« Meilleures seront les relations entre les membres, mieux se portera l’organisation coopérative », écrit Camille Morneau, auteur du Guide de bonnes pratiques en CUMA, que La Coop fédérée lancera en juillet prochain.

Selon cet expert, qui est l’instigateur des coopératives d’utilisation de matériel agricole (CUMA) au Québec et en Ontario, plusieurs situations minent leur bon fonctionnement. Par exemple, « l’attitude inadéquate de certains usagers, souvent des parents, des amis ou des voisins, rend le conseil d’administration mal à l’aise dans certaines situations ». Par conséquent, les décisions tardent à être prises et cela crée des tensions entre les usagers.

Ces difficultés préoccupent beaucoup les dirigeants de La Coop fédérée, qui, depuis quelques années, a permis aux CUMA de joindre ses rangs (voir liste des CUMA affiliées en page 12). C’est ainsi qu’a germé l’idée d’écrire un guide pratique à l’intention des conseils d’administration. « Nous voulons apporter notre contribution à l’avancement de la formule, car nous souhaitons voir de plus en plus d’agriculteurs la découvrir, se l’approprier et même la perfectionner », dit Denis Richard, président de La Coop fédérée. Une formule prometteuse, selon lui, en particulier pour les jeunes qui commencent leur vie de producteur agricole et qui cherchent à diminuer leurs coûts d’exploitation.

Colette Lebel, directrice des Affaires coopé­ratives à La Coop fédérée, s’est vu confier la production de ce Guide de bonnes pratiques en CUMA. Elle s’est adjoint les services de Camille Morneau, jusqu’à tout récemment conseiller en aménagement et développement rural du ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ), qui a consacré une grande partie de sa vie professionnelle à faire connaître les CUMA au Québec et à les développer. Il s’agit d’un concept très répandu en France, où près de 50 % des producteurs français sont membres d’une CUMA; dans notre province, c’est seulement 6 %. « C’est normal, précise Mme Lebel. En 2011, nous allons célébrer les 20 ans de la mise en place des CUMA au Québec, tandis qu’elles existent depuis plus de 60 ans en France. »

Qu’est-ce qu’on trouve dans ce guide?
« Jusqu’à maintenant, lorsque les CUMA connaissaient des situations problématiques, on m’appelait, raconte Camille Morneau, et je les réglais à la pièce. Dorénavant, les CUMA pourront se reporter au guide. » L’auteur raconte avoir travaillé à plusieurs documents destinés à encadrer les CUMA, mais ils portaient surtout sur l’aspect juridique. Aucun ouvrage de référence à caractère pratique et humain n’avait été rédigé. « À partir d’exemples concrets, les conseils d’administration trouveront dans le guide des pistes de solution qui pourront les aider à réagir rapidement et de façon plus éclairée. »

Le guide a, par ailleurs, été conçu de façon à ce qu’il puisse être modifié, augmenté ou adapté selon l’évolution des pratiques dans le temps. Il compte une série de fiches d’information distinctes. Elles sont regroupées sous sept grands thèmes pour faciliter la consultation : communication, gestion administrative, facturation, branches d’activité, utilisation du matériel, assurances et formation. Chaque fiche décrit une situation. Pour bien la mettre en contexte, elle est enrichie de commentaires apportés par les producteurs, d’une proposition de solution, le plus souvent basée sur le texte de la Loi sur les coopératives et de remarques sur l’impact possible si aucune mesure n’est prise. « C’est important que les administrateurs connaissent les conséquences qui découlent du fait de ne pas agir », soutient M. Morneau.

Camille Morneau, auteur du Guide de bonnes pratiques en CUMA; Colette Lebel, directrice des Affaires coopératives à La Coop fédérée et Denis Richard, président de La Coop fédérée

Camille Morneau, auteur du Guide de bonnes pratiques en CUMA; Colette Lebel, directrice des Affaires coopératives à La Coop fédérée et Denis Richard, président de La Coop fédérée

Outre les fiches présentant les situations problématiques les plus courantes, on trouve dans le guide le rôle et les responsabilités du conseil d’administration ainsi que des membres. On y élabore les défis à affronter, car ils sont nombreux. Le monde individualiste d’aujourd’hui n’est pas sans avoir un impact sur le bon fonctionnement d’une coopérative, dont une des conditions de réussite est, pour les membres, « d’avoir envie de travailler, d’investir et d’économiser ensemble ». Enfin, on trouve en annexe tous les documents nécessaires à une bonne gestion d’une CUMA, soit des règlements de régie interne, un contrat d’engagement, une fiche d’évaluation par branche d’activité, etc.

CUMA : Séminaire et lancement du guide
Pour mieux prendre le pouls de la situation des coopératives d’utilisation de matériel agricole dans le pays où elles sont les plus nombreuses et les plus dynamiques – elles sont même regroupées en fédération –, on a demandé à Gilles Cardinal, consultant aux Affaires coopératives de La Coop fédérée, de se rendre en France, en septembre 2009, pour assister à Planète CUMA. Cet événement s’inscrit dans une activité de grande envergure, soit le Salon des fourrages et des initiatives rurales (SAFIR). Il est organisé par les CUMA de l’ouest de la France (Bretagne, Loire et Basse-Normandie), se tient tous les deux ans et accueille autour de 30 000 visiteurs.

