Le concours le plus prestigieux de l’agriculture québécoise fêtait sa 120e édition en grand cette année! Le 26 septembre dernier, quatre galas régionaux se déroulaient simultanément en Abitibi-Témiscamingue/Nord-du-Québec, dans le Bas-Saint-Laurent, en Gaspésie/ Îles de la Madeleine ainsi que dans la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean/Côte-Nord. Grâce à la communication par satellite, tous ont pu être reliés par vidéo pour le dévoilement des nouveaux lauréats de l’Ordre national du mérite agricole. L’excellence de leur travail a été soulignée par le ministre Claude Béchard lors d’une cérémonie de remise de prix et de décorations qui s’est déroulée le 23 octobre 2009 à l’Assemblée nationale.

Le grand nombre d’inscriptions reflétait bien le dynamisme des régions en compétition : en tout, 94 groupes ont participé à cette édition. Nicole Maheux et Jean-Luc Baril de la Ferme Lunick inc., producteurs laitiers et de pommes de terre de Saint-Eugène-de-Guigues, sont les fiers gagnants de la médaille d’or. Il s’agit d’un grand honneur pour la région de l’Abitibi-Témiscamingue qui n’avait jusqu’alors jamais remporté de médaille d’or malgré le fait que son territoire représente l’une des plus grandes réserves en terres arables en Amérique du Nord.

Les récipiendaires des médailles d’argent et de bronze sont tous deux des doubles médaillés. La première médaille d’argent et le Mérite Promutuel de la prévention ont été décernés à la famille Drapeau de la Ferme Jeannicole inc., une entreprise laitière de Kamouraska. Le maraîcher André Lévesque de Roberval a remporté la première médaille de bronze et le prix La Coop à l’agroenvironnement.

La région du Bas-Saint-Laurent a pour sa part reçu deux mentions additionnelles : celle de la formation agricole de la relève, qui a été remise à Louiselle Lizotte et Normand Bard de la Ferme Bard inc. de Sainte-Anne-de-la-Pocatière et celle de la relève féminine, à Claire Jean et Martin Turbide de la Ferme Martin Turbide de Val-Brillant.

Une mention spéciale de l’agrotourisme a été décernée à Stéphanie et Jimmy Deschênes de même qu’à Yanick Morin de la Ferme 5 étoiles de Sacré-Cœur, située dans la région Saguenay-Lac-Saint-Jean et Côte-Nord.


Aussi fier qu’un champion olympique, Jean-Luc Baril affirme que sa médaille d’or est le résultat de 15 années de travail assidu. L’agriculteur de Saint-Eugène-de-Guigues en Abitibi-Témiscamingue a créé une telle symbiose entre son entreprise laitière et sa production de pommes de terre que son coût à l’hectolitre, ses rendements et l’ingéniosité de sa mise en marché ont laissé les juges bouche bée.

Jean-Luc Baril et son épouse Nicole Maheux sont propriétaires à parts égales de la Ferme Lunick. Ils sont la troisième génération à exploiter cette ferme qui a vécu plusieurs transformations depuis qu’ils en ont fait l’acquisition en 1979.

La production laitière, qui autrefois était leur principale activité, ne représente plus que 10 % du chiffre d’affaires actuel de l’exploitation. Il n’a cependant aucun désir de s’en départir. Maillon important dans une agriculture diversifiée, le volet laitier de son exploitation est « extrêmement lucratif », selon lui. Le troupeau actuel est composé de 45 vaches Holstein de race pure avec un quota de 44 kg/jour.

L’importance de la production de la pomme de terre a par ailleurs augmenté au point tel qu’elle compte aujourd’hui pour 90 % du chiffre d’affaires total de l’entreprise.

Se faire dire non
C’est décourageant de travailler sur un projet pendant des mois et d’essuyer un refus, convient Jean-Luc. Mais aujourd’hui, il remercie tous ceux qui l’ont convaincu de retourner à la table de travail.

