Une cabane à sucre doit permettre, de façon efficace et fonctionnelle, l’entreposage et le traitement de l’eau ainsi que le conditionnement et l’entreposage du sirop d’érable. Dans la planification de sa construction, vous devez respecter deux règles élémentaires : minimiser les investissements en gardant le meilleur rapport qualité-prix et vous assurer que ce bâtiment vous permettra de transformer un produit qui saura répondre aux exigences du marché.

Ce bâtiment, auquel on donne encore le nom de cabane à sucre, est devenu un véritable atelier industriel avec ses normes et contraintes. Il s’ensuit divers permis à demander et à respecter. Le premier est le permis de construction provenant de la municipalité. Dans certaines régions, c’est la MRC qui l’accorde. Aussi, certaines municipalités exigent le traitement des eaux usées. En zone agricole, vous devez obtenir l’autorisation de la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) si vous désirez opérer un service de restauration commerciale. De plus, pour la restauration, un permis du ministère de l’Environnement est requis et vous devez traiter les eaux usées. Concernant les réservoirs à carburant, des normes s’appliquent. Pour en connaître davantage, faites le 1 800 267-1420. Si vous comptez faire un produit dérivé du sirop (tire, beurre, etc.) pour la vente à l’épicerie, prévoyez un local adapté pour cette transformation avec un évier, l’eau courante, un revêtement intérieur propre et facilement nettoyable, etc.

Généralités et dimensions des locaux
La dimension minimale d’une cabane à sucre est de 8 m sur 12 m de longueur, incluant une aire de repos (cuisine, etc.) de 8 m sur 6 m. Si vous avez entre 3000 et 10 000 entailles ou plus, la cabane devrait avoir plus de 9 m de largeur. La longueur sera en fonction du nombre d’entailles, de la réception et du traitement de l’eau d’érable. Un bâtiment moderne est étanche : portes bien ajustées, larmiers fermés, tour des cheminées scellé (prévoir les cheminées au milieu du bâtiment).

Si vous faites de l’exportation, le produit fini de même que les barils pleins doivent être dans une pièce séparée de la salle d’évaporation. Un bâtiment industriel fonctionnel permettra l’entrée de la matière première par une extrémité et la sortie du produit fini par l’autre extrémité. Le produit ne doit cheminer que dans une seule direction. De l’espace doit être prévu pour entreposer au minimum la production d’une bonne semaine ou la moitié du nombre de barils produits annuellement. Il est difficile et onéreux d’assurer le sirop laissé dans une cabane sans surveillance.

L’entrepôt à bassin doit être isolé et ventilé et préférablement situé du côté nord de la cabane. On doit disposer de plus d’un bassin pour l’eau d’érable et il est conseillé de les superposer. De la sorte, l’allée de circulation du deuxième pourra être simplement constituée d’un treillis de métal pour garantir un minimum de sécurité.

Si vous chauffez au bois, quelle sera la dimension du hangar à bois? En général, avec de l’eau d’érable à 2,17 ºBx, ce qui est la moyenne du printemps, vous aurez besoin d’une corde de bois de 1,2 m pour chaque 95 litres de sirop et seulement le tiers si vous avez une osmose qui concentre de 8,13 ºBx (0,13 corde) à 14 ºBx.

Le local de l’appareil d’osmose inverse doit être isolé et ventilé et pourvu de chauffage. Sa dimension sera de 2,4 m sur 2,4 m au minimum.

Une pièce semblable doit loger la pompe à vide et le transvideur. Il est préférable et plus agréable d’avoir deux locaux différents lorsque l’on fait la réparation et l’entretien de ces équipements.

Règles générales de construction
Trois conditions sont essentielles pour que le sol se soulève par le gel : le sol sous votre bâtiment doit être sensible au gel (argile, limon); sa température doit descendre sous le point de congélation et il doit y avoir présence d’eau dans le sol. Pour éviter le gel, il suffit de dévier l’eau de surface et de drainer le dessous du bâtiment en installant un drain à 1,2 m sous le niveau du sol, autour du bâtiment, recouvert d’une membrane géotextile et de pierre concassée. Sous le plancher, mettre 15 cm de sable compacté. Ainsi, s’il y a infiltration d’eau, le sable va la canaliser vers le drain. Étendre sur le sable une feuille de polyéthylène (6 mil) puis un isolant de styromousse extrudé, type SM, de 5 cm.

