L’agriculture dispose d’une mission noble qui est celle de nourrir le monde. Cependant, la pérennité du système de production agricole dépend en grande partie de la préservation de l’ensemble des ressources qui composent ce système.

L'adoption de bonnes pratiques respectueuses de l’environnement contribue à la protection des ressources et a toujours été bénéfique pour les exploitations agricoles. D’ailleurs, les exploitations québécoises ont pour la plupart déjà introduit plusieurs bonnes pratiques, que ce soit en ce qui concerne la protection de l’eau, la conservation du sol, la régie des cultures ou la régie des élevages.

Le sol constitue de façon non équivoque une pièce maîtresse dans le système de production agricole. Il est donc d’autant plus important de protéger cette ressource pour assurer la durabilité de l’entreprise, entre autres en évitant les pertes par érosion et le lessivage des nutriments.

La conservation du sol peut se faire en posant plusieurs gestes simples. En voici quelques-uns :

Pratiques agricoles directement liées au système de production

Travail minimum du sol
En travail minimum du sol, on vise à laisser au moins 30 % des résidus de culture à la surface du sol. Cette pratique consiste à effectuer un travail primaire du sol à l’automne, suivi d’un travail secondaire au printemps. Pour bien gérer les résidus, il faut broyer les tiges et bien les répartir sur le sol. Cette bonne gestion, combinée au travail minimum du sol, permettra de le protéger contre l’érosion éolienne, tout comme l’érosion hydrique provoquée en période de fonte des neiges ou de pluie abondante. Cela permettra aussi, entre autres, d’augmenter le taux de matière organique dans le sol et le niveau d’infiltration de l’eau.

Cultures sur billons
Caractérisée par des rangées de petites buttes d’environ 15 cm de hauteur à travers le champ, cette pratique laisse une quantité importante de résidus après le semis. Dans ce cas, la protection contre l’érosion est liée à la présence de résidus, mais également à la surface accidentée créée par les billons.

Semis direct
Cette pratique prend de plus en plus d’ampleur depuis quelques années grâce à ces nombreux avantages autant économiques qu’écologiques.

Le semis direct consiste à déposer les semences directement dans un sol non travaillé, recouvert des résidus de culture de l’année précédente. Puisque le semis est la seule opération requise, les coûts liés à l’utilisation de machinerie et de carburant sont réduits. La structure et la biologie du sol s’en trouvent grandement améliorées et le risque d’érosion est considérablement diminué. Dans plusieurs situations observées lors de fortes pluies, l’eau s’infiltre mieux dans ce système et les pertes par ruissellement sont réduites.

Finalement, cette pratique pourrait être considérée comme une stratégie de séquestration du carbone dans le sol dans la mesure où on favorise l’augmentation de la matière organique et le carbone dans le sol.

Cette pratique exige une meilleure gestion de sol et de culture lorsqu’elle est introduite à l’échelle de la ferme. Son adoption permet de changer certaines caractéristiques du sol et le producteur doit les prendre en considération.

Pour ces trois types de travaux du sol, les herbicides sont souvent nécessaires pour lutter contre les mauvaises herbes, mais ils doivent être utilisés judicieusement pour protéger la faune et la flore du sol.

Rotation des cultures
Les avantages de la rotation des cultures sont multiples sur le plan agronomique et écologique. Le choix de la rotation des cultures doit toujours prendre en considération l’objectif recherché par le producteur, soit de briser le cycle des maladies et ravageurs, d’améliorer la structure du sol, d’augmenter le taux de matière organique, d’augmenter ou de baisser le niveau de fertilité du sol, la sécurisation du revenu, etc.

Agriculture et climat
Vers des fermes 0 carbone

Le projet Agriculture et climat « 
Vers des fermes 0 carbone » de
Nature Québec a pour objectif
de réduire les émissions de gaz
à effet de serre (GES) des
fermes québécoises. En plus
d’offrir une formation gratuite
d’une journée sur les
changements climatiques et les
pratiques permettant de réduire
l’impact du secteur agricole sur
ceux-ci, Nature Québec offre un
accompagnement personnalisé
pour 30 agriculteurs. Dans le
cadre de l’accompagnement,
une analyse de la ferme aide à
proposer des pratiques
spécifiques permettant aux
agriculteurs de réduire leurs
émissions de GES. Puis, suite
aux changements des pratiques
agricoles, une estimation des
réductions de GES est effectuée.

Pour en savoir plus ou pour
participer au programme,
consultez le site Web de Nature
Québec : http://www.naturequebec.org/
pages/fermeszerocarbone.asp

 

Engrais verts
Les engrais verts, très répandus en agriculture biologique, sont des cultures destinées à être enfouies au sol. Ils peuvent être cultivés avant, pendant ou après la culture principale. Les engrais verts constituent un moyen efficace pour contrôler l’érosion du sol, stimuler l’activité biologique, améliorer la structure et accroître l’infiltration de l’eau dans le sol. Ces cultures mobilisent une quantité importante d’éléments nutritifs du sol, permettant ainsi de réduire les pertes par lessivage. Lorsque ce sont des légumineuses, elles enrichissent en plus le sol en azote. Ils ont également la capacité de limiter la croissance des mauvaises herbes.

Structures de contrôle d’érosion

Plusieurs aménagements à l’échelle de la ferme peuvent aider à lutter contre l’érosion. Le choix du type d’aménagement dépend des caractéristiques du milieu et de l’ampleur du risque présent à la ferme. Nous avons deux types d’aménagement.

Voies d’eau engazonnées
Ce type d’aménagement, sous forme de voie évasée plus ou moins large et couvert d’une végétation permanente permet d’intercepter et d’évacuer lentement l’eau de ruissellement en provenance des zones hautement érosives vers des zones ou fossés intercepteurs. Bandes riveraines Ces bandes de végétation qui bordent les champs le long des cours d’eau protègent les eaux contre le ruissellement d’éléments nutritifs et de pesticides en plus de stabiliser le sol des talus et des rives.

Nous avons abordé sommairement quelques pratiques et structures de contrôle, mais il en existe évidemment plusieurs autres comme les haies brise-vents, les tranchées filtrantes ou les avaloirs. Nous aurons l’occasion de revenir plus en profondeur sur ce thème dans le cadre des prochaines chroniques.

Une voie d’eau engazonnée intercepte les eaux de ruissellement et communique avec un avaloir.

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