« Quand tu te fais dire non, c’est parce que ton projet n’est pas à point. C’est à toi de le retravailler jusqu’à ce qu’il le soit pour La Financière agricole ou les institutions financières, dit-il. Le MAPAQ, l’Environnement, c’est à ça que ça sert : pour se faire dire qu’on n’est pas correct. »

Parfois la solution est de trouver les bons coéquipiers qui pourront nous aider à mieux développer notre entreprise. Après avoir embauché un représentant commercial qui a fait un plan de marketing et une étude de marché approfondis, Jean- Luc a réalisé que les grossistes étaient loin de vouloir s’approprier son entreprise. Bien au contraire! Ils préféraient voir la Ferme Lunick prendre de l’expansion.

L’exercice lui a permis de créer de solides liens avec le grossiste et d’augmenter ses ventes de 1500 tonnes en 1996 à plus de 8000 tonnes en 2008, et a fait de son entreprise le fournisseur officiel du Grand-Nord en pommes de terre : un marché de 20 % plus lucratif que celui du Sud.

Stratégie
Le représentant a insisté pour que Jean-Luc cesse de référer à son produit comme étant de la patate, l’image associée avec le terme pomme de terre étant plus positive. Il s’agit après tout d’un aliment digne et nutritif : pas question de le rabaisser!

Sa deuxième observation a été qu’il écoulait sa production trop rapidement. Il était préférable d’offrir un approvisionnement continu, et ce, tout au long de l’année. Pour ce faire, la Ferme Lunick a procédé à la construction d’entrepôts réfrigérés à humidité contrôlée qui évitent que l’amidon des pommes de terre ne se transforme en sucre. Environ 3500 tonnes sont entreposées en boîte chaque année, ce qui a comme deuxième avantage d’éliminer les problèmes de noircissement et de meurtrissures dus à la pression.

De plus, il fallait prendre au sérieux une autre grande préoccupation du grossiste : celle du format du produit. Ayant remarqué que les autochtones, les camps et les bases militaires aimaient que leurs aliments soient livrés dans des boîtes, comme les bananes, le représentant a suggéré à Jean-Luc de trouver un format qui puisse contenir 22,7 kg (50 lb) de pommes de terre. La manutention se ferait plus aisément à bord des camions et des bateaux. Qui plus est, ces boîtes feraient le bonheur des clients qui aiment les réutiliser. Le format est si populaire à l’heure actuelle, que 30 % de leur production est maintenant livrée de cette façon.

Les vaches aussi aiment les pommes de terre!
Le moins que l’on puisse dire est que l’entre­prise valorise ses sous-produits de façon fort judicieuse.

Voulant trouver une façon d’ajouter à la ration des vaches les pommes de terre vertes, malformées, trop petites ou blessées par l’équipement mécanique, la Ferme Lunick a démarré un projet en recherche et développement en 2001. Aujourd’hui, un distributeur automatisé dépose environ 25 kg de rebuts de pommes de terre à chaque vache à tous les jours et cela a contribué à baisser considérablement les coûts de production du lait.

Quant au fumier de vache, il sert à fertiliser leurs 202 ha de pommes de terre qui ont grandement besoin d’être engraissés, étant donné que les sols sont sablonneux à Saint-Eugène-de-Guigues, tout comme plusieurs endroits au Témiscamingue. Le fumier est entreposé sur une plate-forme en béton avec toiture, afin d’être conforme aux normes environnementales.

La culture de pommes de terre se fait en rotation avec du maïs grain, de l’avoine et du foin qui aident à stabiliser la matière organique dans les sols légers.

Plus rentable que la Montérégie
Deux facteurs de succès importants pour la Ferme Lunick d’après Jean-Luc sont le prix des terres et les rendements à l’hectare. « On a plus d’avantages à faire de l’agriculture chez nous qu’en Montérégie, car les terres ici valent environ 1000 $ l’hectare et les rendements de pommes de terre peuvent facilement atteindre les 32 000 kg à 36 000 kg à l’hectare. »

Lorsqu’on travaille avec de tels chiffres, pas besoin de se casser la tête lorsqu’il vient le temps de prendre de l’expansion. L’amortissement d’une terre peut se faire en deux ou trois ans, celui d’un tracteur 200 ch en 12 ans.

