Les pesticides offrent des avantages en matière de protection des cultures, mais ils comportent également une part de risques pour celui qui les manipule et pour l’environnement. Afin d’éviter que l’usage de ces produits ne détériore la qualité de l’eau, il est possible d’agir sur les risques de pollution diffuse, en adoptant des pratiques de réduction de l’érosion, par exemple, et sur les risques de pollution directe, tels le rinçage et le nettoyage du pulvérisateur de manière adéquate.



Le terme « effluents phytosanitaires » regroupe les restants de bouillie non utilisée, les fonds de cuve non pulvérisables et les eaux de nettoyage. Il convient donc de différencier les surplus de bouillie, qui peuvent dans certains cas être appliqués sur une autre parcelle nécessitant le même traitement, des fonds de cuve, correspondant à la quantité de bouillie demeurant dans le système à la fin du traitement et non pulvérisable.

Éviter les surplus
Évidemment, il est relativement simple d’éviter d’avoir à gérer des surplus de bouillie en ayant de bonnes pratiques de gestion des pesticides. D’abord, il est essentiel de bien calculer la quantité de produits et le volume de bouillie nécessaire au traitement des parcelles ciblées et réduire au minimum le volume de sécurité supplémentaire « au cas où ».

Notons que les eaux du triple rinçage des contenants de pesticides peuvent être versées dans le réservoir avant l’arrosage.

Pour préparer le volume de bouillie requis, une bonne connaissance du pulvérisateur est essentielle et passe par une calibration par une personne qualifiée. Cette opération permet de confirmer entre autres le débit de sortie et la capacité exacte de la cuve. Il serait également intéressant de connaître le volume d’eau utilisé lors de la préparation de la bouillie pour éviter les erreurs. La tenue d’un registre des applications de pesticides dans lequel les volumes utilisés sur une parcelle et les surplus générés, s’il y a lieu, sont bien consignés permet d’éviter de reproduire ces surplus lors d’applications ultérieures. Malgré cela, il demeure qu’une quantité de bouillie restera dans le système à la fin de l’arrosage. Il est recommandé de pulvériser jusqu’au désamorçage de la pompe, c’est-à-dire jusqu’au moment où le débit est très faible au niveau des buses et qu’il n’y a plus de pression dans le système. Encore une fois, cette façon de faire vise à réduire le plus possible la quantité de matière active qui se retrouvera dans les eaux de rinçage.

Dans les cas où un important surplus de bouillie est généré malgré tout, comme il peut avoir les propriétés d’une matière dangereuse selon le Règlement sur les matières dangereuses, il doit être recyclé ou éliminé par des détenteurs de permis du ministère du Développement durable, de l’Environnement et des Parcs du Québec (MDDEP).

Rincer au champ
Une fois la pulvérisation terminée, le rinçage au champ est la méthode qui consiste à diluer sur place le fond de cuve avec de l’eau pour ensuite pulvériser les eaux de rinçage sur la parcelle qui vient d’être traitée. Évidemment, cela suppose que de l’eau claire est disponible au champ ou à proximité ou que le pulvérisateur soit équipé d’un réservoir de rinçage. Ce réservoir devrait être d’une contenance d’au moins 10 % du volume de la cuve principale du pulvérisateur. Il est possible, dans certains cas, de fixer un réservoir aux pulvéri­sateurs s’ils n’en ont pas déjà.

On recommande de diluer le fond de cuve en ajoutant au moins 10 fois son volume en eau et de l’appliquer sur la parcelle qui vient d’être traitée, pourvu que la dose homologuée pour le traitement initial ne soit pas dépassée. Pour un pulvérisateur ayant un fond de cuve de 20 L, il faudrait donc un volume d’eau de 200 L. Il est intéressant de noter toutefois qu’il est encore plus efficace de rincer plusieurs fois avec moins d’eau qu’une seule fois avec une grande quantité d’eau.

Par exemple, si un fond de cuve de 20 L contenait 175 g de matière active après arrosage :
  • avec un rinçage de 200 L d’eau, les 175 g initiaux seraient réduits à 8 g de matière active.
  • avec trois rinçages de 67 L chacun, les 175 g initiaux seraient réduits à 0,3 g de matière active.

Puisque qu’un rinçage tardif de l’intérieur du pulvérisateur peut provoquer des blocages et des incrustations autant dans la cuve que dans les circuits, cette méthode rapide au champ accélère le temps de nettoyage tout en limitant les risques de pollution ponctuelle, et ce, sans nécessiter d’aménagements ou d’installations particulières. Par contre, le fait de ne pas disposer de suffisamment d’eau claire sur place pourrait représenter une contrainte. Le temps nécessaire pour le rinçage dépend du volume d’eau disponible et du débit du pulvérisateur. En reprenant le même exemple, si le débit du pulvérisateur, à la pression de fonctionnement, est de 8 L/min., cette opération prendra en tout 25 minutes.

En terminant, rappelons qu’il est interdit d’appliquer des pesticides à moins de 3 m d’un cours d’eau, de 1 m d’un fossé et de 30 m d’un puits. Les eaux de rinçage devraient également être épandues à plus de 50 m des cours d’eau et des puits. Il n’est évidemment pas recommandé non plus d’appliquer ou de déverser les eaux de rinçage ou les surplus de bouillie dans les égouts, sur les chemins de ferme ou dans une structure d’entreposage d’engrais organique.
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