver un endroit pour disposer de son fumier.

Des défis à sa mesure. « J’ai eu une première année bien occupée, mais j’aime bien me retrouver ainsi dans le feu de l’action », dit-il.

Durant sa première année d’opération, Joé dort dans la laiterie de la vacherie (où il a installé un lit) et, à l’occasion, dans la maison d’un résidant du coin, qui est à l’extérieur du pays.

Très vite, cependant, il planifie son chez-soi. Débutant en affaires, il veut avoir un logement peu coûteux et pratique. Il pense vite à l’espace qui se trouve au-dessus de la laiterie. Un endroit au départ inhabitable, puisqu’entièrement occupé par une charpente en biseaux. Il fallait retirer tout cela avant de faire quoi que ce soit. Mais y aménager un loft est possible. « J’ai consulté un ingénieur et il m’a confirmé que je pouvais habiter cet espace à condition d’augmenter la capacité portante de la charpente de la laiterie et de ses poutres de soutènement », raconte-t-il.
Pas question, toutefois, de rehausser la structure pour accroître l’effet loft. « Je voulais bâtir avec l’espace que j’avais afin d’éviter de me retrouver avec des coûts trop élevés », insiste-t-il. Au centre du loft, le plafond a quand même une hauteur respectable de 2,5 mètres.

Au début avril 2008, il se met donc à l’ouvrage, accompagné de son ouvrier à la vacherie. Le travail s’étale sur sept mois, à temps perdu. « Nous avons d’abord tout renforcé, les poutres de soutènement dans la laiterie et la charpente de la toiture », dit-il. Ainsi, au plafond, les 2X4 ont été notamment renforcés par des 2X6 (donnant des 2X10) et une poutre a été installée au centre du loft.
 
Vue de l’intérieur de la vacherie

Ensuite, il fallait bien isoler. Non seulement pour réduire les coûts de chauffage et assurer le confort, mais aussi pour réduire le plus possible les bruits provenant de la laiterie et les odeurs de la vacherie. « Nous avons isolé avec de la laine de 20 cm (8 po) d’épaisseur dans les murs et dans le plafond pour faire face aux forts vents souvent présents ici », précise le jeune producteur. Avec la membrane de polyuréthane Atlas qui a été ajoutée, le facteur d’isolation dans les murs atteint R-25 et dans le plafond, R-45. Sous le plancher, il y avait déjà de la cellulose, mais nos ouvriers ont ajouté de la laine pour accroître l’insonorisation. Pour isoler, la laine de roche de marque Roxul a été choisie. « Elle a une bonne capacité d’isolation et d’insonorisation, soutient Samuel Pelletier, gérant de la quincaillerie à La Coop Montmagny qui a fourni 95 % des matériaux permettant la réalisation du loft (bois, plancher, laine isolante, porte, peinture, teinture). Les résultats sont concluants : le bruit est quasi inexistant – on n’entend qu’un faible bruit de pompe hydraulique – et le confort, total.

La finition intérieure et l’aménagement ont été réalisés à l’aide des conseils de la décoratrice de la coop, Margot Deschênes. Au sol, la meilleure qualité de plancher flottant a été installée, ce qui donne des allures de vrai plancher de bois. Tous les murs sont faits de planches de pin de 13 cm de large. Cela donne un cachet chalet à l’ensemble.

Dans le loft, la seule source de lumière provient de la porte d’entrée. Pour accroître cette source, Joé St-Pierre a créé une grande ouverture afin d’installer une porte française.

Avant-après : Vue de la terrasse et de la nouvelle entrée pour le loft

L’été, le propriétaire pourra profiter davantage de la lumière et du soleil en s’installant sur la terrasse, construite à l’avant du loft où le soleil abonde. Fait en bois traité, ce grand espace de cinq mètres sur six a été construit avec un souci d’esthétisme. « Afin d’être plus en harmonie avec la grande dimension de la vacherie, de plus grosses poutres ont été choisies pour soutenir la terrasse, précise Joé. Elle est soutenue par 3 poutres de 20 cm sur 20 de 3 m de haut, au lieu de poutres 6X6 qui aurait suffi à supporter la structure. La poutre horizontale qui soutient le plancher est elle aussi d’une dimension de 20 cm sur 20 et a une longueur de 6 mètres. « Il a fallu la commander, car il est très rare que nous vendions de telles pièces de bois et nous n’en avions pas en stock », affirme M. Pelletier.

Le coût de l’ensemble du projet s’élève à 20 000 $, dont 7000 $ en main-d’œuvre et environ 10 000 $ en matériaux.

Un projet somme toute modeste aux yeux du producteur. Car d’ici un à deux ans, Joé aimerait construire sa propre maison pour y loger la famille qu’il souhaite avoir. Il aimerait aussi acquérir un troisième robot de traite pour agrandir le troupeau à 180 têtes. D’autres projets mijotent aussi dans sa tête, mais ils sont encore au stade embryonnaire. Décidément, il y a de la fibre entrepreneuriale chez Joé St-Pierre.

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