Que partagent André Lévesque, Jean-Pierre Labyt et Mitzi Peirs, Christian Lacasse et Sylvie Gendron ainsi que Rodrigue Bégin et Lynne Martel? Ils ont tous décroché, en tant que producteurs agricoles, le Prix La Coop fédérée à l’agroenvironnement, et ce, à l’échelle nationale. Cette distinction, attribuée annuellement dans le cadre du concours de l’Ordre national du mérite agricole, souligne et valorise les productrices et les producteurs qui adoptent des pratiques respectueuses de l’environnement.

C'es pratiques, ils ne les mettent pas de l’avant par obligation ou pour faire tendance. C’est une véritable passion pour la cause qui les anime. Christian Lacasse et Sylvie Gendron, gagnants en 2007, en sont la preuve tangible. Établis à Saint-Vallier (Chaudière–Appalaches), ils se préoccupent d’agroenvironnement depuis le début des années 1990. Précurseurs en la matière, ils fondent, dès 1993, avec une quarantaine de producteurs, le premier Club agroenvironnemen­tal de leur région et l’un des premiers au Québec.

Jean-Pierre Labyt et Mitzi Peirs d’Agritabex, une entreprise spécialisée en production maraîchère à Saint-Thomas (Lanaudière), misent aussi sur la préservation des sols, notamment en appliquant un programme élaboré de rotation et de conservation1. Ils ont été décorés en 2008.

De son côté, André Lévesque, gagnant du prix en 2009, producteur maraîcher à Roberval (Saguenay–Lac-Saint-Jean), figure parmi les premiers à adopter une gestion dite intégrée. Une gestion qui s’est traduite, au fil des ans, par l’utilisation d’engrais verts, la mise en jachère, le contrôle de l’érosion, la plantation de haies brise-vent, ainsi que par la pratique d’une culture raisonnée qui limite l’usage des pesticides seulement lorsqu’il est « justifiable et raisonnable de le faire et à des endroits bien précis2. »

L’année dernière à Copenhague
La conférence de Copenhague, tenue en décembre dernier, avait pour but de mettre en place des moyens concrets de lutte contre le réchauf­fement climatique qu’entraînent les émissions de GES provenant des activités humaines.

L’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture affirme que l’élevage, à l’échelle du globe, est responsable de plus d’émissions de GES que n’en produit l’ensemble des moyens de transport. Les pratiques agricoles sont donc, à n’en pas douter, au centre des discussions relatives au respect de l’environnement.

Dans son discours sur l’état de la nation, prononcé le 27 janvier dernier, le président américain Barack Obama déclarait que le pays qui fera figure de leader dans le secteur des énergies propres sera en tête de l’économie globale.L’agriculture peut largement contribuer au développement de ces nouvelles formes d’énergies et, par le fait même, aider à lutter contre le réchauffement climatique sans pour autant négliger la sécurité alimentaire de populations croissantes.

« L’agriculture sera au cœur des défis du 21e siècle, car près d’un milliard de personnes ne mangent pas à leur faim », a exprimé le président de La Coop fédérée, Denis Richard, en février dernier, lors de l’assemblée annuelle de la coopérative. À la direction de l’entreprise, on sait pertinemment que « pour relever le défi d’une croissance de la demande solvable de produits alimentaires, toutes les agricultures du monde devront être mises à contribution et que des systèmes de régulation des marchés agricoles, à l’échelle mondiale, devront être mis en place dans le respect des équilibres économiques, sociaux et environnementaux ».

Agriculture et respect de l’environnement vont donc de pair pour produire, en quantité, des aliments sains. Pour mettre l’épaule à la roue, La Coop fédérée collabore avec une coopérative française, le Groupe Terrena, au développement d’une agriculture dite écologiquement intensive.

Aussi, citoyens, gouvernements et entreprises sont-ils de plus en plus conscients qu’il importe d’agir en faveur de l’environnement afin que les générations futures, citoyens comme agriculteurs, puissent également en bénéficier et, à leur tour, en tirer profit d’une manière durable. C’est pourquoi l’environnement figure à l’ordre du jour d’un nombre croissant d’entreprises.

André Lévesque, lauréat national du prix La Coop fédérée à l’agroenvironnement (2009), en compagnie de Denis Richard, président de La Coop fédérée.

De la parole au geste
Par la nature de ses activités, La Coop fédérée est tout particulièrement concernée par ces questions d’environnement et le défi qui lui incombe est d’autant plus important. Elle doit, par ses façons de faire, être leader en la matière et tracer la voie à bien des égards. Pour cela, son engagement s’appuie sur une politique environnementale mise sur pied il y a déjà plusieurs années. Et c’est d’ailleurs pourquoi elle a pris, avec le réseau La Coop, auquel se joignent les producteurs sociétaires et clients, l’engagement ferme du développement durable lors de la consultation de la Commission sur l’avenir de l’agriculture et de l’agroalimentaire québécois.

Pour joindre le geste à la parole, en 2006, la coopérative s’est associée au ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAQ) à l’occasion du concours de l’Ordre national du mérite agricole pour remettre le Prix La Coop fédérée à l’agroenvironnement. Soulignons que le MAPAQ a institué en 2005 la première mouture de ce qui allait devenir le Prix La Coop fédérée à l’agroenvironnement en décernant le Prix d’excellence en agroenvi­ronnement.

Chaque année, tous les participants au con­cours, quelle que soit la catégorie dans laquelle ils se présentent – or, argent ou bronze –, ont la possibilité de remporter ce prix. Rappelons que la présentation 2010 de cet enrichissant concours se déroule dans la grande région de la Montérégie.

Depuis 2005, les propriétaires de 13 entreprises en ont été décorés, soit à titre de lauréats régionaux ou de gagnant national (voir l’encadré). Le gagnant national, qui remporte un trophée honorifique de La Coop fédérée, est celui qui a accumulé le plus de points parmi l’ensemble des lauréats régionaux.

Pour toucher ces reconnaissances, les lauréats régionaux et le gagnant national ont vu leurs pratiques évaluées par des juges chevronnés, et ce, en fonction de critères bien précis et pour lesquels un pointage a été déterminé (voir l’encadré). C’est 12,5 % du pointage total du concours de l’Ordre national du mérite agricole que l’on accorde à la gestion agroenvironnementale de la ferme. Ce n’est pas rien.

« Le prix permet d’honorer des concurrents qui, par exemple, n’ont pas nécessairement décroché la première position pour chacune des catégories du concours, à l’échelle régionale ou nationale, mais qui affichent néanmoins une grande expertise en agroenvironnement », indique Yves Dumont, coordonnateur du concours et technicien agricole.

La Ferme Rivière verte, située à Bury, dans les Cantons de l'Est, a aussi décroché la « médaille verte » de l’agriculture. C’était en 2006. « Nous avons tout à gagner à nous préoccuper de la qualité de nos cours d’eau et de nos sols. C’est l’avenir même de notre agriculture dont il est ques­tion3 », disaient alors les propriétaires de l’entreprise laitière Lynne Martel et Rodrigue Bégin. 3 Le Coopérateur agricole, Isabelle Éthier, « L’environnement honoré », décembre 2006.

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