La meilleure génétique n’atteindra pas son plein potentiel si l’environnement ne lui permet pas de s’exprimer. À l’inverse, les meilleures conditions d’élevages ne sauront avantager des oiseaux de moindre potentiel de croissance. Aliment et lumière se doivent d’être appliqués en harmonie l’un par rapport à l’autre afin de maximiser la croissance, l’efficacité et la rentabilité d’un élevage de poulets de chair.

Si on isole les deux paramètres que sont le programme lumineux et l’alimentation, on peut travailler plus efficacement sur ces deux composantes pour optimiser le potentiel de croissance des poulets.

C’est ce que l’équipe de nutrition et recherche avicole de La Coop fédérée a fait en réalisant un essai à la station de recherche avicole La Coop. Premièrement, elle a fait un survol des essais déjà effectués et des connaissances actuelles sur le sujet. Ceci a permis de cibler des traitements précis qui ont le plus de chance de fonctionner.

Ce qu’on savait déjà : plus les conditions d’élevages sont idéales, plus il faut appliquer un programme de lumière avec des périodes allongées de noirceur tôt dans l’élevage, et maintenir ces périodes allongées de noirceur jusqu’à un âge plus avancé. La même chose s’applique pour des aliments plus denses en nutriments, c’est-à-dire plus concentrés en protéine, acides aminés, minéraux (calcium, phosphore) et énergie, qui entraînent nécessairement des croissances plus fortes.

Pour pouvoir effectuer des interventions sur le programme de lumière, il faut avoir de l’information sur la croissance de nos oiseaux. Le poids à 7 et 21 jours est, en ce sens, l’information la plus utile qui guide nos ajustements. Plus le poids à 7 et 21 jours est élevé, plus il faut appliquer la noirceur tôt et longtemps.

Dans certains essais nutritionnels que nous avons réalisés, nous avions bien obtenu des poids plus élevés à 7 et 21 jours d’âge pour des poulets alimentés avec des aliments plus riches au cours de la phase de début. Par contre, nous perdions cet avantage pondéral avec l’avancée en âge des poulets, de sorte qu’il n’y avait plus de différence à la fin de l’élevage. Comme il n’y avait qu’un seul programme lumineux possible pour tous les poulets dans la station de recherche, et que ce programme lumineux était basé sur les performances moyennes des poulets, il est fort possible qu’il désavantageait les poulets avec les plus fortes croissances et, plus l’âge avançait, plus il ramenait leurs performances vers les moyennes.

Ce que nous avons fait
Simplement, nous avons repensé le programme de lumière en l’adaptant aux performances des poulets. Nous avons donc évalué les performances que l’on prévoyait pour les poulets avec un programme alimentaire plus performant et avons prévu l’application de nos périodes de noirceurs en conséquence (voir le tableau 1). L’application de la période de noirceur de 10 heures a été faite une journée plus tôt et maintenue 4 jours de plus que notre programme habituel, plus adapté pour des taux de croissance dits plus « normaux » (voir le tableau 2).

Le programme alimentaire plus performant consistait, aux fins de ce test, à donner un aliment pré-début de 0 à 4 jours à la moitié des oiseaux, alors que l’autre moitié recevait un aliment début standard. L’aliment pré-début contient plus de protéines et d’acides aminés qu’un aliment de début standard. Nous voulions créer plus de croissance en phase début et voir si cette différence se maintenait jusqu’à la fin. Après 4 jours, tous les oiseaux étaient alimentés avec les mêmes aliments, donc même aliment de début, même aliment de croissance et même aliment de finition.

Ce qu’on a vu
L’aliment pré-début a bien créé une meilleure croissance chez les poulets qui ont reçu cet aliment, car leur poids à 7 jours était plus élevé de 7 grammes comparativement à ceux qui ont reçu l’aliment début seulement. Est-ce que le programme lumineux, supposément adapté à cette croissance plus élevée, a maintenu cette différence pondérale jusqu’à la fin de l’élevage? Oui! Ce programme lumineux adapté a donc contribué à soutenir la croissance plus élevée des poulets qui ont connu un poids plus élevé à 7 jours (voir le tableau 3).

En conclusion
Plusieurs facteurs peuvent influencer la croissance des poulets. De tous ces facteurs, l’éleveur peut en contrôler un certain nombre. Les deux facteurs dont on vient de discuter, soit le programme lumineux et le programme alimentaire, font partie des facteurs qu’on contrôle et doivent être modulés l’un en fonction de l’autre. C’est pourquoi La Coop invite les producteurs membres à suivre les recommandations des programmes lumineux qui accompagnent le programme alimentaire fourni par leur expert-conseil, car ils ont été conçus pour se compléter.

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