Au début de l’année 2009, plusieurs employés non régis d’Olymel ont, pour la première fois, posé leur candidature pour vivre une expérience de coopération internationale à l’invitation de leur employeur. Trois d’entre eux ont été retenus et se sont envolés pour l’Afrique, en mai dernier, avec leur bagage d’expériences et une irrésistible envie de découvrir un autre monde.

C'est d’abord le président-directeur général d’Olymel, Réjean Nadeau, qui a donné le feu vert à l’implantation de cette nouvelle initiative des Congés solidaires dans le cadre du Programme Uniterra de coopération volontaire pour le développement et la diminution de la pauvreté. Pour le P.D.G. d’Olymel, les employés de l’entreprise ont acquis au fil des ans des compétences précieuses. Partager ces compétences dans un cadre de coopération internationale permet aux candidats de valoriser leur propre travail, tout en contribuant au développement international, en plus de vivre une aventure humaine enrichissante sur le plan personnel.

De Boucherville au Burkina Faso
Julie Lamarre, conseillère en ressources humaines à l’usine de Saint-Jean-sur-Richelieu (2 ans chez Olymel), Monique Thouin, représentante des ventes aux Services alimentaires (15 ans chez Olymel) et Gérard Jodoin, directeur Planification, Volaille (40 ans chez Olymel) ont été les trois candidats retenus cette année. Julie et Monique se sont envolées pour le Burkina Faso1 pour une immersion totale dans un centre de lutte contre le VIH-Sida dans la localité de Bobo-Dioulasso à quatre heures de route de la capitale Ouagadougou. Julie y a passé trois semaines alors que Monique y est restée un mois. Quant à Gérard, il a choisi de mettre ses connaissances étendues du secteur de la volaille pendant trois semaines au service des producteurs maliens de la région de Bamako, capitale du Mali2.

Le passage de Boucherville ou de Saint-Jean-sur-Richelieu à la réalité africaine ne se fait pas sans un certain choc. Il faut vite se rendre compte que les références habituelles ne tiennent plus. Vite, parce que trois semaines ou un mois, c’est une infime fraction du temps nécessaire pour comprendre des besoins immenses et pour agir avec efficacité. On réalise rapidement qu’on est un maillon dans la chaîne d’entraide et de coopé­ration et on veut faire le plus possible en peu de temps. Ces constats furent les premiers des coopérants d’Olymel sur le terrain.

Beaucoup à faire en peu de temps
À Bobo-Dioulasso, le centre de lutte contre le VIH-Sida Revs+ accueille surtout des femmes burkinabées. On y croise également de nombreux orphelins. On y fait passer des tests, en plus de faire la distribution des médicaments pour enrayer un fléau qui ravage les populations africaines. « Quand vous avez un mois pour être utile, vous regardez d’abord ce qu’il y a de plus urgent à faire. Peu d’organisation, pas d’argent, des dossiers en désordre et, surtout, aucune comparaison possible avec les systèmes que l’on connaît. Alors, vous voyez aux choses les plus évidentes comme le classement des filières, le ménage des bureaux et les principes de base de l’accueil. J’ai fait de mon mieux dans six départements, pas pour donner des leçons, mais simplement pour rendre le service plus efficace pour les usagers du Centre. Ce que l’expérience nous a véritablement enseigné, c’est de nous adapter à toutes les circonstances avec le sentiment de faire avancer les choses », de dire Monique Thouin. Cette dernière considère qu’elle a autant appris qu’elle a donné.

Monique Thouin devant le Centre REVS+ où elle a effectué son séjour dans le cadre des Congés solidaires.