La médaille d’or
Jean-Luc Baril dit qu’il a encore des papillons dans l’estomac un mois après qu’on lui ait décerné le grand prix à Québec. Plusieurs groupes d’agriculteurs l’ont déjà invité comme conférencier. Il espère que son expérience saura profiter aux jeunes agriculteurs. « Si je peux leur donner la passion de l’agriculture, je serai content. » Bien dit, M. Baril!


La médaille de l’Ordre du mérite agricole, Yvan et Christian Drapeau, de la Ferme Jeannicole, en rêvaient depuis qu’ils étaient jeunes garçons. Ils sont fiers d’avoir obtenu la première médaille d’argent et que leur entreprise laitière de Kamouraska se soit démarquée tant sur le plan de la rentabilité et de l’efficacité que de la protection de l’environnement et de la sécurité à la ferme : un aspect qui les avait déclassés en 1999.

Le degré de maturité de l’entreprise a surpris les juges. Pourtant, Yvan et Christian, des frères jumeaux, n’ont que 36 ans. À cet âge, rares sont ceux qui obtiennent de si bons résultats.

Le troupeau de 160 têtes Holstein de race pure comporte 1 EX, 40 TB, 42 B+, avec une moyenne d’environ 10 400 kilos. Les tests de gras sont à 4,1 et à 3,4 en protéines pour des MCR de 225, 236 et 230. Leur objectif à long terme n’est pas nécessairement de prendre de l’expansion, expliquent-ils. Ils visent plutôt une bonne conformation, un coût de production à l’hectolitre qui soit acceptable et, bien entendu, un troupeau en bonne santé.

Le secret de leur réussite est simple. Ils l’attribuent à la bonne santé financière de l’entreprise qui leur a permis de profiter de belles occasions d’acheter du quota, des bêtes, des terres et de l’équipement. Des acquisitions qui se sont faites au moment opportun, à un bon prix.

Conditions gagnantes
L’endettement de l’entreprise, à l’époque du transfert en 2003, n’était que de 12 %. « Notre père s’était bien préparé, il n’avait pratiquement plus de dettes, dit Yvan. Il avait cessé d’investir dans la ferme cinq ans auparavant pour s’assurer d’une retraite confortable, pour acheter la maison en Floride dont il rêvait. » Toujours détenteur d’actions de catégorie E, leur père Jean-Marie reçoit des dividendes hebdomadaires, en plus du montant que les garçons lui ont versé lors du transfert.

Presque six ans plus tard, malgré l’achat de quota, les nouveaux silos, la nouvelle vacherie pour les vaches taries et les génisses, la reconstruction de la fosse, la rénovation de la laiterie et l’achat de 26 ha, leur taux d’endettement est toujours faible : il n’est que de 18 %. Pendant toute cette période, ils n’ont acheté qu’un seul tracteur. C’était en 2004.

« Des tracteurs, on n’en n’achète pas souvent! » lance Yvan qui pouffe de rire avec Christian, après avoir lancé la remarque. Ils sont plutôt fiers que la majeure partie de leur parc de machinerie soit en âge d’aller voter. Quelques-uns datent même d’il y a 30 ans, mais puisqu’ils sont bien entretenus, ils fonctionnent à merveille. La machinerie n’est visiblement pas un poste de dépense très élevé dans le bilan financier de l’entreprise.

Rien n’a été négligé pour améliorer la régie de l’appareil de production. « On a récupéré tout l’argent qu’on pouvait en matière de cultures sans toutefois compromettre la qualité des fourrages, explique Christian. Par rapport au travail des sols, on s’assure que les fumiers soient appliqués au bon moment et on ne met pratiquement plus d’engrais minéraux à part de l’azote dans le maïs. » La régie du troupeau a également été resserrée. Partout, ils ont trouvé de petits points à améliorer qui, une fois réunis, ont augmenté de façon considérable l’efficacité de l’exploitation.

Contrairement à la Ferme Lunick, gagnante de la médaille d’or, la Ferme Jeannicole a délaissé la production de la pomme de terre à la fin des années 70. À cette époque, les récoltes se faisaient encore manuellement et leur volume de production ne justifiait pas l’investissement de machinerie spécialisée. Yvan et Christian jugent que la décision de leur père d’abandonner cette production et de prendre de l’expansion dans le lait avait été la bonne. Ils ne prévoient pas d’ailleurs augmenter leur fonds de terre bien au-delà des 202 ha qui sont présentement en grandes cultures.

