Contexte du prix du porc difficile, prix des intrants plus élevés, normes environnementales rigoureuses, autant de contraintes pour nous démotiver. Dans cette situation, le choix des tâches nécessaires prend son importance. À ce chapitre, les normes environnementales 2010 sonnent à nos portes. Pour plusieurs fermes porcines du réseau La Coop le dossier est clos. Nous vous invitons à partager le travail effectué chez l’une d’entre elles.
Le but : ne pas augmenter les coûts de production en surdosant l’aliment et les fosses.

En fait, le phosphore joue un rôle spécifique à plusieurs égards chez le porc. Son engagement est bien défini dans le développement et l’entretien du squelette, dans la synthèse des acides aminés et des protéines, dans l’utilisation et le transfert d’énergie. L’importance de formuler adéquatement les aliments afin de maintenir les performances d’élevage sans le surdoser etaugmenter ainsi les rejets est de mise!

Dans la dernière année, le travail effectué en régie d’élevage a touché les points suivants :

- Respect des phases d’aliment selon le poids des porcs;
- Programme alimentaire avec utilisation de l’enzyme phytase;
- Analyse rigoureuse des intrants (grains et sous-produits) en teneur de phosphore;
- Travail au bâtiment en mode tout plein, tout vide;
- Gestion des trémies pour éviter le gaspillage;
- Suivi des retours d’abattoir (viscères) pour contrôler les maladies et parasites.

Ces mesures ont permis aux filières d’Unicoop (fermes Du Bras et Lacasse) de produire des porcs ayant des conversions alimentaires (standardisées 20-107 kg) inférieures à 2,3 tout en maintenant des gains moyens quotidiens (standardisés 20-107 kg) supérieurs à 840 grammes. Pour ces filières, le travail technique en élevage a contribué à amé­liorer la conversion alimentaire de 0,05 point, comparativement aux résultats de l’année précédente, ce qui a permis des économies de moulées de 1 $ par porc.

Mais là ne s’arrête pas le travail. Un bilan alimentaire pour quantifier le phosphore rejeté à la fosse suivi d’une caractérisation des lisiers pour évaluer la valeur fertilisante et le volume produit réels sont aussi effectués. Pour les filières présentes, le bilan alimentaire de la dernière année a mis en évidence une diminution de rejet en phosphore de 20 grammes par porc, soit une quantité de 1602 kg de P2O5 de moins à épandre pour la filière (35 000 porcs). Cela se traduit par 77 voyages aux champs en moins, soit une diminution des frais d’épandage de 7546 $ pour la filière.

Le travail technique associé à la caractérisation a permis de diminuer le vidangeage des fosses de plus de 300 voyages pour les filières d’Unicoop (fermes Du Bras et Lacasse).

L’étape suivante, celle de la caractérisation des lisiers, a permis entre autres un programme d’application aux champs personnalisé, l’utilisation des valeurs agronomiques réelles de la filière et une application aux champs plus précise qui ont procuré aux receveurs de meilleures performances en culture. Pour les filières présentes, l’absence de caractérisation n’aurait pas permis d’utiliser les valeurs réelles obtenues (voir le tableau ci-dessous). L’application aux champs aurait donc nécessité l’utilisation de la grille de référence du Centre de référence en agriculture et agroalimentaire du Québec (CRAAQ) avec des valeurs ne reflétant pas le travail réalisé en élevage. Cette situation aurait nécessité 233 voyages supplémentaires pour le vidangeage des fosses, soit une somme excédentaire de 22 784 $ pour la filière. De plus, dans le présent dossier, la caractérisation nous a permis de diminuer nos frais d’épandage puisque les deux premiers tiers de fosse (moins concentrés en phosphore) ont été épandus sur les terres proches des fermes, et le dernier tiers (plus riche) a été exporté sur les terres plus éloignées (économie de transport).

Le travail personnalisé effectué dans ces dossiers (caractérisation et application aux champs) permet de substituer le lisier aux engrais minéraux et, ainsi, de vendre la valeur fertilisante de ce produit. Selon les prix des engrais minéraux en vigueur, une tonne de lisier incorporée en surface pourrait afficher une valeur potentielle de 11 $ par tonne et procurer des rendements similaires aux champs.

En conclusion, l’utilisation d’un aliment bien dosé en phosphore adapté au stade de croissance de l’animal suivie des étapes du bilan alimentaire et de la caractérisation des lisiers permet aux éleveurs du réseau de réduire leurs coûts de production d’au moins 2 $ par porc, de respecter les normes environnementales 2010 et de maintenir de bonnes relations avec les entreprises receveuses de lisier. 

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