Après plus de 45 ans de loyaux services, deux poulaillers de la Ferme Coq de Bruyère menaçaient de s’écrouler. Les restaurer ou reconstruire en neuf, la question n’est pas restée longtemps sans réponse.

À Bécancour, secteur Saint-Grégoire, les vents quasi omniprésents balaient la plaine du Saint-Laurent avec vigueur. Sur le site de la Ferme Coq de Bruyère, propriété de La Coop des Bois-Francs, un silo de 14 tonnes s’est même déjà renversé sur la neige en 2004 sous l’effet des vents dominants d’ouest. Mais ce n’est après tout qu’un silo, qu’on a eu vite fait de remettre sur son socle de béton.

Les maîtres d’œuvre de ce projet avicole : Guy Massé, expert-conseil avicole, Alain Hamel, gérant de la Ferme Coq de Bruyère et Martin Lecomte, directeur quincaillerie, matériaux et pétroles à La Coop des Bois-Francs.
Planchers craqués, plafonds bas, murs qui ballonnent… Les poulaillers 3 et 4 de la Ferme Coq de Bruyère avaient fait leur temps.
Le nouveau poulailler de 12 m sur 84 m à trois étages remplace deux poulaillers dont la construction datait du milieu des années 60.
Un monte-charge permet l’accès d’un petit tracteur aux étages supérieurs pour vider la litière en fin de lot.

Plus inquiétant était l’état de dégradation de deux des quatre poulaillers du site d’élevage. Les murs, littéralement, ballonnaient. Le plancher de béton craquelé laissait pénétrer des courants d’air froid néfastes au confort des poussins. Et au troisième étage, gare à ceux qui faisaient plus de 1,82 m, car les solives vous garantissaient une belle bosse!

Il faut dire que les poulaillers, érigés sur des fondations reposant sur de l’argile lourde, dataient du milieu des années 60. « Les bâtiments étaient payés depuis longtemps, mais ils n’étaient peut-être plus très payants », expose Guy Massé, expert-conseil avicole de La Coop des Bois-Francs. À titre d’exemple, les plafonds bas limitaient la densité animale possible dans chaque bâtiment à 27 kg par mètre carré en raison du volume d’air disponible pour la respiration des oiseaux, comparativement à 35 kg par mètre carré dans le tout nouveau poulailler construit l’été dernier.

Car oui, la décision fut prise par les employés et les administrateurs de La Coop des Bois-Francs, après une période de réflexion de presque deux ans, de remplacer les deux poulaillers chambranlants par un seul bâtiment plus grand (12 m sur 84 m) de trois étages.

Il faut dire que Guy Massé avait fait sesdevoirs et présenté un solide argumentaire faisant miroiter un rapide retour sur l’investissement. Au chapitre des économies, avec une densité animale plus élevée, il fallait un moins grand nombre de mètres carrés de plancher à construire et à entretenir. Résultat : des économies de propane pour le chauffage, de litière puisque les planchers chauffants assèchent les copeaux de bois, de nettoyage et de désinfectants parce que la surface d’élevage est moins grande, d’entretien général, etc. Une nouvelle construction s’avérait toute aussi pertinente du côté des revenus, avec un meilleur gain moyen quotidien, une conversion alimentaire plus basse et moins de mortalité en fin d’élevage. En combinant économies annuelles et revenus additionnels, Guy Massé a estimé, « de manière très conservatrice » précise-t-il, la rentabilité du nouveau poulailler à plus de 65 000 $ annuellement. Tout un retour sur l’investissement!

On a vite écarté l’hypothèse de rénover les deux poulaillers, en raison de l’énormité de la facture, qui aurait pu atteindre 250 000 $ par bâtisse. Guy Massé a plutôt fait préparer des plans et devis pour un bâtiment de 3000 mètres carrés, dont le coût final devrait se fixer légèrement sous la barre des 900 000 $, en tenant compte de subventions gouvernementales à venir quant à l’efficacité énergétique du nouveau bâtiment.

Les derniers poulets sortis vers la mi-avril, les travaux de démolition ont donc pu débuter. Il fallait démolir un des deux poulaillers parce que la nouvelle structure devait être construite par-dessus l’ancienne. Le coût de la démolition d’un des deux poulaillers a représenté un peu moins de 3 % du coût total du projet. Pas plus tard qu’au début mai, le terrain était fin prêt pour recevoir le nouvel empattement du bâtiment.

Voici quelques caractéristiques du nouveau poulailler :

  • Le bâtiment comporte des planchers chauffants sur tous les étages. Une fournaise alimentée au propane permet de chauffer le fluide caloporteur de la tubulure enfouie dans la chape de béton. On a fait preuve de prévoyance en munissant la ferme d’une deuxième fournaise de 6000 BTU pour fournir plus de chaleur en cas de bris ou de froid extrême.
  • Une poutre d’acier centrale de 30 cm de largeur soutient les poutrelles en bois.
  • Les soigneurs automatiques ont été récupérés des anciens poulaillers, de manière à offrir aux oiseaux trois lignes de distribution de moulée plutôt que deux auparavant.
  • Des murs solaires extérieurs noirs préchauffent l’air qui pénètre par les trappes. Ces dernières sont placées à 1,2 m du sol plutôt que dans le haut du mur, question de mieux distribuer l’air frais.
  • Des fluorescents avec gradateur de lumière (oui, ça existe) ont été installés, ce qui permet de gérer le flux lumineux tout en économisant de l’électricité.
  • Murs et plafonds sont recouverts de panneaux de plastique blancs facilement lavables.
  • Pour faciliter la sortie des poulets pour l’abattoir, les portes ont 1,1 m de largeur.
  • Un monte-charge permet de grimper un petit tracteur au deuxième et au troisième étage pour vider la litière en fin de lot.
  • Une vaste plate-forme d’évacuation et de stockage temporaire des fumiers (11 m sur 21 m) complète le tout.

Signe que les poussins s’accommodent bien de leur nouveau chez soi, ils occupent tout l’espace disponible. Il faisait même quelques degrés de moins à l’intérieur qu’à l’extérieur lors du passage du Coopérateur, début septembre. Le nouveau bâtiment, géré en tout plein tout vide, devrait remplir ses promesses et permettre l’obtention de meilleures performances des lots de poulets.

Enfin, comme dans tout projet ou presque, le bâtiment a été prêt à la toute dernière minute pour recevoir les poussins. Quelques jours avant leur arrivée, les installations électriques n’étaient pas encore complétées!

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