Récemment diplômé en agronomie, Marc* aimerait prendre la relève de son père Michel* et co-exploiter la ferme avec son oncle Éric*. Ses grands-parents, qui détiennent toujours 60 % des parts de l’entreprise, souhaiteraient également se retirer, mais se questionnent sur la capacité de l’exploitation à financer le retrait de deux générations.

L’enthousiasme de Marc pour l’agriculture est contagieux. Passionné de génétique, il a convaincu la famille de réinscrire le troupeau au contrôle laitier et d’améliorer la qualité des fourrages. Employé à temps partiel à la ferme tout au long de ses études, il a continué à le faire une fois reçu agronome, en plus de travailler comme représentant pour une meunerie. Au fil des ans, il a su développer une bonne complicité avec son oncle Éric, tant et si bien que les deux entrevoient la possibilité de s’associer éventuellement.

L’occasion se présente plus rapidement qu’ils ne l’avaient espéré lorsque les grands-parents annoncent qu’ils se retirent de l’entreprise pour laisser la place aux plus jeunes. À la grande surprise de tous, lors de la réunion de famille pour discuter du retrait de ceux-ci, Michel déclare qu’il aimerait se retirer lui aussi.

Marc, emballé par le projet, avait déjà songé aux moindres détails avant d’aller rencontrer Valérie Côté, agronome et directrice principale de relations d’affaires pour Financement agricole Canada (FAC) à Victoriaville. Pour atteindre son objectif de pouvoir travailler à temps plein à la ferme et quitter son emploi à l’extérieur en plus de prévoir le salaire d’Éric, il savait qu’il faudrait augmenter la taille de l’entreprise, présentement à 40 kg/jour.

La nouvelle structure de financement devrait donc inclure l’achat de 20 kg/jour de quota additionnels et la rénovation de la laiterie qui n’était pas conforme. On doit également faire en sorte que son père puisse retirer le plein montant des 20 % des parts qu’il détenait dans l’entreprise et qu’un montant additionnel soit versé à ses grands-parents. Cette somme serait cependant inférieure à la valeur des 60 % des parts qu’ils possèdent dans l’entreprise, car bénéficiant du fond de pension de leur emploi hors ferme, les grands-parents avaient jugé qu’ils n’auraient besoin que d’un montant d’appoint. La pérennité de l’entreprise était impor­tante pour eux et ils n’aimaient pas l’idée que le taux d’endettement de leurs fils et petit-fils soit trop élevé.

Compte tenu de toutes ces exigences, Marc n’entrevoyait pas qu’il soit possible de construire la nouvelle étable avant 10 ou même 15 ans. Il faudrait continuer de travailler dans l’étable existante, peu fonctionnelle, qui datait du début des années 60 pendant encore plusieurs années.

Il était donc très surpris de la structure de financement que lui proposa Valérie après avoir étudié le dossier. « Marc connaissait déjà nos produits et avait songé au prêt Intergénération pour le transfert, mais il ne s’attendait pas à ce que l’on consolide l’entreprise en fonction de leurs besoins futurs », explique-t-elle.

La principale caractéristique du prêt Intergénération est que le capital de celui-ci descend plus rapidement que celui d’un prêt traditionnel. De plus, ce type de prêt ne nécessite que 10 % du prix d’achat comme mise de fonds comparativement à 25 % pour la plupart des prêts standards.

Les paiements d’un prêt standard et d’un prêt Intergénération sont les mêmes : 300 000 $ à 3 % d’intérêt seraient de 2480 $/mois pendant 12 ans. La différence est que la durée du prêt standard est de 12 ans, comparativement à 11 ans pour le prêt Intergénération. Aussi, puisque le décaissement des 300 000 $ s’échelonnera sur une période de 5 ans, au rythme de 60 000 $ par an, l’intérêt qu’ils paieront sera basé sur les 60 000 $ décaissés chaque année et non sur le montant total de l’emprunt. L’excédent sera automatiquement appliqué contre le capital. Par conséquent, le solde de leur prêt sera de 170 000 $ après 5 ans, alors qu’il en serait de 185 000 $ pour un prêt traditionnel. L’économie d’intérêt réalisée sur la durée entière du prêt sera de 24 000 $.

« C’est un produit indiqué pour les transferts de ferme, car non seulement permet-il à l’acheteur d’accumuler de l’équité plus rapidement, il garantit au vendeur le plein paiement du montant transigé, peu importe que l’exploitation soit en bonne santé financière ou qu’elle rencontre certaines difficultés financières, explique Mme Côté. Financement agricole Canada garantit la totalité des fonds au vendeur. »

Nouvelle étable dans 4 ans!
« Grâce aux 5 kg/jour de la Fédération des producteurs de lait et les 40 000 $ de prime à la relève de la Financière agricole du Québec obtenus, tout en pilotant le projet avec FAC, Marc et Éric ont atteint leur objectif de monter le quota à 60 kg/jour », ajoute Valérie.

En plus d’accroître la marge de manœuvre de l’entreprise de 47 000 $ au fil de ces 5 années, ils auront remboursé le premier prêt et libéreront ainsi l’équivalent de 32 000 $ de paiements par année.

L’équité de l’entreprise ayant augmenté de façon importante, il sera alors possible pour l’entreprise d’envisager un emprunt supplémentaire d’au moins 945 000 $ sur 15 ans pour construire leur nouvelle étable tout en conservant une marge de manœuvre de plus de 25 000 $.

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