La sécurité alimentaire mondiale sera l’enjeu le plus important du 21e siècle. Mais nourrir neuf milliards d’habitants d’ici à 2050 dans une économie globalisée sans que les échanges agricoles ne soient régulés, c’est courir le risque d’aller de famines en effondrement de prix. C’est le constat que fait momagri, le Mouvement pour une organisation mondiale de l’agriculture.




Dans un monde où 43 % de la population dépend de l’agriculture, il y a absence de gouvernance internationale en matière agricole », indique Jacques Carles, cofondateur et délégué général de momagri, et conférencier à l’assemblée générale annuelle de La Coop fédérée en février dernier. Momagri veut pallier cette faiblesse pour assurer une vie décente aux 2,8 milliards de paysans du globe et la sécurité alimentaire à l’ensemble de ses habitants. Puisque l’agriculture s’est émiettée dans toutes les organisations internationales, OMC, FAO, FMI, PAM, OCDE, etc., dit-il, il faut mettre sur pied une organisation mondiale de l’agriculture qui favorise à la fois le développement, la sécurité alimentaire, l’environnement, le commerce et l’économie. Momagri veut aussi amener les décideurs à ne plus prendre les produits agricoles pour des marchandises comme les autres. L’organisation, cofondée en France en 2006 avec Pierre Pagesse, président de la coopérative Limagrain (voir l’entrevue en page 21) démontre à ce chapitre que, d’une année à l’autre, il ne peut y avoir d’égalité entre l’offre et la demande. « Ce qui est tout à l’inverse des produits transformés, voitures, chaussures ou T-shirts, dont il est relativement facile d’adapter la production à la demande en gérant les usines, et parmi lesquels on s’entête à placer les denrées agricoles. Comme si, parce qu’on produit deux fois plus, on allait manger deux fois plus. C’est totalement absurde », dit Jacques Carles.

Zones d’influence
« À l’aide de nouveaux indicateurs ciblés, nous proposons de prendre le relai de l’OMC qui n’a pas les données ni les statistiques nécessaires pour se prononcer en matière agricole », informe Jacques Carles. Ces indicateurs prendront en compte les risques climatiques et de marché, l’environnement, la désertification, les ressources hydriques, la pauvreté, l’innovation, les investissements en agriculture, les intentions d’ensemencement, etc., et ce, dans 10 grandes zones à l’échelle du globe suivant un découpage bien précis (voir l’encadré). Pourquoi? « Parce que la planète n’est pas peuplée d’un seul type de consommateur ou d’agriculteur, explique-t-il. Aussi, nous voulons éviter que l’agriculture mondiale se concentre demain dans quelques zones géographiques bénéficiant d’avantages indus (territoires immenses, protections sociales absentes, mépris pour l’environnement) pouvant affecter la sécurité alimentaire mondiale. »

Les informations recueillies permettront, grâce à des modèles de simulation, de formuler des prévisions. « L’agriculteur ne peut pas prendre tous les risques inhérents à son secteur, dit Jacques Carles. Il faut éviter les interventions publiques systématiques, mais en temps de crise, lorsque les prix sont très bas, l’État doit intervenir. »

Momagri souhaite déterminer chaque année des prix d’équilibre qui respectent à la fois le consommateur et le producteur pour chaque produit que l’on récolte dans chaque grande zone économique. « Vouloir libéraliser les marchés sans mettre en œuvre des méthodes de régulation à l’échelle mondiale ou à l’échelle locale, c’est s’exposer à la cause première de la volatilité déjà excessivement importante et terriblement aggravée par la spéculation, estime Jacques Carles. À la bourse de Chicago, on a analysé que 95 % des contrats qui s’y transigeaient dans le domaine des céréales étaient purement spéculatifs. »

Une démarche coopérative

C’est Limagrain (www.limagrain.com) qui a financé seule le projet pendant deux ans. Plusieurs autres coopératives lui ont emboîté le pas à titre de bailleurs de fonds, dont InVivo et Euralis, puis FNPSMS (une fédération de semenciers) et le Crédit agricole. Le mouvement s’internationalise et s’ouvre à d’autres coopératives. La Coop fédérée s’y intéresse particulièrement (voir l’entrevue avec Denis Richard à la page 20).





