Après six ou sept ans de tergiversations, Peter Bernet et sa conjointe Martine Rioux de la Ferme Bernoux, à Warwick, ont délié les cordons de la bourse et construit un garage digne de mention pour cette chronique!

Faire des soudures sur la boîte à ensilage, lubrifier un roulement à billes, changer l’huile d’un moteur… quand il fait 0 ou -5 °C? Brrr! Quand on peut compter sur un garage chauffé et spacieux susceptible d’accueillir toutes sortes de machineries et véhicules – du VTT à la moissonneuse-batteuse en passant par la fourragère et le tracteur – non seu­lement réparer et entretenir s’avère plus efficace, mais également bien plus agréable.

Vente de garage
Commençons par un cliché : un bon projet commence par un bon plan ou croquis. Toutefois, ce qu’on oublie souvent, c’est également l’importance d’une bonne estimation du coût des matériaux. Pour planifier et budgéter, l’estimation est un outil indispensable.

Martine Rioux et Peter Bernet, de la Ferme Bernoux de Warwick, ont construit un nouveau garage à leur goût et à faible coût.
l faudra encore quelques semaines pour ranger tous les outils à leur place (et une place pour chaque outil, comme le veut le dicton).
Les fermes de toit « habitables », plutôt que le modèle triangulaire standard, permettent de gagner 4,6 m sur 17,1 m de rangement additionnel pour moins de 4000 $.
Tout garage qui se respecte comporte sa fosse de réparation, achetée ici préfabriquée et installée avant de couler la dalle.
Un garage à machineries où on peut travailler au chaud et au sec, ce n’est pas un luxe.

Quand Peter Bernet et Martine Rioux se sont présentés à l’hiver 2009 au Centre de rénovation de leur coop locale, La Coop des Bois-Francs (nouvellement sous la bannière Unimat), ils n’ont pas fait la file au comptoir pour se faire griffonner à la va-vite quelques prix et quantités, que non! Ils ont plutôt pris rendez-vous avec l’estimateur de leur Centre de rénovation, Marc Lacerte, dont la fonction exclusive est d’estimer tous genres de projets – résidentiel, commercial, agricole ou institutionnel. Avec en main cette précieuse estimation, il a été facile pour le couple d’acheter les bons matériaux et les bonnes quantités. Toutes les quincailleries ne peuvent se targuer d’offrir ce genre de service professionnel et personnalisé.

C’est ensuite lors de la traditionnelle vente printanière annuelle de La Coop des Bois-Francs, qui permettait aux membres d’obtenir un rabais de 20 % sur toute la marchandise, que Peter et Martine se sont procuré l’essentiel de leurs matériaux. Pour ce faire, leurs quatre voitures à foin ont été chargées de toutes les marchandises nécessaires à l’érection de leur garage de 11 m sur 17 m. Grâce à cette vente, ils ont économisé plus de 3000 $.

Pour diminuer davantage la facture, Peter Bernet a donné un coup de main à l’entrepreneur, qu’il a décidé de rémunérer à l’heure. Toutes les heures qu’a passées Peter à travailler sur le projet ont donc été autant d’heures en moins à payer des charpentiers-menuisiers. Peter et Martine ont aussi pris en charge la finition intérieure du garage, une autre façon de sabrer les coûts et d’aménager l’intérieur à leur goût.

Prenez des notes
Pour maximiser l’espace, on a pensé inclure une mezzanine au fond du garage. Si elle sert présentement à entreposer quelques boîtes et équipements, la mezzanine servira, dans quelques années, d’atelier de menuiserie quand Peter Bernet, Suisse-allemand d’origine, prendra sa préretraite de la production laitière.

Mais voilà, de l’espace d’entreposage, on n’en a jamais de trop. L’entrepreneur général a suggéré lors des travaux de remplacer les fermes de toit au modèle triangulaire standard par des fermes de toit « habitables » qui permettent d’aménager un espace d’entreposage supplémentaire au grenier. Pour solidifier le plancher de la pièce, on a intercalé entre les fermes de toit (placées aux 0,6 m) des morceaux de 2 X 10 faisant office de solives, ce qui a permis de doubler la charge par unité de surface, la faisant passer de 22,7 kg par 0,1 m2 à 45,4 kg par 0,1 m2 (50 lb par pi2 à 100 lb par pi2). Le coût additionnel de cet espace de rangement de 4,6 m sur 17,1 m : 2800 $ pour les fermes de toit habitables, plus chères que des fermes normales, et 900 $ pour le bois additionnel (2 X 10 et panneaux de bois aggloméré).

Pour isoler les murs du garage, on a opté non pas pour des matelas de fibre de verre, mais plutôt pour des matelas de laine de roche d’un coefficient d’isolation thermique R22, de la « vraie » laine minérale. Ce matériel a l’avantage de ne pas irriter la peau lors de la pose et, en raison de sa haute densité, les morceaux ne glissent pas entre les montants. Il faut toutefois tailler et poser les morceaux plus délicatement, car ils sont plus fragiles. Pour isoler le grenier (de part et d’autre de la partie habitable), le choix s’est arrêté sur la cellulose soufflée, un choix économique et écologique.

Voici enfin quelques éléments intéressants du gros garage de la Ferme Bernoux :
• La porte principale du garage, qui mesure 6,1 m de largeur sur 4,3 m de hauteur, permet à tous types de machineries de pénétrer sans risque dans le bâtiment;
• Pour éviter de perdre trop de chaleur l’hiver pour n’entrer qu’un VTT ou une laveuse à pression dans le garage, par exemple, on a installé sur un côté du garage bien abrité des vents dominants une plus petite porte de garage de 1,8 m sur 2,1 m;
• Une fosse de réparation (pit) préfabriquée en béton (oui, ça existe) pour effectuer des vidanges d’huile et des réparations mécaniques a été installée avant de couler la dalle du garage;
• On a misé sur un éclairage naturel le plus possible – bon pour le moral et le portefeuille – pour éclairer l’intérieur du garage, avec trois fenêtres de part et d’autre de la bâtisse;
• Les murs intérieurs sont recouverts de tôle sur leur pleine hauteur, un recouvrement intérieur facilement lavable qui diminue en outre les risques d’incendie associés à la soudure et aux flammèches;
• Les produits inflammables ont été regroupés dans une petite pièce aménagée sous l’escalier qui mène au premier étage, une exigence de l’assureur;
• À la suggestion de Marc Lacerte, on a installé une moulure d’acier antivermine qui, par son angle, empêche les rongeurs de se glisser entre le revêtement extérieur et l’enveloppe du bâtiment;
• Pour protéger le plancher de béton des taches d’huile et de la corrosion due au calcium, Peter Bernet a enduit le béton d’un produit protecteur qui en a scellé la surface poreuse.

Oui, avec un tel garage, on a presque envie que tout brise afin de tout réparer!

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