Les planchers chauffants ajoutent au confort des lieux de travail.

Le plancher de béton est une dalle flottante. Il est composé de béton de 25 mpa (1588 kg ou 3500 lb) de 10 cm d’épaisseur et est armé d’un treillis de métal de 10 cm sur 10 cm (4 pouces sur 4) (no 4) ou de 2 treillis de 15 cm sur 15 cm (6 pouces sur 6) (no 6). La dalle est épaissie en bordure à un minimum de 20 cm sur une largeur de 41 cm et est armée de 3 barres d’armature 15 M « 5/8 pouce » longitudinales. À l’intérieur de la dalle de béton, il est recommandé d’installer un plancher chauffant à l’eau chaude au moins dans l’aire de repos et dans la salle d’évaporation. Les locaux se réchauffant rapidement, vous pourrez y travailler conforta­blement à longueur d’année pour les réparations et l’entretien, lors de l’entaillage et des travaux d’aménagement de la forêt.

Le plancher doit avoir des pentes pour drainer l’eau de lavage qui se déversera dans des rigoles de 15 cm sur 10 cm avec le dessus fermé par un grillage amovible qui servira pour le nettoyage périodique. Une rigole doit longer l’évaporateur, un endroit où l’on fait plusieurs lavages. Comme certains évaporateurs fonctionnent à l’huile, il est suggéré de mettre la conduite d’amenée d’huile dans une rigole pour y avoir accès facilement et éviter de la briser. Si votre bâtiment est étanche, il faudra prévoir, sous le plancher, une conduite d’amenée d’air de dimension minimale de 61 cm sur 61 cm dont la bouche de sortie se situera sous l’évaporateur, près des brûleurs.

La structure du bâtiment est faite en 2 x 6, à 61 cm centre à centre (c.a.c.). La lisse basse doit être déposée sur un muret en béton de 15 cm de hauteur pour empêcher l’eau de lavage d’atteindre le mur de bois. Ne pas oublier d’isoler ce béton par l’extérieur et de le recouvrir d’un solin métallique (antirongeurs). La hauteur minimale des murs est de 3 m, idéalement, 3,7 m ou 4,3 m dans les aires de travail (bassins et évaporateur). Le revêtement intérieur doit être lisse et facilement lavable. Vous aimerez particulièrement cela si, par exemple, des tuyaux du filtre-presse se fissurent.

Les aires de travail demandent beaucoup de comptoirs, de tablettes ou d’armoires. Les fenêtres sont au choix de chacun, de même que le revêtement extérieur. Installer au moins une porte de grande dimension de type garage pour entrer et sortir les gros appareils. De plus, l’utilisation de portes intérieures à doubles battants facilite la circulation des gros objets.

Le toit aura une pente minimale de 30 cm à l’horizontale et de 20 cm à la verticale. Le tire-vapeur est toujours à la mode pour donner l’aspect caractéristique d’une cabane à sucre. Il n’est plus obligatoire avec les dômes d’aujourd’hui. Il doit avoir au minimum la même grandeur d’ouverture que la surface de l’évaporateur pour être fonctionnel. L’intérieur du toit, dans l’aire d’évaporation, doit être recouvert de planches bouvetées ou de contreplaqués de « 5/8 pouce » pour éviter que la vapeur d’eau ne dégoutte. La plupart des producteurs préfèrent installer une hotte au-dessus de l’évaporateur.

Sécurité
Pour diminuer les risques d’incendie, un revêtement intérieur et extérieur en tôle est à privilégier. Des extincteurs devraient être situés à proximité de l’évaporateur et de l’entrée électrique. Des contrôles de sécurité devraient permettre l’arrêt des moteurs électriques en cas de surchauffe.

Bonne construction!

Collaboration spéciale : Luc Dubreuil, ingénieur, Centre de services de Sainte-Marie et Joël Boutin, technologiste agricole, Club d’encadrement technique acéricole des Appalaches.

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