Le 1er avril dernier, Groupe Dynaco, coopérative agroalimentaire a inauguré son usine de cogénération, un nouveau procédé pour alimenter en vapeur les diverses opérations quotidiennes de la meunerie de Saint-Philippe-de-Néri. Une première en Amérique du Nord! Une initiative verte, rentable et surtout durable.

Qu’est-ce que de la cogénération? La biomasse?
La cogénération consiste à produire en même temps et dans une même installation de l’énergie thermique (chaleur) et de l’énergie mécanique (vapeur ou électricité). Lorsqu’on parle d’énergie, la biomasse regroupe l’ensemble des matières organiques pouvant devenir des sources d’énergie thermique. Dans le cas de Groupe Dynaco, le besoin est de créer de la vapeur pour alimenter divers besoins quotidiens de la meunerie dont la cubeuse sur la chaîne de production de l’alimentation animale, le séchage des grains au centre de grain puis, éventuellement, le chauffage des bureaux et des entrepôts de la meunerie. La biomasse qu’utilise Groupe Dynaco est essentiellement constituée de résidus forestiers qui ne seraient pas utilisés autrement. Bref, des déchets. Pour une usine de cogénération, telle que celle de Saint-Philippe-de-Néri, la biomasse devient précieuse et très utile. C’est de la récupération extrême de résidus forestiers afin de leur donner une deuxième vie. En résumé, l’usine de cogénération est alimentée par de la biomasse forestière. La combustion de cette biomasse permet de dégager de la chaleur puis de produire de la vapeur.

Comment ça fonctionne?
L’usine de cogénération de Groupe Dynaco est entièrement automatisée, c’est-à-dire qu’un ordinateur contrôle chacun des paramètres de production de la vapeur pour la meunerie, et ce, 24 heures par jour. Dans un premier temps, la biomasse est entreposée dans deux unités de stockage distinctes. Par un système de piston et raclette, la biomasse est acheminée dans la chambre de combustion par un système de convoyeur où de puissants aimants s’assurent qu’aucune particule de métal ne s’infiltre. À l’aide d’un système de vis sans fin, la biomasse est transportée dans la chambre de combustion où un feu, dont l’apport d’air est contrôlé par un automate, brûle la biomasse. La température peut y atteindre 1800 ºC. Les gaz (la chaleur) produits sont ensuite acheminés vers la bouilloire où ils repasseront plusieurs fois au même endroit pour transmettre la chaleur à l’eau. Lorsque le système jugera que les gaz auront été brûlés suffisamment et qu’ils ont transféré le maximum de chaleur à la bouilloire, ils passeront par un système de nettoyage complexe afin de dépoussiérer entièrement l’opération. Si les gaz sont encore trop chauds, ils retourneront à la bouilloire. S’ils ont suffisamment dégagé de chaleur, ils pourront être évacués après avoir fait un dernier tour dans un système de filtration. Fait intéressant, pour un chargement d’une remorque entière de biomasse, il n’en reste qu’un baril de 20 litres. La vapeur produite est ensuite acheminée par un tuyau isolé dans un tunnel souterrain jusqu’à la meunerie.
Enfin, les normes d’émission de particules se sont particulièrement resserrées récemment. La norme québécoise est de moins de 600 grammes par mètre cube d’air et Groupe Dynaco en est à moins de 340 grammes par mètre cube d’air, ce qui démontre l’aspect environnemental du
processus.

L’usine de cogénération de Groupe Dynaco contient deux unité de stockage de biomasse. Par un système de raclette et de vibration, la biomasse est entraînée vers la chambre de combustion pour être transformée en énergie. Ci-dessus, en haut, vue intérieure de l’unité de stockage et en bas, vue extérieure.

Vert et rentable
Plusieurs facteurs ont influencé le choix de Groupe Dynaco d’aller de l’avant avec la filière biomasse. Historiquement, la bouilloire de l’usine de Saint-Philippe-de-Néri était alimentée par une seule source d’énergie : l’huile à chauffage. Les fluctuations de prix de ce carburant et d’importants travaux de réfection à apporter à la bouilloire ont poussé les dirigeants de Groupe Dynaco à repenser le mode de fabrication de vapeur. Pour Jean-Yves Lavoie, directeur général de la coopérative, le projet de biomasse a fait sa place. « De plus en plus, la bouilloire nécessitait des investissements pour améliorer sa performance et sa capacité. De cela naquit l’idée de réinventer la manière de produire de l’énergie pour chauffer l’eau dans une bouil-loire plus performante. L’utilisation de la biomasse forestière ou agricole comme source d’énergie a été analysée. L’idée a pris peu à peu de l’importance, puis s’est concrétisée. » Pour Daniel Roy, directeur meunerie, productions animale et végétale et porteur du dossier en collaboration avec son équipe, il fallait trouver une solution aux coûts de production des aliments. « Dans l’optique du grand projet Chrysalide, l’aventure de Groupe Dynaco avec la biomasse permet d’économiser 70 % des coûts d’énergie de production de vapeur et de rentabiliser les 1,5 million $ nécessaire à la construction de l’usine de cogénération. »

La rentabilité du projet a dès le départ été un argument important dans la prise de décision. Les dirigeants de Groupe Dynaco pensent rentabiliser le projet rapidement afin d’offrir un meilleur prix aux producteurs agricoles pour l’alimentation de leur troupeau tout en demeurant très compétitif.

Un autre volet à ne pas négliger dans la réflexion de Groupe Dynaco est l’environnement. La matière première, des copeaux de bois produits par des fournisseurs locaux dans un rayon de 100 km, a pesé lourd dans la balance. L’utilisation de la biomasse et l’économie dans le transport apportent des points au bulletin environnemental de Groupe Dynaco. La coopérative ne rejette plus les 1000 à 1500 tonnes de CO2 par année attribuables à l’ancienne chaudière. Bref, un projet bon pour l’environnement et financièrement intéressant.

Biomasse agricole
L’usine de cogénération n’est que la première phase de la filière biomasse de Groupe Dynaco. En collaboration avec La Coop fédérée, la coopé-rative se penche actuellement sur un plan de valorisation des terres agricoles non utilisées. Objectif : valoriser ces terres en y faisant pousser de la biomasse agricole telle que du saule-osier et du panic érigé afin d’alimenter les futures usines de cogénération ou de granules de la région. Elle a également procédé à la plantation de parcelles à deux endroits de manière à améliorer les pratiques culturales. Une autre façon de diversifier l’agriculture et d’améliorer le revenu des agriculteurs! Qui a déjà dit qu’être vert n’était pas rentable?

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