Pour favoriser une production optimale d’œufs d’incubation et de poulets à chair répondant aux besoins des éleveurs, le conseil d’administration de Pondeuses Atlantique a mis en place, en 2008, une filière dont l’itinéraire commence avec l’élevage des poulettes puis arrive à destination avec l’éclosion des œufs. Résultat : la productivité et la qualité décollent. Et les administrateurs planent!
« Tout le système de production est efficace et fonctionnel, et les poussins produits dans la filière sont de haute qualité et performants », dit Serge Cormier (à gauche), président de Pondeuses Atlantique, qui élève avec son frère Marc six lots de 330 000 poulets par année, à Moncton, au Nouveau-Brunswick.

Pondeuses Atlantique, propriété de Groupe Dynaco, La Coop Purdel, La Coop fédérée ainsi que de la famille Cormier, et du Groupe Westco (tous deux producteurs de poulets du Nouveau-Brunswick), a nécessité un investissement de 5 millions $.

La filière prend son envol à Sainte-Anne au Nouveau-Brunswick. Là où deux bâtiments d’élevage de poulettes et coqs ont tout récemment été érigés. Deux poulaillers de trois étages de 61 m sur 12 m dotés d’équipements de contrôle électronique de température, de ventilation, d’alimentation et de luminosité les plus récents.

Chaque bâtiment accueille 10 500 poules et 1500 coqs. L’objectif de productivité est de transférer au pondoir, après 20 semaines d’élevage, 1000 coqs et 10 000 pondeuses de reproduction issus de chacun des deux bâtiments. « Les poulettes et coqs étaient auparavant élevés dans la région de Joliette, mais pour assurer un meilleur suivi du troupeau, nous avons décidé de nous rapprocher de nos installations de ponte situées à Saint-Léonard au Nouveau-Brunswick », dit Patrick Noël, gérant de la production avicole à Groupe Dynaco et chargé d’assurer la bonne marche de l’ensemble de la filière Pondeuses Atlantique. « Les sites d’élevage et de ponte sont toutefois suffisamment éloignés l’un de l’autre, de même qu’à bonne distance de tout autre élevage de volailles, pour maintenir un bon niveau de biosécurité », précise le gestionnaire.

Les convoyeurs acheminent chaque semaine 140 000 œufs au système de classement et d’empaquetage. Pour gérer les éleveuses et le pondoir, la filière embauche six employés à temps plein. Il n’en faut toutefois que quatre, au quotidien, pour vaquer aux opérations. Les murs du pondoir, revêtus de PVC blanc, réfléchissent bien la lumière qu’émettent les fluorescents à intensité variable qui consomment moins d’énergie qu’une source incandescente. Tout le système d’éclairage a un impact accru sur la stimulation de la ponte.

L’uniformité, c’est la clé
Patrick Noël mentionnera à maintes reprises toute l’importance, comme facteur de succès au sein de la filière, d’élever des oiseaux qui soient de poids le plus uniforme possible. « Un élevage uniforme se traduit par une meilleure productivité en ponte », résume-t-il. De là toute la pertinence de bien contrôler leur environnement. Par exemple, dans les bâtiments d’élevage, la distribution des aliments se fait à l’aide d’un soigneur à chaîne. Il permet d’acheminer rapidement la nourriture d’un bout à l’autre du bâtiment de façon à ce que tous les oiseaux puissent y avoir accès à peu près en même temps et en quantité suffisante. Aussi, les ventilateurs et les entrées d’air sont pourvus de capteurs de lumière. C’est-à-dire que la lumière extérieure ne peut pénétrer le bâtiment et altérer le programme de luminosité fixé à huit heures par jour. « Sans ces capteurs, l’été la lumière entre dans le bâtiment et commence à stimuler la ponte chez les poulettes alors que, selon nos exigences de production, elles ne sont pas encore prêtes à ça », fait-il savoir.

Patrick Noël, gérant de la filière Pondeuses Atlantique, a supervisé l’ensemble des travaux de construction et d’aménagement des installations.

De son côté, le pondoir abrite 40 000 poules et 4000 coqs. Le bâtiment épouse la forme d’un H. Il est donc séparé en quatre sections de production avec, au centre, un corridor de 5 m de large qui les relie entre elles. Chaque section de production fait 76 m de long, 24 m de large et 4 m de haut (comparativement à 2,4 m de haut et 12 m de large pour les constructions traditionnelles). On y loge 1000 coqs et 10 000 poules. Au total, d’une extrémité à l’autre, le bâtiment mesure 157 m de long. Une fois les oiseaux entrés dans le bâtiment, la quantité de lumière à laquelle les oiseaux sont exposés est graduellement haussée jusqu’à 16 heures par jour. Ils y amorcent alors un cycle de ponte qui durera environ 43 semaines.

Chaque semaine, on recueille 140 000 œufs. Ils sont acheminés par un système de convoyeurs qui circulent dans les nids jusqu’à l’empaqueteuse automatique pouvant traiter 8000 à 10 000 œufs à l’heure. L’appareil compte les œufs, calcule leur poids moyen et les dépose dans les alvéoles. Entreposés dans une chambre froide, les œufs sont ramassés deux fois par semaine et expédiés au couvoir du réseau La Coop à Victoriaville pour y être incubés. La totalité des quelque 5,5 millions de poussins à chair produits est réexpédiée chez les cinq producteurs de poulets actionnaires de la filière. « Tout le système de production est efficace et fonctionnel, et les poussins produits dans la filière sont de haute qualité et performants », dit Serge Cormier, éleveurs de poulets à Moncton, au Nouveau-Brunswick, et président de Pondeuses Atlantique.