Par ses modèles qui collent aux réalités du monde agricole, momagri séduit de plus en plus d’organisations, dont La Coop fédérée. Entretien avec son président, Denis Richard.


Coopérateur agricole
En quoi le modèle momagri intéresse-t-il La Coop fédérée?

Denis Richard La façon dont travaille l’Organisation mondiale du commerce (OMC) dans la libéralisation de la mise en marché des denrées agricoles comporte des risques pour la planète, on ne peut en douter. La gestion de l’offre est une façon de faire pour s’en prémunir et à laquelle La Coop fédérée adhère. Nous soutenons aussi la souveraineté alimentaire, tout comme momagri, pour trouver un moyen de sensibiliser l’OMC au fait que l’agriculture ne fait pas partie des biens de consommation normaux. En effet, la demande pour les denrées agricoles est peu variable et peu influencée par le prix, alors que l’offre, elle, est cyclique et très variable. En raison de la température, des maladies tant chez les animaux que chez les plantes, et de multiples facteurs incontrôlables d’une année à l’autre et que personne ne peut prédire.

  • Un marché dérèglementé est donc incompatible avec l’agriculture?
  1. Oui. Si on laisse le marché aller librement, en période d’abondance les prix chuteront. Sans soutien, plusieurs producteurs ne pourront ensemencer l’année suivante ou maintenir des élevages. En revanche, si on fait face à un problème climatique, on peut alors se retrouver en pénurie et en situation de famine, car la demande restera la même. Un contexte déréglementé entraîne des fluctuations énormes, imprévisibles, année après année, et menace la sécurité alimentaire de la planète. Tous les pays industrialisés ont des budgets pour aider l’agriculture. Pour nourrir sa population, il faut s’assurer que l’agriculture ne soit pas mise à mal.
  • Momagri favorise-t-il l’intervention gouvernementale?
  1. Quand il y a des crises, ils sont d’avis que les États doivent intervenir. C’est ce qu’on a vu l’an dernier lorsque les prix se sont emballés. Pour éviter des émeutes, des pays ont fermé leurs frontières et cessé leurs exportations d’aliments de manière à ce que la population n’en manque pas. Il y avait un impératif national et les pays devaient agir, peu importe s’ils étaient d’accord ou non avec les règles de l’OMC. Alors, ça prend des moyens d’intervention qui seront acceptés par l’OMC. Cela dit, momagri soutient qu’il est bon d’ouvrir les frontières à la grandeur de la planète pour faire circuler les denrées agricoles. Mais on doit d’abord s’assurer de nourrir sa population, c’est le principe de la souveraineté alimentaire. Pour cela, il est nécessaire d’avoir de légers surplus et de les contrôler de façon à gérer un stock de report raisonnable d’une année à l’autre.

 
  • Momagri est pour la gestion de l’offre…
  1. C’est un moyen d’intervention parmi tant d’autres. Momagri ne le voit pas nécessairement comme LE moyen à privilégier. Il peut fonctionner dans certaines régions du monde et non pas dans d’autres. Par exemple, imaginez essayer de gérer la production de maïs aux États-Unis, c’est impensable. Il y a trop de facteurs externes. Momagri intègre le maximum de données dans leur modèle pour tenter de trouver la meilleure façon d’assurer la sécurité alimentaire sur la planète.
  • La Coop fédérée envisage d’adhérer à momagri, qu’est-ce que l’entreprise et le réseau pourraient aller y chercher?
  1. Nous avons la responsabilité de trouver, pour le bien des sociétaires du réseau, des moyens de minimiser les effets de l’ouverture incontrôlée des frontières, car les variations importantes du prix des denrées qui en résulteraient pourraient leur causer des problèmes de liquidités qui mettraient à mal leur entreprise. Momagri est un moyen intéressant que l’on étudie actuellement en profondeur. S’il a des chances d’aider l’agriculture québécoise à mieux s’en sortir, et de contribuer au mieux-être des membres de La Coop fédérée, on y adhérera et on s’y engagera à fond. En leur fournissant de l’information de sorte qu’il puisse peaufiner leur modèle en le testant dans le cadre d’une agriculture nordique pratiquée en Amérique du Nord.






