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À La Coop Rivière-du-Sud, la vie n’est pas un long fleuve tranquille. Bien au contraire, parlons plutôt d’une vague déferlante, car cette dynamique entreprise du comté de Belle­chasse a remporté le titre Étoile-Coop 2009 lors de la 7e édition du concours de la Coopérative Étoile. « C’est le fruit du travail accompli depuis de nombreuses années », souligne fièrement son président, Jocelyn Campagna. « C’est la cerise sur le sundae », ajoute le directeur général Stéphane Bilodeau.

Le concours, organisé par La Coop fédérée, « vise à encourager les efforts des coopératives affiliées dans leur recherche de l’excellence, et met à l’honneur la richesse de la vie associative et les bonnes pratiques de gestion ».

Malgré la lourdeur du climat économique, il y avait de la légèreté dans l’air et l’ambiance était à la fête. Le 10 avril dernier, une journée portes ouvertes à La Coop Rivière-du-Sud soulignait l’obtention du convoité prix. C’était aussi l’occasion pour les dirigeants de procéder à la remise des ristournes, un rituel toujours bien accueilli, tout comme la venue du printemps. Bref, à la coopérative, dont le siège social est situé à Saint-François-de-la-Rivière-du-Sud, tout baigne.

Et c’est au grand bonheur de ses 197 sociétaires et 32 employés qui n’hésitent pas à se mouiller pour mener à bien des projets qui font rayonner l’entreprise. « Les producteurs évoluent, il faut évoluer avec eux », dit Stéphane, des idées plein la tête.

« L’équipe expérimentée de La Coop Rivière-du-Sud est un actif des plus importants de votre coopérative », a indiqué le directeur général dans le message qu’il a adressé lors de l’assemblée annuelle de l’entreprise le 17 février dernier, un peu plus d’une semaine avant la tenue de celle de La Coop fédérée où la décoration leur a été attribuée. Une dizaine de coopératives, dans la catégorie chiffres d’affaires de 10 millions $ et moins, avaient présenté leurs candidatures au concours. Deux autres entreprises ont été retenues finalistes, La Coop Île-aux-Grues et La Coop Montmagny.

Jocelyn Campagna et Stéphane Bilodeau, respectivement président et directeur général, s’accordent pour dire que les forces de la coopérative résident dans la proximité, le service, le travail d’équipe, l’expérience et la flexibilité. « Le bouche à oreille a largement contribué à développer la coopérative, indique le président, en poste depuis six ans. On s’assure que le client soit satisfait et ce n’est pas toujours le prix qui procure satisfaction. Le prix, c’est plutôt facile. Nous, on veut se démarquer en offrant plus de services. »

La succursale de La Durantaye en est un bel exemple. En 2006, on donne un nouveau souffle à cette petite quincaillerie dont la rentabilité traîne de la patte. C’est le propre de la mentalité des gestionnaires de la coopérative, ne rien négliger, ne rien laisser aller. On débloque les fonds nécessaires pour moderniser l’emplacement. Après de multiples visites dans le réseau, Stéphane propose le concept quincaillerie-dépanneur-station-service. « C’est un peu le magasin général d’antan qui revient à la mode, mais adapté au goût du jour », fait savoir le gestionnaire de 38 ans. C’est un véritable succès dès la première année. Chiffres à l’appui. Avant les rénovations, on comptabilisait 400 transactions par semaine. Mais après, on en dénombre plus de 3000 grâce à des heures d’ouverture étendues, de 6 heures à 22 heures, 7 jours par semaine, et l’ajout de nouveaux services. L’idée a fait mouche.
 
De haut en bas : Laurie Labrecque, secrétaire, comptes payables, siège social; Monique Daigle, responsable quincaillerie, et Jeannine Gaudreault, conseillère, quincailleire Berthier- sur-Mer; Martine Bernier, conseillère et caissière, et Serge Allaire, conseiller, quincaillerie Saint-François-de-la- Rivière-du-Sud.

Aussi, dans la même optique, un nouvel entrepôt de matériaux de construction, érigé en 2008 au siège social, permet d’offrir une gamme plus étendue de produits. Parmi les projets sur la table, on entrevoit de développer le réseau de membres auxiliaires (la coopérative en compte 88) et de rajeunir la quincaillerie de Berthier-sur-Mer, un lieu de villégiature situé en bordure du Saint-Laurent où élisent domicile de nombreux ruraux non agricoles. « Il s’agit d’adapter l’offre d’affaires au marché », résume Stéphane. Comme source d’inspiration, les dirigeants ont en tête le village de Saint-Adelphe, où l’on a misé sur la coopération pour relancer l’économie, alors qu’on voyait disparaître les commerces un à un.