Mordus de mécanique agricole
Yvan et Christian sont des patenteux dans l’âme. On retrouve plusieurs inventions de leur cru un peu partout sur la ferme. Tout a commencé avec une table hydraulique pour faire le taillage des sabots des vaches peu après la fin de leurs études à l’ITA en 1995. Ensuite, ils ont eu l’idée de fabriquer des rouleaux craqueurs stationnaires pour l’ensilage de maïs – bien avant que ceux-ci n’aient été sur le marché.

Une foule de petits changements datent de l’époque de la première visite d’un représentant de la Mutuelle de prévention en 2005. La sécurité étant un de leurs points faibles quand ils se sont présenté au concours de l’Ordre national du mérite agricole en 1999, ils ont profité de l’occa­sion pour identifier les lieux et situations qui pourraient être problématiques.

Après avoir passé l’exploitation au peigne fin, ils ont été surpris de réaliser le nombre d’endroits et de pièces d’équipement qui pouvaient présenter un danger autant pour eux que pour leurs enfants. Ils ont décidé de mettre leurs talents de patenteux à profit pour trouver des solutions qui amélioreraient la cote de sécurité de leur ferme. Ils ont notamment fabriqué des grilles et rampes protectrices pour les pistons et une cage pour éviter qu’une personne ne tombe dans la chute à foin.

« Quand on n’y pense pas, on ne voit pas tous les risques qui existent, mais quand on se met à chercher un peu, c’est fou combien on peut en trouver partout! » s’exclament-ils.

La médaille d’argent
D’après Yvan et Christian, l’avenir semble prometteur pour la Ferme Jeannicole. « La clef sera de gérer la croissance de l’entreprise sans compromettre sa santé financière, disent-ils. Si on est capables de le faire sans avoir à faire d’investissements majeurs, ce sera l’idéal. » Entretemps, ils visent à bonifier l’efficacité du troupeau : une façon relativement facile d’améliorer le bilan de l’entreprise sans avoir à prendre de l’expansion.

Leur but ultime se résume à ce qu’Yvan a entendu à la télévision l’autre jour : « Mieux vaut avoir un présent parfait, qu’un futur simple. »

Photos : Marc Lajoie, MAPAQ


André Lévesque a été doublement honoré pour avoir pratiqué ce que l’on appelle une agriculture durable bien avant que le terme n’ait été inventé. En plus de se voir décerner la première médaille de bronze, on a remis au maraîcher de Roberval, le prix La Coop fédérée à l’agroenvironnement.

La passion d’André Lévesque pour la culture maraîchère s’est amorcée dans un jardin de 18 sur 31 mètres, avec une pelle ronde, une pioche et un râteau. Encouragé par le succès qu’il obtint avec sa récolte de légumes auprès de sa famille et de ses amis, il décida d’acheter une parcelle de terre de la ferme familiale pour se lancer officiellement dans la culture maraîchère. Tout cela se déroulait il y a 35 ans.

Aujourd’hui, André cultive une trentaine d’hectares, dont 12 sont dédiés à la fraise et aux framboises d’automne, grâce à des variétés de cultivars bien adaptés à la nordicité de la région. La Kent (fraise) atteint les 17 000 à 20 000 kilos à l’hectare et les rendements de la variété Killarny (framboise) sont de 3000 kilos à l’hectare.

Il produit également du maïs sucré, des hari­cots, des carottes, de la laitue et la célèbre gourgane que l’on retrouve au Lac-Saint-Jean et dans Charlevoix. Une légumineuse qui ressemble à une grosse fève et dont l’histoire remonte au tout début de la Nouvelle-France.

