Marco Casavant cherchait à acheter une petite ferme laitière autour de Saint-Bernard-de-Michaudville pour établir ses fils. À défaut d’en trouver une à un prix raisonnable, il a décidé de leur construire une vacherie sur ses terres.

Toutes les fermes que les Casavant avaient visitées, depuis quelques mois, exigeaient un investissement énorme. La taille de ces exploitations était parfaite pour quelqu’un qui possédait déjà 50 à 60 kg de quota, mais pour Marco, un producteur de grandes cultures qui partait de zéro pour établir ses fils, les chiffres n’avaient tout simplement aucun bon sens.

Maxime, Kevin et Miracle, la première vache à entrer dans l’étable.

N’étant pas de ceux qui abandonnent facilement, Marco continuait de chercher une solution. Il comprenait l’enthousiasme de ses garçons qui aspiraient un jour à devenir des exploitants. Kevin avait un D.E.P. en production laitière et Maxime travaillait depuis cinq ans pour un producteur laitier. Cette passion de l’agriculture ne venait pas des voisins. C’était en somme un héritage de leurs parents. L’idée de construire une vacherie sur ses terres lui est venue après avoir visité l’exploitation de Marc-André Chaput, de Verchères, qui s’était établi en production laitière après avoir remporté le concours des 10 kg de M.G. de la Fédération des producteurs de lait en 2007. « Il s’était bâti une petite étable de 27 mètres de long et j’ai trouvé que c’était une parfaite dimension pour décoller », raconte Marco. « C’est à ce moment-là qu’un déclic s’est fait dans ma tête… »

De retour à la ferme, il s’est mis à faire des croquis. Selon sa première évaluation, il était possible de construire un bâtiment de plus ou moins même dimension, soit d’environ 13 mètres sur 42 (42 pieds sur 136) qui inclurait une étable laitière à stabulation entravée pour 40 vaches et une laiterie de 1000 gallons, pour moins de 200 000 $. À cela s’ajouterait le coût des équipements évidemment, mais cette première phase ne nécessiterait pas de fosse, étant donné qu’il n’allait pas dépasser les 1600 kg de phosphore (30 unités animales).

Le projet a rapidement pris forme, mais étant donné qu’on était déjà rendu à la mi-octobre, que les conditions climatiques avaient retardé les récoltes et que l’obtention des permis nécessaires à un tel projet demandait un peu de temps, la famille s’était résignée à attendre au printemps prochain pour le mettre en chantier. Les Casavant étaient toutefois très loin de s’imaginer qu’on les encouragerait à foncer et entreprendre la construction dès l’automne.

Un effort collectif
« Tout le monde a été touché par le fait que je faisais ça pour établir mes gars et on m’a donné les meilleurs prix possibles, dit Marco. Les gens étaient contents d’entendre enfin une bonne nouvelle en agriculture! »

Pendant que Marco faisait les démarches auprès de la municipalité, l’agronome s’occupait du plan de localisation et obtenait les autorisations environnementales. Marco Turcotte – un autre Marco! –, coordonnateur des matériaux à La Coop St-Denis (faisant maintenant partie de La Coop Comax), située à Saint-Denis-sur-Richelieu, planchait sur les devis. En 18 ans de carrière, c’était la première fois qu’il travaillait sur un projet agricole de cette envergure. Le défi lui a plu.

Ils auraient préféré que le troupeau arrive une journée où il faisait chaud; avec le facteur vent, il faisait presque -30 ºC lorsque le troupeau est arrivé le 29 janvier 2010.

C’est ainsi que le matin du 27 octobre dernier, soit deux semaines après avoir visité la Ferme Chaput, les Casavant obtenaient leur permis de construction et moins d’une heure plus tard, la pépine commençait à creuser. Le soir même, l’excavation était terminée et le lendemain, les assises de la fondation étaient coulées.

« Je ne sais pas combien de fois Marco Casavant m’a répété qu’il ne fallait pas qu’il manque d’ouvrage, raconte l’autre Marco. J’ai dû mettre de la pression sur les fournisseurs pour que les fenêtres et tout le reste soient livrés plus vite. On a fait des miracles de ce côté-là, mais ce n’est rien comparé à la vitesse à laquelle ils ont monté la structure. Ce sont des vraies machines, ces gars-là! »

« On finissait de battre le blé d’Inde, puis on embarquait sur la construction, ajoute le producteur. On roulait de la noirceur à la noirceur, sept jours par semaine. »

L’entraide entre agriculteurs
Comme dans tout projet de construction, il y a eu quelques pépins ici et là. Le plus mémorable est sans aucun doute celui du lundi 9 novembre où ils constataient au petit matin, que le mur du côté sud de 34 mètres de long était tombé pendant la nuit, faute de ne pas avoir été ancré adéquatement. Fort heureusement, des voisins et collègues agriculteurs sont venus porter main-forte et le problème a été réglé sans que l’échéancier ne soit affecté. La solidarité dont tous ont fait preuve a remonté le moral de la famille.

Une fois obtenue la confirmation des 10 kg de quota acquit et des 5 kg prêtés par la Fédération des producteurs de lait pour la relève, le 6 janvier 2010, ainsi que le camion de lait réservé pour le 1er février, il ne manquait plus que les bêtes. Le choix des sujets serait la responsabilité de Kevin ayant suivi des cours sur la conformité du troupeau. Rejoints par cellulaire le 13 janvier dernier, père et fils quittaient la foire agricole et se dirigeaient chez un producteur laitier de Saint-Théodore pour acheter leurs premières vaches. Le compte à rebours était bel et bien commencé.

« Mon travail à moi est presque terminé, intervient Marco. Je n’ai jamais tiré de vache et je n’ai pas l’intention de le faire non plus. Je serai là pour les dépanner et aider aux travaux d’extérieurs, mais les vaches, je leur laisse ça à eux! »

De gauche à droite Derrière : Denis Godin, Marco Turcotte (représentant La Coop), Steve Godin, Alexandre Coupal, Patrick Daigle, Stéphane Lambert et Serge Larivière. Devant : Kevin Casavant, Maxime Casavant, Chantal Plourde et son conjoint, Marco Casavant.

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