Cofondateur de momagri, Pierre Pagesse veut mettre sur pied une politique agricole mondiale.



Coopérateur agricole Sur quoi une telle politique pourrait-elle reposer?

Pierre Pagesse Sur quelques grands principes disant que l’alimentation ou la production agricole a un caractère de bien public, de droit fondamental. Comme l’air, l’eau et la terre. Et que si on veut une production agricole le plus régulière possible, les agriculteurs doivent être rémunérés sur la base d’un prix international d’équilibre, à l’intérieur d’une fourchette, qui repose sur les vrais coûts des facteurs de production. Il ne s’agit pas de fixer le prix des denrées à l’échelle de la planète. Par exemple, on met une location de terre partout, un tarif d’entreprise pour la moisson, etc., en tenant compte des aléas climatiques, pour comparer des choses le mieux possible et éviter la spéculation. Entre un Canadien, un Européen, un Chinois et un Indien, il y a des différences, mais en matière de coûts de revient, elles ne sont pas aussi éloignées que ça. Aussi, la théorie des avantages comparatifs en agriculture ne marche pas.

 
  • Que voulez-vous dire?
  1. Par exemple, il se consomme 650 millions de tonnes de blé dans le monde. En Australie, le prix de revient du blé, c’est le meilleur de la planète. Les bonnes années, l’Australie en exporte 10. Faut-il aligner les 640 millions de tonnes de blé restantes dans le monde sur les 10 d’export de l’Australie? Non.
  • La spéculation fait beaucoup de tort à l’agriculture.
  1. Tant qu’il y avait des stocks dans les grandes zones de production, quand les prix s’envolaient, il y avait un prix minimum pour permettre au paysan de vivre et les États pouvaient remettre le stock sur le marché, ce qui évitait la spéculation financière. Dans le modèle momagri, si les prix sur le plan international sont à l’extérieur de la fourchette de prix, on permet aux pays de s’autoprotéger, d’avoir des clauses de sauvegarde automatiques. Et selon les degrés de développement, on pourrait accorder à certains pays des protections supplémentaires pour permettre à leur agriculture vivrière de décoller. Au Cameroun, ils ont réussi à décrocher 20 % de droit de douane par rapport aux cuisses de poulet américaines. La production de poulet a redémarré. Ces principes ne sont pas plus compliqués à mettre en œuvre que les différentes politiques agricoles actuelles.
  • Y a-t-il des réticences à l’instauration de règles?
  1. Au début, quand on proposait des régulations, on n’était pas écouté du tout. Aujourd’hui, le mot régulation n’est plus un gros mot. Pour faire face à la crise financière, on s’est aperçu qu’il fallait mobiliser des moyens communs. Le jour où il y aura la crise alimentaire, ce n’est pas la planche à billets qui amènera les tonnes de lait, de viande et de blé sur le marché.
  • Vous êtes pour la souveraineté alimentaire et la gestion de l’offre. Pourquoi, selon vous, ces modèles sont-ils porteurs d’avenir?
  1. La souveraineté alimentaire n’est pas possible partout. Mais on peut assurer l’optimum de la sécurité alimentaire dans un certain nombre de pays. Le Japon ne sera jamais indépendant sur le plan alimentaire tout comme d’autres pays d’Asie. Dans le lait, le meilleur moyen d’équilibrer les marchés, c’est la gestion de l’offre. C’est sans doute pour les produits périssables le moyen le plus intelligent. On ne transporte pas les yaourts comme les tonnes de maïs ou de blé. Pour la production végétale, tout en laissant la priorité à l’alimentation, un nouveau champ d’investigation non alimentaire s’ouvre et peut nous aider globalement à gérer cette offre. En évitant que l’on croule à nouveau sous les stocks, puisque c’est un des principaux arguments qu’on nous a opposés pour nous amener la libéralisation des marchés.
  • Comment momagri pourrait se traduire pour le Canada et le Québec?
  1. Comme mes collègues canadiens, je rêve de pouvoir vivre décemment du prix de mon produit. Dans une économie de marché, normalement, la vente à perte – le dumping – est interdite. Mais elle est institutionnalisée en agriculture sur le plan planétaire. On est producteur agricole parce qu’on aime son métier, mais on se trouve un peu démuni parce qu’on n’a pas les fruits de notre travail. Aujourd’hui, l’aide de l’Europe est plus importante que mon résultat net. Sur mon exploitation, je fais des calories pour nourrir 1000 personnes pendant un an. Dans l’économie dans laquelle je suis, je ne pourrais pas sans l’aide du budget européen me nourrir moi-même. Il y a là un non-sens fondamental. Il faut donc des règles pour permettre à tous les agriculteurs de vivre du fruit de leur travail sans attendre les subsides des décisions politiques.
  • Avez-vous bon espoir que les nations adhèrent à votre mouvement?
  1. Il y a un peu d’utopie, dans tout ça, mais l’utopie, ce n’est pas l’irréalisable, c’est l’irréalisé! Nous avons une responsabilité, un devoir. Comment éclairer ceux qui voient un peu moins clair dans tous nos problèmes agricoles pour faire en sorte que ça avance dans le bon sens? Ma grand-mère disait : l’espoir, c’est le pain des malheureux. Eh bien, on va continuer d’espérer…