André est tout surpris d’avoir mérité la médaille de bronze compte tenu de la grande quantité d’entreprises agricoles spécialisées en production laitière ou acéricole qui participaient au concours cette année. « Je ne pensais pas m’inscrire au concours parce que j’ai une petite exploitation et je savais que j’allais être en compétition avec des fermes du Lac-Saint-Jean et du Bas-Saint-Laurent qui étaient super bien organisées, avec des ordinateurs et tout, explique-t-il. Ce sont le MAPAQ et des agronomes que je connais qui m’ont convaincu de le faire. »

« Grosse ferme, petite ferme, la grosseur importe peu, m’ont-ils dit. Tu as un plan de ferme bien organisé, ton drainage est fait par GPS, tu as mis les sols en état, tu fais du compost et ta mise en marché est bien faite avec des chambres froides et des chambres de congélation, ça compte tout ça. »

Vision à long terme
« Il est très rentable pour un maraîcher de se servir d’engrais verts », dit André qui se plaît à expliquer pourquoi il choisit de mettre en jachère une portion de ses terres chaque année et de ne pas « les exploiter au maximum » – une remarque souvent faite par des producteurs de grandes cultures de la région.

Il a visiblement l’habitude de parler de ses méthodes culturales étant parmi les premiers de la région à adopter une gestion intégrée, bien avant que les programmes verts n’aient été mis en place.

Il fut un des pionniers, il y a un quart de siècle, à faire l’aménagement de voies d’eau enga­zonnées pour freiner l’érosion de ses sols qui autrefois étaient en friche. « Le Lac-Saint-Jean, c’est un peu comme une cuvette, ajoute André. Dans le secteur où je me trouve, à Roberval, on est moins en pente qu’à l’Île d’Orléans, mais ça exerce tout de même une pression sur l’érosion des sols. » Au fil du temps, il a ajouté des avaloirs et des haies brise-vent.

Il n’est pas bio et il ne fait pas d’agriculture dite « conventionnelle ». Il se situe quelque part entre les deux. Il fait usage de stratégies de lutte intégrée, qui comme le terme l’indique, intègre plusieurs techniques pour lutter contre les ennemis des cultures.

André préfère d’ailleurs le terme culture raisonnée, car il n’utilise les pesticides uniquement que lorsqu’il est justifiable et raisonnable de le faire et à des endroits bien précis. L’utilisation de sarcleurs mécaniques est également acceptable même dans un contexte de travail minimum du sol puisqu’ils contribuent à réduire l’utilisation de pesticides.

Une baisse de rendement acceptable
« Autrefois, bibittes, pas bibittes, on ne prenait pas de chances, on arrosait », relate André. Depuis quelques années, grâce aux clubs de dépistage, la décision d’appliquer des insecticides se fait uniquement si la population atteint un seuil économique d’intervention.

Il obtient de bons résultats avec les insectes prédateurs, notamment pour lutter contre la pyrale du maïs. Selon André, les minuscules guêpes qui parasitent et tuent les œufs de ce princi­pal ravageur du maïs sucré coûtent moins cher qu’un insecticide qui aurait un impact environnemental et comporterait des risques pour la santé humaine.

« Je suis prêt à perdre de 5 à 10 % de rende­ment plutôt que d’appliquer tout de suite un insecticide, sauf s’il y a un risque d’épidémie, ajoute-t-il. Mais s’il y a un risque, là la question ne se pose même pas : on arrose. »

Pour les maraîchers qui se spécialisent dans des cultures de grande valeur sur des surfaces réduites, jongler avec les ennemis des cultures est un problème qui peut non seulement affecter les profits, mais aussi la réputation de leur ferme. Il s’agit là d’un point qui est non négociable pour André qui écoule environ 70 % de sa production en faisant de la vente au détail, grâce à un kiosque situé au bord d’une route fort achalandée.

La médaille de bronze
« Ce que j’en retire en fin de compte, c’est que ce n’est quand même pas si mal ce que je fais depuis 35 ans », lance André en riant.

Le message qu’il aimerait transmettre au ministre Claude Béchard est de poursuivre la campagne qui incite les consommateurs à acheter des produits du Québec : il s’agit d’un très bon investissement. Quant à l’avenir de l’agriculture, il est d’avis qu’il serait préférable d’encourager les productions diversifiées plutôt que de favoriser une production unique à grande échelle. « Ce n’est pas en devenant plus gros et en vendant à des grossistes, qu’on dégage des profits, dit-il. C’est en vendant directement à des consommateurs qui sont intéressés aux produits frais. »

Photos : Marc Lajoie, MAPAQ

Retour

Copyright © 2014 La Coop fédérée | Tous droits réservés