Comment le succès de la filière Pondeuses Atlantique est-il mesuré? Quels sont les indicateurs utilisés? Il y en a principalement deux. La ponte, calculée avec le nombre d’œufs produits par cycle, et l’éclosion, qu’on mesure avec la quantité de poussins vendus. Et pour maximiser la ponte d’œufs fertilisés, deux éléments viennent en tête de liste : favoriser le confort des oiseaux et maintenir les coqs « sur la pointe de leurs ergots ».

Parlons d’abord confort. Les pondeuses disposent de quatre sections de 3,7 m de plancher latté, surélevé par rapport au reste du parquet d’élevage, et installé de part et d’autre des nids. C’est sur ce plancher que leur sont servies l’eau et la moulée. Elles profitent notamment d’une douzaine de lignes de soigneur. Tout comme dans les bâtiments d’élevage, la moulée est distribuée rapidement d’une extrémité à l’autre du bâtiment à l’aide d’un soigneur à chaîne. Cela réduit sensiblement la compétition entre les oiseaux pour accéder à la nourriture. Et puis, afin qu’elles soient un tant soit peu en paix, les coqs sont alimentés à partir de soigneurs disposés au sol.

Autre élément de confort non négligeable, la litière qui jonche les parquets de ponte est étonnement sèche et dégage peu d’odeurs d’ammoniaque. Pourtant, elle n’est constituée presque entièrement que des déjections des oiseaux, sauf pour un mince apport de ripe de bois. Patrick Noël : « Tout est dans la ventilation, explique celui qui a géré au quart de tour les travaux de construction des bâtiments de l’ensemble de la filière. En matière de ventilation, les nombreuses entrées d’air situées de chaque côté du poulailler et les sorties d’air au faîte du plafond cathédral, permettent d’évacuer rapidement un imposant volume d’air. Le taux d’humidité est donc très faible. De plus, même en fin de cycle, il n’y a pratiquement pas de poussière dans l’air. »

Deuxième élément, les coqs. Pour les stimuler à demeurer bien actifs, Patrick Noël pratique le spiking. Une technique de production qui consiste à introduire, environ 20 semaines après le début de la ponte, soit à mi-chemin dans le cycle, des coqs plus jeunes pour remplacer les mortalités, mais également pour livrer concurrence, donc stimuler, ceux qui auraient eu tendance à se la couler douce avec leur petit harem. Le spiking permet d’accroître sensiblement la ponte d’œufs fertilisés.

En ponte, le contrôle du poids des oiseaux est aussi une priorité (l’uniformité, toujours l’uniformité). Si la poule est trop grosse, ou encore trop maigre, elle cessera de pondre. On pèse 1 % des pondeuses chaque semaine. Mais pour ce faire, on ne se contente pas d’installer des balances au sol sur lesquelles les oiseaux montent à leur gré. Les oiseaux sont pesés à la main. « Le facteur humain est important, dit Patrick Noël, car un oiseau, en raison de sa grandeur, peut sembler de poids normal même s’il est trop maigre. Ainsi, en les manipulant, les employés peuvent constater le fleshing (l’état de chair) à la poitrine de l’oiseau et corriger l’alimentation au besoin. »

Ces messieurs les coqs doivent aussi se prêter à l’exercice de la pesée. Car trop gras, la paresse et le manque d’agilité s’installent. Et au diable s’en va le pourcentage d’œufs fertilisés. On pèse 5 % des mâles (environ 50 individus) chaque semaine.

Des capteurs installés sur les ventilateurs empêchent la lumière du jour de pénétrer dans le bâtiment d’élevage. Sur un plancher latté, les pondeuses sont plus confortables, ce qui favorise la ponte.


Une filière qui tourne
L’ensemble de la filière Pondeuses Atlantique est géré en rotation. Patrick Noël explique : « Il y a une entrée d’oiseaux, en élevage ou en ponte, toutes les 12 semaines, dit-il. Un cycle d’élevage dure 24 semaines, soit 20 semaines d’élevage et 4 semaines de lavage. En ponte, les 43 semaines de production sont suivies de 5 semaines de lavage, donc 48 semaines au total, ce qui correspond à deux cycles d’élevage. »

Le bâtiment de ponte est doté d’une annexe dans laquelle on retrouve le bureau et l’ordinateur de collectes de données de ponte, ainsi que les installations pour ramasser et entreposer les œufs. Tous les systèmes de contrôle de la ferme sont reliés à l’ordinateur. Un accès Internet (par cellulaire ou Blackberry, par exemple) permet de contrôler les paramètres à distance. Une alarme informe également le gestionnaire de tout problème pouvant survenir pendant l’élevage (baisse de la température, de la ventilation ou de la consommation d’eau).

Tous ces menus détails auxquels on s’attarde n’ont qu’un but : maximiser le produit final issu de la filière Pondeuses Atlantique. En l’occurrence, un poulet de chair de la plus haute qualité qui soit, digne de l’expertise du réseau La Coop.

De jeunes poulettes en élevage. Le confort et l’uniformité, deux éléments clés de la réussite.

Retour

Copyright © 2014 La Coop fédérée | Tous droits réservés