Dans le but d’améliorer les communications parents-enfants à la ferme, les membres du groupe Gesthumain ont invité leur relève à participer à une journée de formation animée par Yolaine Benoit, consultante en développement des organisations. L’événement s’est tenu en mars dernier à la cabane à sucre Chemin des Plaines, à Saint-Charles-sur-Richelieu.

Tous partageaient les mêmes attentes pour la journée : ils espéraient que les jeunes découvrent que la formation et l’échange d’idées entre des gens qui exercent le même métier puissent être bénéfiques autant sur le plan professionnel que personnel.

Grâce à une série de jeux ponctués d’anecdotes racontées de façon humoristique, Mme Benoit a réussi à dégourdir les jeunes et leur donner le goût de s’exprimer. « Ça leur a ouvert l’appétit, affirme Valère Lieutenant, président de l’association. La plupart ont dit qu’ils sont prêts à aller plus loin. »

Certains jeunes ont parlé de leur hésitation d’aller en agriculture, d’autres ont avoué qu’ils ne savaient pas trop dans quoi ils s’embarquaient.

Visiblement fiers d’entendre leurs enfants s’exprimer et de les voir collaborer aux ateliers, la majorité des parents était d’accord sur le fait qu’il ne faut pas imposer leur rêve aux jeunes et plutôt être réaliste quant à leur potentiel. « On ne naît pas gestionnaire », mentionne Mme Benoit. Il y a certaines compétences qui s’apprennent, mais on ne peut pas essentiellement changer la nature de quelqu’un. Il n’est pas recommandé de transférer l’entreprise à un jeune qui, par exemple, n’a pas la fibre d’un entrepreneur et qui préfère effectuer les tâches à titre d’employé.

Attention aux étiquettes! Si votre premier-né est un garçon, vous avez de bonnes chances que votre entourage se soit empressé de vous féliciter d’avoir « une relève ». Mais ce n’est pas parce qu’il est un garçon qu’il souhaitera automatiquement reprendre l’entreprise.

Mme Benoit illustre son argumentation avec un cas où les parents ont favorisé l’aîné de la famille, bien qu’il n’ait pas les compétences voulues pour prendre la relève de l’entreprise, au détriment de sa sœur, qui possède tout le bagage pour relever le défi. « Trois ans plus tard, l’entreprise est en train de couler et les parents ne dorment plus », raconte-t-elle.

« L’objectif ultime était d’arriver à une vision commune et partagée, explique Yolaine Benoit. Que la relève soit capable d’exprimer leur vision à l’égard du type de culture, de la flotte, du développement technologique… » Lors d’une deuxième formation, Mme Benoit dit que les jeunes seront mûrs pour aborder des sujets plus précis.

Gesthumain regroupe environ 20 fermes laitières de la Montérégie, de l’Estrie, du Centre-du-Québec et de l’Est ontarien. Le but de l’organisation, créée en 1999, est de faciliter les relations humaines tant sur le plan de l’entreprise que de la famille. Les membres partagent leur savoir-faire et leur expérience en tant que gestionnaires et s’entraident dans la résolution de conflits. Les entreprises membres du regroupement ont en moyenne 150 vaches laitières chacune.

On peut rejoindre Yolaine Benoit de Goyo Stratégie Formation par courriel à l’adresse goyoformation@videotron.ca.

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