Une relève montante et une étable laitière à moderniser pour y faire place. Pourquoi ne pas plutôt construire un nouveau bâtiment? C’est ce que les Gagnon ont entrepris de faire.

Joachim Gagnon avait une idée en tête : bâtir une étable pour les taures et les vaches taries de manière à faire plus de place aux vaches laitières dont il souhaitait augmenter le nombre. Son père, Daniel, voyait les choses autrement, même si, au final, son objectif était identique : tirer plus de vaches. « Pourquoi ne pas construire une nouvelle étable pour les vaches et conserver l’ancien bâtiment pour les taures et les taries », a-t-il proposé à son fils avec lequel il a formé, en 2007, une compagnie qui leur appartient à parts égales, la ferme Darnoc Holstein.

Les deux hommes de L’Isle-Verte se mettent d’accord et font appel à un ingénieur qui les aidera à donner vie à leur projet. On budgète 1 million $. 330 000 $ pour l’étable. 150 000 $ pour les équipements (laiterie, stalles, écureurs, ventilation, etc.). Et le reste pour le quota.

Un carrelage de céramique en guise de mangeoire. Voilà qui n’est pas piqué des vers. Et puisque les tuiles sont au même niveau que le plancher de ciment, elles se nettoient très facilement. « La couleur de la céramique importait peu pour les vaches », dit Joachim à la blague.

Le bâtiment d’origine, de 11 m sur 41 m, date de 1987. Au départ, Daniel et Joachim ont l’idée de le conserver et de le transformer en stabulation libre, puis de construire l’étable laitière tout juste à côté. Même si les deux bâtiments auraient été séparés en majeure partie l’un de l’autre, il aurait tout de même fallu les faire communiquer à leurs deux extrémités. Par la laiterie et le système d’alimentation d’un côté, et par l’équipement d’évacuation des fumiers de l’autre.

L’entreprise Les Consultants Envirag, de Lévis, estimait toutefois qu’une stabulation libre de 11 m de large mettra à l’étroit tout le système, y compris les animaux. On propose donc de faire un « deux dans un », soit d’unir les deux bâtiments, l’ancien et le nouveau. Bref, faire d’une pierre deux coups. Comment? En construisant une nouvelle étable qui englobera l’ancienne. Résultat : un bâtiment plus vaste, mieux éclairé, plus fonctionnel d’une dimension totale de 24 m sur 61 m. L’ancien bâtiment devra pour sa part être allongé de 12 m à l’une extrémité pour aménager des stalles, des enclos et des parcs à veaux, et d’environ 5 m de l’autre, pour installer le nouveau réservoir à lait.

On commence donc, avant d’abattre le mur de la vieille étable, par installer une série de poutres de soutien en acier sur lesquelles vient en partie prendre appui le toit du nouveau bâtiment (voir photo ci-contre). D’une largeur de 13 m, la nouvelle étable s’étend jusqu’aux poutres de soutien. L’actuelle allée d’alimentation, ainsi élargie, servira également pour nourrir les sujets qui se trouveront dans la stabulation libre que l’on aménagera dans l’ancien bâtiment. « L’avantage d’avoir jumelé les deux bâtiments, c’est que tout en tirant les vaches, on peut jeter un œil sur les taures et les veaux, dit Joachim. Ça facilite la gestion de tout le troupeau. » La nouvelle étable fait actuellement place à 50 vaches en lactation, mais elle pourrait en accueillir 66. Quant au réservoir, le lait de 100 vaches pourrait y être déversé. Disons que les producteurs ne se sont pas bloqué les horizons. Dans le cadre de cet investissement, les deux propriétaires ont fait passer le quota de 35 à 60 kg/jour. Et l’objectif, une fois l’étable remplie, est d’en exploiter 70.

Daniel et Joachim ont joué les entrepreneurs pour l’ensemble des travaux d’excavation et de construction. Ils ont acheté eux-mêmes la presque totalité des matériaux à la succursale Agriscar Unimat de Saint-Arsène. L’exécution des travaux a été confiée à une tierce partie.