Un pays qui n’a pas un minimum d’indépedance alimentaire est un impolitique, quelle que soit la puissance de son économie.

Pierre Pagesse






Le Mouvement pour une organisation mondiale de l’agriculture (momagri) a développé un modèle économique qui suscite une vive curiosité au sein de la communauté scientifique. « Suite à nos prévisions de la chute des prix en 2008 où tout le monde croyait le contraire, la plupart des experts ont commencé à nous témoigner beaucoup d’intérêt » souligne Bastien Gilbert, conseiller de momagri.

Un modèle économique est une esquisse de la réalité, représentée par des formules mathématiques expliquant le fonctionnement des marchés agricoles. Ces modèles économiques jouent un rôle considérable, car ils guident la prise de décisions des grandes instances internationales.

D’après les dernières simulations du modèle économique momagri, une libéralisation sans mesures de régulation amplifierait la volatilité des prix agricoles. Ce phénomène d’instabilité des prix, accentué par la financiarisation non contrôlée des marchés et la spéculation abusive, renforcerait l’incertitude à laquelle différents acteurs économiques seraient confrontés. « Si la volatilité des prix agricoles se maintenait au niveau que nous avons connu dans les dix dernières années, il faudrait craindre de revivre les émeutes de la faim que nous avons vu éclore dans le monde », a déclaré Bertrand Munier, économiste en chef de momagri et professeur à l’Institut d’administration des entreprises de Paris et à Arts et Métiers ParisTech. En fait, les fortes fluctuations des cours mondiaux menacent sérieusement la sécurité alimentaire.

Les résultats de l’étude de momagri anticipent également une baisse dramatique des revenus agricoles au niveau mondial au cours des quinze prochaines années (voir le tableau ci-dessous). Les conclusions de l’organisation démontrent clairement que l’effondrement des revenus laisse présager une destruction massive de l’économie agricole de plusieurs pays, particulièrement les plus vulnérables. Cette démonstration contredit totalement le régime de l’OMC laissant croire que tous profiteraient de la libéralisation.