Le concept quincaillerie-dépanneur-station-service a été retenu pour donner un nouveau souffle, en 2006, à la succursale de La Durantaye. Un véritable succès. Chiffre d’affaires à l’appui.

Directeur général depuis 11 ans, Stéphane gère également le secteur des grains. Des tâches qui le maintiennent en contact étroit avec de nombreux producteurs. Les échanges téléphoniques sont fréquents et permettent, tout en effectuant des affaires, de prendre le pouls de la clientèle. « Je suis un gars de terrain, dit celui qui a été représentant pendant sept ans avant d’accéder au poste de directeur général. Je fais beaucoup de route avec mes quatre experts-conseils. » Dans un territoire où le plus éloigné des producteurs n’est qu’à 20 minutes du siège social, voilà encore l’occasion de jaser, d’écouter, de comprendre.

Les échanges avec le personnel sont fréquents, et se font bien souvent directement sur leur lieu de travail, à la quincaillerie ou à la meunerie. Vingt minutes suffisent. On établit le plan de match. Et à l’occasion, pour changer d’air, tous se rencontrent dans le cadre d’un 5 à 7. Aussi, la porte du bureau de Stéphane est-elle toujours ouverte. Employés et producteurs peuvent, à tout moment, venir discuter avec lui. C’est un peu comme une clinique sans rendez-vous, mais où il n’y a pas d’attente. Un système à une seule vitesse qui fonctionne bien.

La coopérative compte plusieurs employés d’expérience. Et le roulement est à peu près inexistant. Ces derniers, de leur plein gré, se forment régulièrement, entre autres par l’entremise de l’Académie La Coop. Il en est de même pour les dirigeants et administrateurs. L’entreprise cumule annuellement quelque 600 heures de formation. « On est là pour se surpasser, pour se donner des ailes », dit Stéphane au nom de toute son équipe. En outre, on utilise de bons outils de communication pour garder le contact avec les producteurs. Mentionnons un journal adressé à tous les sociétaires ainsi qu’un site Internet qu’ils peuvent utiliser pour contacter la coop.

Un exercice de planification stratégique a été mis en marche en 2008. Comme toujours, l’accroissement des parts de marché figure en tête de liste. Dans le secteur quincaillerie et matériaux, les acquisitions et rénovations sont dans la ligne de mire. On vise aussi le secteur laitier et végétal, car la coopérative fait déjà affaire avec 65 % des producteurs laitiers du territoire. Selon les dirigeants, il y a place pour en attirer encore davantage dans le réseau. « La région abrite un bon bassin de producteurs laitiers prospères et aux assises solides, dit Stéphane. Le quota demeure en région et les producteurs, qui ont confiance en l’avenir, ne craignent pas d’investir. Nous voulons être le reflet de nos membres. »
 
De haut en bas: Mario Labonté, conseiller, quincaillerie La Durantaye; Estelle Latulipe, responsable du dépanneur Soni-Choix, La Durantaye; Raymond Ouellet, responsable quincaillerie, La Durantaye et Patricia Deschamps, conseillère et caissière, quincaillerie Saint-François-de-la-Rivière-du-Sud.

Dans leur approche, les gestionnaires de la coopérative favorisent la philosophie des petits pas. « On absorbe les investissements avant de se lancer dans autre chose », dit Jocelyn. Une vision couplée à des valeurs clairement identifiées et auxquelles tous adhèrent : éthique, respect, sens des résultats, travail d’équipe, ambition, créativité.

La dette de l’entreprise est peu élevée et les finances de la coopérative sont dans une situation enviable. Le chiffre d’affaires connaît une croissance ininterrompue depuis de nombreuses années. De 4 millions $ en 1991, il est passé à plus de 10 millions $ en 2008. Au-delà de 65 % des transactions sont réalisées avec les sociétaires dont 44 % ont participé à l’assemblée générale annuelle. Un beau témoignage du sentiment d’appartenance qui les anime.
 
Les quatre experts-conseils du service technique de la coopérative. De gauche à droite : Dominique Buteau, dta; Michel Labonté; Sébastien Moffet, dta; et Stevan Chamberland, agr.

Le trop-perçu d’exercice connaît aussi une hausse constante. Il a atteint près de 230 000 $ l’an dernier. Quant à l’avoir de la coopérative, il s’élève à 65 %, soit bien au-dessus de la moyenne.

