De plus en plus d’acériculteurs veulent se diriger vers la production biologique afin d’offrir ainsi à leur clientèle un sirop d’érable certifié. Mais quoi faire pour être certifié biologique, quelles sont les exigences et normes, quels sont les organismes de certification et les référentiels demandés?

Tout d’abord, il est bon de préciser la différence entre un sirop d’érable régulier et un sirop d’érable biologique. La certification des produits biologiques s’appuie sur le contrôle des procédés de production, ou de préparation plutôt que sur le contrôle du produit lui-même. En effet, il n’existe pas de caractéristiques physicochimiques, ni organoleptiques et fonctionnelles, qui permettent de distinguer, avec certitude, un produit biologique d’un produit non biologique. C’est la vérification des méthodes de production qui permet de garantir qu’un produit est obtenu selon le mode biologique. Le contrôle des « techniques » de production exige donc une participation responsable de toutes les parties en cause.

Il va sans dire que la distinction relève, comme nous venons de le voir, du fait que l’acériculteur qui veut produire du sirop d’érable biologique, doit respecter et se conformer à un cahier des charges qui répond aux spécifications de la production biologique tant provinciales que canadiennes.

Mais plus encore, l’acériculteur retrouve dans le cahier des charges un volet écologique qu’il doit aussi respecter et appliquer. Le tout se fait en confor­mité avec des pratiques d’aménagement respectueuses de l’érablière et de son écosystème, gage d’un développement durable comme les éclaircies, la fertilisation, la protection des arbres, etc.

L’aménagement et l’entretien de l’érablière ainsi que la diversification des espèces, compagnes de l’érable à sucre, sont favorisés. Celles-ci devraient représenter au moins 15 % du volume de bois de l’érablière.

Les éléments généraux de la production biologique acéricole sont aussi touchés. Ils doivent être mis dans un plan détaillé de l’érablière et comprendre entre autres l’emplacement de la cabane à sucre, les stations de pompage, les collecteurs principaux, le nombre d’entailles par collecteur (maître-ligne), etc.

La régie de l’entaillage, la collecte et l’entreposage de l’eau d’érable, les chalumeaux, la collecte sous vide, les récipients dont les réservoirs et les barils utilisés, les soudures permises, l’utilisation de l’osmose inverse, l’évaporateur, les agents antimoussants, la filtration ainsi que les produits de nettoyage sont autant d’éléments que l’acériculteur devra indiquer dans des registres. Le registre de production, outil essentiel de gestion, permet de notifier les résultats journaliers et sert d’aide-mémoire printanier.

L’acériculteur qui, après avoir pris connaissance de ces normes générales de production biologique, désire prendre le tournant vers cette production, doit entreprendre sa démarche auprès des organismes reconnus. Afin de permettre le transfert vers le biologique, l’acériculteur doit passer par une année de précertification. C’est au cours de cette année de transition que les correctifs sont envisagés et s’il y a lieu apportés. L’année suivante, le producteur a son statut de producteur biologique pourvu qu’il réponde aux exigences de son organisme accrédité de certification.

Les normes biologiques précédemment énoncées doivent donc être respectées à toutes les étapes du processus de fabrication du sirop d’érable, depuis l’entretien et l’aménagement de l’érablière, la collecte et l’entreposage de l’eau d’érable, en passant par la transformation de l’eau d’érable et le lavage et l’assainissement de l’équipement, jusqu’à l’entreposage du sirop d’érable et sa transformation en produits dérivés. En ce qui a trait à la fabrication du sirop d’érable ou de ses produits dérivés, la valeur sur la saveur caractéristique de l’érable est mise en évidence dans le respect des règlements gouvernementaux en vigueur pour les produits de l’érable (LRQ, p. 29, a 40, chap.8) touchant la composition, la qualité du produit, la propreté des lieux, etc.

En conclusion, les producteurs du Québec certifiés biologiques doivent répondre aux exigences prévues aux normes du Québec et aux normes canadiennes pour tous les marchés extérieurs au Québec. De plus, une inspection annuelle est faite à l’érablière et l’acériculteur doit défrayer un montant annuel pour sa certification biologique. Ces frais varient selon le nombre d’entailles de l’exploitation acéricole et sont dépendants des référentiels demandés. Pour connaître ces coûts, consultez le tableau 1 qui répertorie les sites des organismes de certification biologique accrédités pour les produits du Québec. Le tableau 2, ci-dessus, liste les référentiels pour la certification biologique selon le pays de vente. Pour plus d’informations, visitez le site Web de CARTV (www.cartvquebec.com).

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