Séminaire
Agriculture et CUMA :
une alliance stratégique

Quand : le 7 juillet 2010
Où : Centre Rousseau Saint-Jean-Port-Joli 390 rue Verreault Saint-Jean-Port-Joli G0R 3G0

Tous les membres des CUMA du Québec et de l’Ontario seront conviés à assister à ce séminaire, organisé par La Coop fédérée, en collaboration avec le MAPAQ ainsi que la Fédération des coopératives de développement régional du Québec.
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Lire aussi « Les CUMA de l’avenir » dans Le Coopérateur de janvier 2009 ou sur son site Web, à l’adresse suivante : http://www.lacoop.coop/cooperateur/ articles/2009/01/p20.asp

« Un des temps forts du salon, raconte M. Cardinal, a été cette réflexion stratégique sur ce que seront les CUMA en 2020. » Il faut savoir que les CUMA françaises regroupent 240 000 adhérents et ne se limitent plus à l’utilisation commune de machinerie : on voit aussi de nouvelles formes de partenariat apparaître, tel le partage d’outils de transformation de produits agricoles – une laiterie, par exemple. Le résultat de cette réflexion à Planète CUMA sera présenté par M. Cardinal lors d’un séminaire sur les CUMA, organisé par La Coop fédérée, qui se tiendra le 7 juillet prochain à Saint-Jean-Port-Joli (voir plus d’information dans l’encadré ci-dessous). Se joindront, comme partenaires de l’événement, le MAPAQ ainsi que la Fédération des coopératives de développement régional du Québec. Tous les membres des CUMA du Québec et de l’Ontario seront invités à y participer. Ce sera aussi l’occasion de lancer officiellement le Guide de bonnes pratiques en CUMA.

Christian Hébert, âgé de 35 ans et membre de la CUMA de Leclercville, y a adhéré dès qu’il a acquis une part dans son entreprise, en 1997. « Dans ma CUMA, ç’a toujours bien été. Tout le monde se parle et tout le monde s’entend, dit-il. Ce qui est important pour éviter des insatisfactions, c’est de faire attention à la machinerie comme si c’était à nous. Par exemple, si j’utilise la charrue et qu’après mes travaux je me rends compte que des pointes sont trop usées, je vais les changer moi-même. Je ne remettrai jamais un appareil s’il n’est pas en état de fonctionner. »

La CUMA dont Christian est membre est un succès, mais elle compte plusieurs années de vie et, comme bien d’autres, elle a dû surmonter quelques écueils en cours de route.

C’est la preuve que « la coopération n’est pas, a priori, une affaire aussi simple qu’elle le paraît, écrit l’auteur en conclusion. Elle commande un travail intense et continu ». De fait, le modèle est un excellent outil pour optimiser les coûts exorbitants de la mécanisation et avoir accès à du matériel performant. Mais les enjeux ne sont pas seulement économiques, ils sont surtout humains.

Liste des CUMA affiliées à La Coop fédérée

Coopérative d’utilisation
de machinerie agricole
de la Rivière du Bic
Le Bic

Coopérative d’utilisation
de machinerie agricole
de Laurierville
Laurierville

Coopérative d’utilisation
de machinerie agricole
de l’Érable
Plessisville

Coopérative d’utilisation
de machinerie agricole
de l’Or Blanc
Saint-Georges-de-Windsor

Coopérative d’utilisation
de machinerie agricole
de Saint-Fabien
Saint-Fabien

Coopérative d’utilisation
de machinerie agricole
de St-Cyprien
Saint-Cyprien

Coopérative d’utilisation de machinerie agricole de Ste-Croix, St-Édouard
Saint-Édouard-de-Lotbinière

Coopérative d’utilisation
de machinerie agricole
des Rivières
Sainte-Anne-de-la-Pérade

Coopérative d’utilisation de machinerie agricole Estrie-Mont
Saint-Joachim-de-Shefford

Coopérative d’utilisation de machinerie agricole et forestière du Lac
Alma

Coopérative d’utilisation de machinerie agricole Franco-Agri
Ste-Anne-de-Prescott
(Ontario)

Coopérative d’utilisation de machinerie agricole Jeannoise
Saint-Gédéon

Coopérative d’utilisation
de matériel agricole de la
Petite-Nation et de la Lièvre
Plaisance

Coopérative d’utilisation
de matériel agricole
de Leclercville
Leclercville

Coopérative d’utilisation
de matériel agricole
de St-Sylvère
Deschaillons

Coopérative d’utilisation
de matériel agricole
des Aulnaies
Saint-Jean-Port-Joli

Coopérative d’utilisation
de matériel agricole
l’Oie Blanche
Saint-Pierre

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