D’abord l’extérieur. La toiture du bâtiment a été recouverte de tôle UltraVic bleu héron qui donne un joli coup d’œil à l’ensemble. Encore en très bon état, la tôle grise que l’on retrouvait sur le toit de l’ancienne vacherie a été réutilisée pour recouvrir une partie des murs extérieurs de la nouvelle étable.

Toujours à l’extérieur, les proprios ont profité de l’occasion pour ériger une fosse de 3,7 m sur 38 m de manière à se conformer aux normes environnementales en matière de gestion des fumiers.

Le nouveau bâtiment a été conçu pour se joindre à l’ancien. Résultat : une structure plus vaste, mieux éclairée, plus fonctionnelle d’une dimension totale de 24 m sur 61 m.

À l’intérieur, on a utilisé un revêtement blanc en PVC ondulé de marque Ag-Tuff fixé au mur à l’aide de vis d’acier inoxydable. « Il donne un beau fini, un meilleur éclairage, car il réfléchit bien la lumière, et se nettoie très facilement », fait savoir Rémi Caillouette, gérant de la quincaillerie Agriscar Unimat. « Dans l’ancien bâtiment, dit Joachim, la peinture levait quand on nettoyait les murs en tôle avec la laveuse à pression. »

Dans les parcs, nouvellement aménagés à l’une des extrémités de l’étable, on a plutôt opté pour un revêtement de veneer (plaquage) lisse blanc, installé du sol jusqu’à une hauteur de quatre pieds. « C’est un matériau qui résiste mieux à la pression qu’y exercent les animaux », dit Joachim. Le même revêtement a aussi été utilisé dans la toute nouvelle chambre où sont entreposés les trayeuses et autres équipements laitiers que l’on devait fixer au mur.

De façon à s’offrir plus de confort à l’ouvrage, les producteurs ont installé les trayeuses (quatre postes doubles) sur un rail pour en faciliter le transport et l’usage, et aménagé le plancher de l’allée centrale au même niveau que celui des stalles, de manière à ne pas devoir constamment enjamber une marche.

Un système de ventilation tunnel auquel s’ajoute une série d’entrées d’air disposées au plafond et sur le côté sud du bâtiment assure un bon contrôle de l’ambiance. D’autant plus que l’ensemble du système est contrôlé automatiquement en fonction de l’ajustement de la température. Mentionnons que des entrées d’air installées sur le toit de l’étable permettent une bonne ventilation de l’entretoit. Ce qui a pour effet d’aider à y conserver la tôle en bon état.

« Côté éclairage, on a favorisé la lumière naturelle en installant des fenêtres de 1,2 m sur 1,8 m, dit Joachim, diplômé de l’ITA de La Pocatière en 2004, alors que la norme est généralement 0,9 m sur 1,5 m ou 1,2 m sur 1,2 m. » L’effet est saisissant. Quant à l’éclairage artificiel, il est composé des nouveaux fluorescents T-8 sous couvert hermé­tique pour en faciliter le lavage.

Les travaux ont commencé en septembre 2008. Le 12 février 2009, on procédait à l’« inauguration » de la première traite. L’essentiel était accompli. Un moment symbolique pour Daniel et Joachim, car il restait à faire certains travaux de finition. Ce qui est encore le cas. Il faut notamment compléter la stabulation libre et reconfigurer le circuit du distributeur automatique d’aliment. Tout cela se fera dans le plus grand confort. Tant pour les producteurs que pour les animaux.

De gauche à droite : Joachim Gagnon, Rémi Caillouette, gérant de la succursale Agriscar Unimat de Saint-Arsène, et les parents de Joachim, Monique et Daniel. Émilie Benoit, la conjointe de Joachim, conseillère en nutrition animale à Valacta, était au travail lors de la prise de la photo. Émilie rejoindra sous peu Joachim à la ferme. Ensemble, ils augmenteront le nombre de sujets du troupeau.

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