Un métier exigeant que celui de producteur laitier. Pour produire une seule goutte de lait, de nombreux efforts sont nécessaires et les exploitants de la Ferme Claunic en savent quelque chose!

Pourtant, comme disait le philosophe chinois Confucius : « Choisissez un travail que vous aimez et vous n’aurez pas à travailler un seul jour de votre vie. » Un adage qui colle à la réalité de la Ferme Claunic : le plaisir du travail bien fait.

Au fil du temps 12 h 22. Je rencontre Olivier Boily, expert-conseil de La Coop des deux rives, au restaurant La Friteuse de Saint-Prime, entre Roberval et Saint-Félicien. Un burger de poulet et de bonnes discussions sur la santé de l’agriculture régionale plus tard, nous prenons la route vers la Ferme Claunic où nous avons rendez-vous. Les membres de la famille nous y attendent. En fait, non, ils ne nous y attendent pas vraiment. Ce sera plutôt à nous d’aller à eux, travaux urgents avant les neiges obligent!

De haut en bas : Claude (le père), Micheline, Olivier Boily (expert-conseil), Robert, Jean et Christian

13 h 14. Nous débarquons dans la cour de la ferme. Par cette belle journée ensoleillée, l’une des dernières de cet automne chaud, Claude Garneau répare une soudure qui s’est cassée sur une voiture à grains. Heureusement, les battages du maïs grain ont pris fin hier – mais à quoi bon ne pas la réparer tout de suite? – pas de procrastination (l’art de remettre inutilement des tâches au lendemain) chez Ferme Claunic. C’était la onzième année qu’on plantait et qu’on récoltait du maïs grain sur cette ferme, qui cultive aussi du maïs ensilage, des fourrages, de l’orge, de l’avoine et du canola pour la vente.

Un coup d’œil dans le garage. Les nombreuses courroies suspendues au mur en disent long sur le nombre de moteurs qui doivent être entretenus pour produire des aliments pour l’animal et pour l’humain. D’ailleurs, les enfants de Claude Garneau et Nicole Perron, Christian, Robert, Micheline et Patrice (ce dernier ne travaille pas à la ferme familiale) ont tous étudié les engrenages, pistons et soupapes soit à l’ITA, campus de Saint-Hyacinthe ou au Cégep d’Alma. Micheline a un autre diplôme d’études collégiales en santé animale du Cégep de Saint-Félicien, ce qui explique peut-être sa très grande vigilance et sa facilité à détecter les animaux malades. Mais assez bavardé, il est 13 h 40.

Nous allons retrouver Robert qui laboure les champs de maïs récoltés la veille. Lorsque nous arrivons, il ne lui reste qu’un seul passage à effectuer. Vite quelques photos. Décidément, rien ne traîne chez les Garneau-Perron! Il prend tout de même le temps de descendre pour la photo officielle, pique une jasette sur la puissance des tracteurs et sur le bien-fondé de louer ou d’acheter ses tracteurs, puis remonte pour terminer son labeur. Pas de temps à perdre, surtout pas quand on cultive 360 hectares de terre et qu’on doit prendre soin de 105-110 vaches en lactation (100 kg/jour) gardées en stabulation libre. Les journées sont longues, imaginez quand il faut en plus recevoir un journaliste!

14 h 14. En route vers le bâtiment qui loge la relève du troupeau, dans une étable achetée des voisins, un peu plus loin sur le rang. C’est là que nous retrouvons Micheline Garneau, affairée à tailler les onglons, vacciner (BVD) et injecter les taures et génisses d’une solution de multivita­mines. C’est surtout Micheline qui se charge du troupeau, alors que ses frères Robert et Christian s’occupent respectivement de la machinerie et des champs. Deux fois par année, elle se fait un point d’honneur de se consacrer aux besognes nécessaires au bon développement des futures productrices. Un investissement productif en quelque sorte. Et en utilisant une table inclinable pour tailler les quatre onglons en même temps, on économise pas mal de temps.

On jase, on jase, mais le conjoint de Micheline, Jean, l’homme à tout faire à la ferme, ne parlote pas lui. Jean, dans le clos, avec la clé anglaise… non coupable! Il s’affairait à réparer une clôture lors de notre passage. En même temps, Olivier reçoit un appel sur son cellulaire d’une des 35 fermes qu’il conseille. Et il nous reste toujours deux membres de la famille à rencontrer!

La conversation se termine, nous voilà dans un autre champ où c’est au tour de Christian de retourner la terre, une terre riche, bien drainée, exempte de roches. 14 h 55. Après avoir resserré quelques boulons de la charrue, une discussion s’installe sur le taux d’humidité des grains à la récolte, en ce bel automne 2008 très propice aux récoltes. Avec lui, rien n’est laissé au hasard. Il n’a pas peur non plus de poser des questions à son expert-conseil en productions végétales, Gilles Asselin, d’un apport précieux pour prendre des décisions importantes quant aux opérations.

Et les loisirs, Christian? Puisqu’il a des enfants, il aime bien s’évader au moins une semaine durant l’été avec sa roulotte. Du côté de Robert, le plus jeune de la famille, c’est la moto qui le fait décrocher. Quant à Micheline, elle n’en a que pour ses chevaux… et son trappage! Oui, elle est probablement la seule trappeuse du Lac-Saint-Jean. Elle dit trapper de tout (y compris de l’ours noir), mais à commencer par des espèces habituellement nuisibles aux activités agricoles comme le rat musqué qui bloque les sorties de drainage, le castor qui endommage les gros fossés et les cours d’eau et le coyote qui effarouche et blesse le bétail.

En utilisant une table inclinable pour tailler les quatre onglons en même temps que l’on vaccine et injecte les taures et génisses d’une solution de multivitamines, on économise pas mal de temps.

15 h 20. Nous pénétrons dans la maison familiale, où se trouve Nicole Perron, qui vaque à ses occupations. Fille du fromager bien connu de Saint-Prime, feu Albert Perron (voir encadré), c’est Nicole qui tenait depuis 1971 et jusqu’à tout récemment les livres et la gestion de la ferme en ordre. Maintenant que l’entreprise a été transférée à parts égales entre Micheline, Christian et Robert, c’est davantage Micheline qui s’occupe des chiffres. Mais les parents Claude et Nicole, malgré le chalet et la roulotte qui constitueront leurs nouvelles occupations, ne resteront jamais très loin du quotidien de la ferme, question de continuer d’y donner de leur temps ou de leurs idées.

Avant de partir, une visite de l’étable principale s’impose. Ravagées par un incendie en 1982, les installations permettent l’atteinte de très bons résultats : croissance des taures, moyenne de production par vache, reproduction… La construction d’une nouvelle étable sera peut-être au menu des prochaines années.

15 h 55. Je laisse nos producteurs à leur traite. Sont-ils des bourreaux de travail? Pour ceux qui ne carburent pas aux joies et aux peines de l’agriculture, sûrement. Mais pour ceux qui aiment les petites gratifications, le riche travail avec les bêtes et la terre, sûrement pas. En fait, seraient bourreaux ceux qui les empêcheraient de mettre la main à la soudeuse, au crayon ou à la trayeuse.

Les quatre enfants de Claude Garneau et Nicole Perron l’ont bien compris.

La construction d’une nouvelle étable sera peut-être au menu des prochaines années.

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