Plus jeune des trois coopérants, Julie affirme que la pression la plus forte est celle de croire que le temps manquera pour accomplir tout ce qui devrait l’être. Après avoir pris la mesure du défi, elle s’est mise au service de la vice-présidente du Centre d’accueil qui souhaitait avoir un fichier pour gérer l’information des membres du personnel. Ses connaissances de XLS lui ont été fort utiles dans cette tâche. Pour s’assurer que le fichier aura un avenir, Julie et Monique ont, avec l’accord d’Olymel, laissé leurs ordinateurs portables sur place. Inspirée par sa formation et son expérience, Julie a également donné un atelier de trois heures sur la résolution des conflits et la reconnaissance des employés. « Ce qu’il faut c’est aller à l’essentiel, au côté pratique et laisser quelque chose qui survivra à son séjour et qui améliorera le quotidien des personnes qui s’occupent en permanence de ces populations », d’affirmer Julie Lamarre.

1 Pays d’Afrique de l’Ouest; 14 millions d’habitants; alphabétisation 26,6 %;
la moitié de la population n’a pas accès à l’eau potable.
2 Pays d’Afrique de l’Ouest; 12,3 millions d’habitants; au 8e rang mondial pour la mortalité infantile.

Femmes s’affairant à la préparation du repas à Bamako au Mali.

Des poules canadiennes aux poules africaines
Pour Gérard, les semaines passées auprès des producteurs de volaille maliens ont été comme un retour aux sources. Ses 40 années d’expérience ont été mises à contribution pour rencontrer des éleveurs, des représentants du gouvernement et visiter des fermes de 600 jusqu’à 75 000 poulets de réforme. « On nous sollicite sur la meilleure façon de gérer les stocks, de travailler en équipe, d’intéresser les autorités, ou encore sur les problèmes d’hygiène, les méthodes de nutrition et de salubrité. Il faut combattre le réflexe de toujours comparer avec ce qui se fait au Québec. Alors que 38 jours s’écoulent pour développer un poulet de chair chez nous, il en faudra plus de 50 au Mali. Encore une fois, les problèmes d’organisation et d’argent sont au rendez-vous, mais je pense que j’ai pu apporter quelque chose, ne serait-ce qu’en insistant sur le besoin de se regrouper pour partager les risques et devenir des producteurs plus forts », de souhaiter Gérard Jodoin. Pour ce dernier, comme pour ses deux autres collègues, il y avait un devoir de ne pas décevoir. Gérard continue même de suivre ses collègues maliens à distance. Les trois referaient le voyage sans hésitation.

Une contribution partagée
Olymel entend bien renouveler l’expérience en 2010 et offrir aux candidats intéressés la possibilité de vivre une aventure humaine emballante. Alors que l’entreprise verse 5000 $ par candidat retenu, Uniterra veille à leur fournir un encadrement avant le départ et une fois sur place. Les employés contribuent en acceptant de convertir une partie de leurs congés annuels en affectation volontaire de 2 à 4 semaines. Au retour, les candidats feront partager leur expérience à leurs collègues par des conférences, des présentations visuelles lors d’événements corporatifs et des articles dans les journaux de l’entreprise.

À Bobo-Dioulasso au Burkina Faso, comme un peu partout en Afrique, il incombe aux femmes de transporter les charges sur leur tête.

Il n’y a aucun doute que l’enthousiasme de Julie, Monique et Gérard suscitera un intérêt grandissant chez les futurs candidats à ce programme. « Lorsqu’on écoute les trois pionniers des Congés solidaires chez Olymel, on se dit qu’ils n’ont peut-être pas changé le monde, mais on se rend compte qu’ils ne le voient plus de la même façon. Le récit de ce qu’ils ont fait là-bas et l’engagement personnel qu’ils ont pris permettent à l’entreprise de redécouvrir la valeur de ses propres employés et des facettes de leur personnalité qu’on ne voit plus dans le quotidien », de dire Louis Banville, vice-président Ressources humaines et superviseur du programme.

Le volet Congés solidaires du Programme Uniterra a été mis en œuvre par le Centre d’études et de coopération internationale (CECI). Uniterra s’est donné pour objectif de réduire la pauvreté d’une manière significative en Afrique, en Asie et en Amérique latine d’ici 2015.

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