En 2001, le groupe Cooperative Research Farms (CRF) décidait de conduire ses travaux de recherche chez la truie au Québec, dans une ferme de 600 truies, appartenant au réseau La Coop, située à Frampton, en Beauce. Cette décision est une reconnaissance de l’expertise et du professionnalisme des Québécois dont il faut être fier.

Le groupe CRF a été fondé aux États-Unis en septembre 1954 par des producteurs agricoles membres de neuf coopératives. Ceux-ci avaient probablement exprimé le besoin de se doter d’outils de recherche en alimentation et nutrition animales afin d’améliorer les produits qu’ils utilisaient et, ultimement, améliorer leurs performances et leur rentabilité. Le budget de recherche de la première année était de 50 000 $US, très loin de ce qu’il est aujourd’hui.

Cinquante-six ans plus tard, CRF poursuit toujours sa mission première : mener des projets de recherche visant à perfectionner les aliments utilisés par ses membres, améliorer les performances de leurs troupeaux et la rentabilité de leurs fermes.

CRF a conduit plus de 2500 essais depuis sa fondation. Ils ont été menés avec les diverses espèces animales dans lesquelles les propriétaires sont engagés : bovins laitiers, porcs, volailles, bovins de boucherie, chevaux, lapins, chèvres, moutons et cailles. Plusieurs sujets ont été étudiés, mais tous ont toujours été rattachés à l’alimentation.

C’est en 1966 que le réseau La Coop est devenu membre de CRF. L’avantage d’être membre de cette organisation, c’est de pouvoir échanger avec des groupes de nutritionnistes spécialisés dans chacune des productions et de mener, à un coût très abordable, des essais qui répondent à nos besoins. Nous avons la possibilité de conduire des tests alimentaires qui tiennent compte de notre réalité, et ce, tout en partageant les coûts avec les sept autres membres actuels de CRF (voir l’encadré en page 30). Sans cette participation à ce groupe, nous ne pourrions réaliser tout ce travail. Le groupe CRF réalise actuellement en moyenne 30 essais par année, répartis entre les diverses espèces. Le coût d’un essai varie de 15 000 $ à 100 000 $, selon sa complexité et la taille de son échantillonnage. Il est donc facile d’imaginer qu’une seule organisation comme le réseau La Coop ne puisse se payer à elle seule toute cette recherche.

Première ferme de recherche utilisée par le groupe, dès 1959. Elle était à vocation avicole uniquement.
La pouponnière de Kalmbach Feeds, en Ohio, utilisée pour des essais depuis 2004.

En production porcine, plus de 550 essais ont été réalisés depuis 1959, année où les travaux ont débuté chez cette espèce. Le premier essai portait sur des porcs en croissance et comparait les performances de ceux-ci entre deux modes d’alimentation : utilisation d’une ration complète comparée au libre-choix des ingrédients non mélangés (céréales, protéines, prémélanges). Le deuxième essai portait sur l’utilisation de tryptoprotéines chez les truies couveuses (allaitantes). Le troisième impliquait des porcelets et mesurait l’effet de la présence du sucre et de la saccharine dans l’aliment sur la croissance des porcelets non sevrés (sujet encore très étudié à ce jour). En 1966, on comparait les performances de porcelets sevrés à 10 livres (4,5 kg) et alimentés artificiellement jusqu’à 42 jours d’âge à celles obtenues par des porcelets sevrés à 42 jours (l’âge idéal au sevrage fait encore l’objet d’évaluation aujourd’hui, mais on compare plutôt les jours 21 et 28, avec des poids de porcelets plus élevés, 7 à 10 kg).

Ces 550 projets porcins ont été répartis entre la truie, le porcelet et le porc à l’engrais. Les tests ont été et sont encore variés :

• Évaluation des besoins en vitamines, en minéraux, en acides aminés et en énergie;
• Rapport des acides aminés entre eux, rapport entre les acides aminés et l’énergie;
• Impact de l’aliment sur l’environnement et sur le bien-être animal;
• Validation de l’utilité d’utiliser un ingrédient plutôt qu’un autre;
• Évaluation d’alternatives aux antibiotiques utilisés comme facteurs de croissance;
• Taux d’inclusion maximum des différents coproduits dans les différents aliments;
• Combinaison idéale des différents ingrédients afin de réduire le coût de gain par kg;
• Impact du gain en pouponnière sur la durée totale de l’engraissement;
• Importance du poids en fin de lactation sur l’âge à l’abattage;
• Impact de l’alimentation en maternité sur la composition de la carcasse;
• Détermination de l’épaisseur de gras idéale chez la truie à différents moments de sa carrière;
• Comparaison de différents types de phytase;
• Impact de la constipation chez la truie sur la prise alimentaire et les performances de la portée.

Depuis 1966, la participation du réseau La Coop à CRF permet aux agriculteurs québécois de profiter, sur une base quotidienne, d’une somme colossale d’informations en utilisant des aliments offerts par les coopératives. CRF est à la base de la conception et de l’évolution des aliments distribués par les coopératives du réseau La Coop. La qualité des aliments La Coop, c’est d’abord et avant tout CRF.

Outre La Coop fédérée, le réseau CRF compte sept autres membres :

Agrifirm, B.V. Meppel, Pays-Bas
Co-op Atlantic Moncton, New Brunswick, Canada
Federated Co-operatives Limited Saskatoon, Saskatchewan, Canada
Kalmbach Feeds Inc. Upper Sandusky, Ohio, États-Unis
Southern States Cooperative Richmond, Virginia, États-Unis
Tennessee Farmers Cooperative La Vergne, Tennessee, États-Unis Union
InVivo Ets INZO Château-Thierry, France

Ferme de recherche située à Lexington en Illinois. Elle fût utilisée pour la recherche en production porcine entre 1959 et 1999. Elle fut modifiée à quelques reprises, en 1979, 1983 et 1989, afin de la doter des nouveaux équipements disponibles dans l’industrie. Elle fut aussi dépeuplée et repeuplée en 1993 pour mieux suivre l’évolution génétique.

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