Chaque année, la coopérative distribue au comptant la totalité des ristournes qu’elle déclare. Depuis la dernière décennie, elle a versé en moyenne 100 000 $ par année, soit plus d’un million $. « C’est une belle publicité pour la coopérative, admet Stéphane. Ces liquidités se retrouvent immédiatement dans la poche des producteurs. Dans chaque projet que l’on met de l’avant, on a toujours une pensée à savoir s’il aura un effet négatif sur les ristournes à attribuer. »
 
Sylvie Noël, secrétaire, compte clients, au siège social de la coopérative.

Le président et le directeur général ont fréquenté la même école, l’ITA, campus de La Pocatière. Stéphane y étudiait la Gestion conseil, alors que pour Jocelyn, c’était la Gestion et exploitation d’entreprise agricole. Stéphane a poursuivi ses études en administration à l’Université du Québec à Rimouski. Jocelyn, de son côté, a joint il y a 10 ans un syndicat de gestion. Outre le président, le conseil se compose de quatre autres membres : Fabien Gagnon, ex-président, Olivier Corriveau, vice-président, et détenteur d’un baccalauréat en administration, Mélanie Boulet et Guillaume Sylvain. Des effectifs réduits, mais efficaces. Jeunesse et dynamisme caractérisent ce groupe de gens d’affaires qui préconise une gestion rigoureuse des opérations, sans pour autant avoir le pied sur le frein. « C’est l’héritage des anciens membres du conseil qui souhaitaient laisser la coopérative entre les mains d’une relève jeune et expérimentée », mentionne Jocelyn.

« Le service, le service, le service, répète Stéphane. C’est notre crédo, en lien avec le projet Chrysalide de La Coop fédérée pour permettre de réaliser des économies qui se retrouveront, tout comme les ristournes, dans la poche des producteurs. »

Gaétan Allaire, responsable de la meunerie

Puisqu’elle est dépourvue d’une cubeuse d’aliments pour le bétail, la meunerie de la coopérative n’a pas été retenue lors du processus d’optimisation des infrastructures du réseau, réalisé dans le cadre du projet Chrysalide. D’autant plus que, récemment, la coopérative a transféré 70 % de sa fabrication de moulées aux installations de La Coop fédérée à Saint-Romuald, situées à proximité de son territoire d’activités. Aussi, l’entreprise a-t-elle opté, depuis 18 mois, pour les services d’un transporteur forfaitaire. « C’est l’idée de l’arrière-boutique, où l’on maximise l’utilisation des structures du réseau, et du pignon sur rue, qui assure un service toujours hors pair, des produits de qualité et des économies », commente Stéphane.

À travers tout cela, La Coop Rivière-du-Sud se soucie du bien-être de sa communauté. Elle a versé 9 % de ses trop-perçus en dons et commandites dans le milieu en 2008, soit plus de 10 000 $. La relève agricole, les écoles, la municipalité et la Société canadienne du cancer sont quelques-unes des causes qu’elle soutient.

Avant qu’elle n’adhère en 2008 au programme d’aide à la relève de La Coop fédérée, La Coop Rivière-du-Sud avait, depuis 2001, son propre programme. Cinq jeunes âgés de 35 ans et moins étaient invités chaque année à rencontrer les employés et membres du conseil, ainsi qu’à visiter les installations de la coopérative. Vingt et un d’entre eux ont touché 1000 $ pour les aider à réaliser leur rêve d’établissement.

L’an prochain, en 2010, l’Étoile-Coop célébrera son 75e anniversaire de fondation. Elle puisera alors dans son passé pour mieux bâtir l’avenir. Un avenir qui s’annonce, pour le moins, brillant.
 
Guy Simoneau, livreur, dans le tout nouvel entrepôt de matériaux de construction érigé au siège social


Le concours de la Coopérative Étoile 2009

La sélection des trois finalistes a été effectuée sur la base de critères rigoureux comprenant la vie associative, la gestion des ressources humaines et de l’environnement, ainsi que la performance financière.

Les membres du jury étaient Denis Richard, président de La Coop fédérée, Gaston Blais, alors administrateur à La Coop fédérée et Claude G. Couture, administrateur à La Coop fédérée. Le concours sera clôturé en août, à l’assemblée semestrielle de La Coop fédérée, où une vidéo mettant en valeur les bonnes pratiques de l’Étoile-Coop 2009 sera présentée



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