Afin d’éviter que l’OMC ne décide du sort de l’humanité avec des arguments pouvant biaiser les décisions politiques, il importe de revenir à la table de négociation et défendre les différentes positions en tenant compte des spécificités agricoles. Sachant que plus de 40 % de la population de la planète dépend de l’agriculture et que près d’un milliard de personnes souffrent de la faim, il ne faut donc pas remettre leur destinée entre des mains invisibles, mais bien entre des mains outillées d’éléments qui intègrent cette réalité agricole.

Rencontre d’experts agricoles internationaux à Paris
Les 4 et 5 juin derniers, momagri a invité une trentaine d’économistes internationaux venant de différentes organisations (Banque mondiale, FMI, FAO, OCDE, universités, différents ministères et entreprises privées dont La Coop fédérée) à assister à son workshop. Lors de cet atelier de travail qui s’est déroulé à Paris, B. Munier a ouvert le bal de la discussion sous le thème L’incertitude et
 
Selon Pierre Pagesse, la production agricole occupe entre 60 % et 65 % des terres du globe. « À plus ou moins 2 % de décalage entre offre et demande, vous avez des variations de prix de 1 à 3. Aucun secteur économique ne peut résister à une telle instabilité », dit-il.
la volatilité des prix des produits agricoles. Cette rencontre a permis aux économistes de haut calibre de présenter les résultats de leur recherche sur la volatilité des prix agricoles. Il s’ensuivit des échanges fort constructifs d’où résultèrent deux constats dominants.

Premier constat : la négligence d’incorporer les facteurs d’incertitudes et de risques dans la modélisation courante, dont la volatilité des prix agricoles mène à des décisions erronées.

Deuxième constat : il faut réformer la conception des modèles actuels afin de reproduire le plus fidèlement possible la réalité du monde agricole. L’équipe de momagri prétend détenir ce modèle.

Un modèle unique en son genre!
Basé sur les grandes prémisses de la théorie de l’équilibre général, le modèle momagri inclut près de 20 000 équations! Par son originalité, momagri fait l’effort honorable de vouloir modéliser la réalité. Même si le modèle n’est pas encore au point il est plausible, selon la professeure Shyama Ramani, de l’Université de Maastricht (Pays-Bas). Peter Timmer de l’Université Harvard, auteur le plus cité de la communauté scientifique, renchérit en le qualifiant de très novateur. En effet, le modèle momagri est le seul à tenter de modéliser les variables aussi complexes que le comportement de différents agents économiques, tels les anticipations des agriculteurs, la spéculation et les aléas naturels.

Les limites du modèle Bien que le modèle momagri donne des résultats probants, il ne peut tout expliquer. « Il faut être prudent, car ce modèle maintient la demande et le taux de change constants, ce qui ne reflète pas tout à fait ce qu’on observe sur les marchés agricoles », a rappelé Shaun Roach de la FMI. Même prudence chez Ludovic Subran, de la Banque mondiale, emboîte le pas en commentant : « Ce modèle soulève encore beaucoup de questions. Tant qu’il n’y pas d’autres explications et plus d’éclaircissements, ce n’est qu’un modèle. »

 
 

Sachant que les prises de décisions nationales et internationales reposent en grande partie sur des modèles économiques, il est nécessaire de développer un modèle transparent et adapté aux caractéristiques des marchés agricoles, d’où l’importance des travaux de recherche de momagri.

Selon Pierre Pagesse, la production agricole occupe entre 60 % et 65 % des terres du globe. « À plus ou moins 2 % de décalage entre offre et demande, vous avez des variations de prix de 1 à 3. Aucun secteur économique ne peut résister à une telle instabilité », dit-il.

Retour



Copyright © 2014 La Coop fédérée | Tous droits réservés