Les chèvres avaient besoin de confort et les propriétaires d’un peu plus d’agrément… Rénovons la chèvrerie!

Le rêve de vivre de l’agriculture anime bien des gens. Des gens comme Guy Michaud et Martine Grenier. Ces derniers ont acheté, en janvier 2005, une vingtaine d’hectares et quelques bâtiments agri­coles à Saint-Félix-de-Kingsey, pour « un jour faire quelque chose avec cette “fermette” », raconte Guy.

Un an et demi plus tard, le mot « chèvre » est lancé pour la première fois de manière sérieuse par le couple. Les chèvres laitières? Et pourquoi pas, se disent-ils, en sachant que les besoins du marché de l’industrie pour un lait de chèvre de qualité sont grandissants.

Spécialiste de la gestion d’entreprise et des plans d’affaires, il n’a fallu que trois mois à Guy Michaud pour élaborer sur papier un projet de ferme laitière caprine qui, à terme, permettrait de le faire vivre ainsi que sa conjointe Martine, qui rêve de chèvres depuis bien avant l’achat de la ferme. Mais pour mieux vivre ce rêve, il fallait d’abord retaper l’étable datant de 1904 un peu bric-à-brac pour en faire une chèvrerie adaptée aux exigences de l’élevage moderne.

1 Un appentis sur le côté,
2 un agran­dissement
à l’arrière,
3 un couloir
reliant la chèvrerie au hangar situé à l’extrême gauche : voilà le projet de Ferme Grenier et Michaud, plus facile à écrire qu’à réaliser!

Bâtir en neuf ou rénover?
La question ne s’est pas posée longtemps : on a préféré rénover la grange actuelle plutôt que de construire une nouvelle chèvrerie. Une décision mûrement réfléchie, motivée en plusieurs points.

D’abord, construire en neuf aurait été plus coûteux, évidemment. En travaillant à temps perdu sur les rénovations plutôt qu’en donnant l’aval à un projet clé en main, Guy et Martine ont pu économiser de gros sous, des sommes précieuses de surcroît quand on démarre en production animale et qu’il faut pourvoir à tout. On a toutefois eu recours aux services d’un ouvrier pour activer en partie les travaux, qui se sont déroulés entre les mois de mars et octobre. Rénover petit à petit plutôt que donner tous les travaux à contrat aura aussi permis au projet de « maturer ». Par exemple, on a décidé en cours de route de concevoir des parquets sans divisions (barrières) de manière à accélérer la sortie des chèvres pour la traite.

Au menu des rénos, trois services : en entrée, bâtir un appentis de 7,6 m sur 1,2 pour y installer un quai de traite et y établir une aire d’entreposage des aliments; en plat principal, l’agrandissement de la chèvrerie d’une superficie supplémentaire de 5,5 m sur 18,3, de manière à pouvoir y aménager un parquet supplémentaire; au dessert, la construction d’un couloir reliant la chèvrerie à un hangar dorénavant dédié à l’élevage des chevrettes.

Avant de se lancer dans les grands travaux, Guy Michaud et Martine Grenier ont visité plusieurs chèvreries, question de parfaire leurs idées. Par exemple, Guy a décidé de positionner les portes pour sortir le fumier au nord, de manière à éviter le désagrément des vents dominants d’ouest qui pourraient s’engouffrer dans le bâtiment.

Amélioration notable : les parquets originaux du bâtiment étaient sur terre battue, ce qui n’était plus conforme aux normes environnementales d’aujourd’hui. On a donc coulé du béton pour former une dalle stable. Bien qu’il aurait pu porter la profondeur des parquets à 41 cm de profondeur, Guy Michaud a préféré les construire à 36, ce qui l’oblige à écurer plus souvent, d’où une meilleure ambiance dans la ferme.

Les éleveurs n’ont pas lésiné sur l’isolation; murs et plafonds sont isolés suffisamment pour éviter de chauffer l’hiver. La chaleur que dégagent les animaux est suffisante pour maintenir une température de 7-8 °C même durant l’hiver. Et n’oublions pas ce fait méconnu : l’isolation permet de ralentir les flux calorifiques, qu’ils soient chaud ou froid, donc de donner plus de confort aux animaux aussi bien en hiver qu’en été. Enfin, la toiture est en tôle noire, ce qui participe au chauffage de l’air, pense Guy Michaud.

Le bâtiment remodelé se divise maintenant en cinq zones d’élevage : une section pour le groupe 1 des chèvres en lactation, une section pour les chèvres du deuxième groupe, une troisième section pour les chèvres encore en lactation, mais mises en contact avec les boucs pour les accouplements, une section pour les chèvres taries et gestantes et une dernière partie où sont logées les chevrettes matures prêtes pour la saillie. À ces blocs, n’oublions pas d’ajouter l’aire de traite (on trait les chèvres sur des tables, à hauteur d’homme), la « chevretterie » et la laiterie, avec son réservoir de 1500 litres. Bref, tout est petit, mais fonctionnel et adapté à l’élevage des petits ruminants.

Martine et Guy s’étaient donné trois ans après leur démarrage pour apprendre à produire du lait de chèvre de qualité et pour bien vivre de leur ferme. Ils se donnent maintenant trois autres années pour mettre en branle un projet de fromagerie artisanale… À suivre dans une prochaine chronique Construction rénovation?

Ferme Grenier Michaud en quelques mots

• Démarrage de la production laitière en mai 2007, en plein durant les travaux de réno­vation; • Races : Saanen, Alpine, Toggenbourg (les races Nubienne et La Mancha sont peu à peu éliminées du troupeau);
• Traite quotidienne d’environ 90 chèvres, ce qui permet une production annuelle de 80 000 litres (moyenne de 762 litres par chèvre par année);
• 23 hectares en propriété, dont huit en culture (donnés à forfait);
• Prochains objectifs : produire plus de 140 000 litres de lait à l’aide de 150 chèvres en lactation, intégrer définitivement Martine à l’entreprise, installer un système d’alimentation RTM.

Connaissez-vous la Banque de plans?

Le site Agri-réseau fourmille d’informations. Rendez-vous notamment sur le domaine spécifique « Banque de plans » pour trouver, à ce jour, 118 plans en lien avec les productions animales et 35 ayant trait aux productions végétales (www.agrireseau.qc.ca/banqueplans). Fosse à fumier, hangar à machineries, corral, cages pour petits animaux, quai de traite, cornadis, entrepôt à légumes… Des plans qui peuvent servir d’excellent point de départ pour vos petites et grandes constructions.

Les rénovations visaient à offrir plus de confort aux chèvres, qui le rendent bien avec une impressionnante moyenne de production de 762 litres de lait par chèvre par année.

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