Le 17 février dernier, les membres du Club des petits déjeuners de l’école Cœur-Vaillant,
à Québec, étaient les hôtes d’un événement bien spécial : l’annonce officielle du
renouvellement du partenariat de Citadelle, coopérative de producteurs de sirop d’érable
et de la Fédération des producteurs acéricoles du Québec (FPAQ) avec le Club des
petits déjeuners du Québec.

En présence de ces inhabituels visiteurs en complet-cravate, les enfants en ont profité pour arroser généreusement leurs crêpes de sirop d’érable et pour déguster – une fois n’est pas coutume à cette heure matinale – leur première tire sur neige de la saison!

Pour Jean-Sébastien Reid, directeur de cette école où l’on recense pas moins de 22 langues parlées par les élèves, offrir le petit déjeuner aux plus démunis fait partie d’une approche globale pour que chaque enfant soit heureux de venir apprendre à l’école. Pionnière des écoles communautaires entrepreneuriales au Québec, cet établissement innovant et dynamique mise notamment sur une interaction étroite avec la communauté et sur l’initiation précoce des élèves à l’entrepreneuriat au moyen de projets de microentreprises.

Située en milieu défavorisé, l’école est membre du Club des petits déjeuners depuis au moins cinq ans, souligne M. Reid. « Près du quart de nos élèves en sont membres et entre 35 et 50 viennent y déjeuner chaque jour », précise-t-il. Le service est tellement apprécié dans la communauté, d’ajouter M. Reid, qu’il y a même une liste d’attente pour y faire du bénévolat! « Une fois rendus au secondaire, plusieurs jeunes qui en ont bénéficié souhaitent y revenir comme bénévoles », explique-t-il.

Nourrir dans un climat nourrissant L’école
Cœur-Vaillant fait partie des 244 écoles actuellement servies par le Club des petits déjeuners du Québec. Au cours de l’année scolaire 2008-2009 seulement, pas moins de 2,1 millions de petits déjeuners ont été servis quotidiennement par cet organisme à 15 000 enfants de toutes les régions de la province!

Directrice générale de l’organisme depuis sa fondation, en 1994, Francyne Charette rappelle qu’au tout début la mission du Club consistait essentiellement à venir en aide aux enfants défavorisés pour qu’ils arrivent en classe bien nourris et prêts à apprendre. Avec le temps, poursuit-elle, cette mission a pris une dimension plus vaste, soit nourrir sainement dans un climat nourrissant pour l’estime de soi.

« Quand on sait que 40 % de la population souffre de problèmes d’estime de soi, c’est important d’y remédier dès l’enfance », justifie Mme Charette. Plusieurs études démontrent en outre qu’il s’agit là d’un facteur capital dans la réussite scolaire.

Ce volet des activités du Club, baptisé « JeunEstime », mise sur le respect de la différence, sur la connaissance de soi et sur la coopération. Il s’appuie principalement sur la formation et le travail des 3500 bénévoles qui, en plus de préparer et de servir les repas chaque matin, deviennent rapidement des figures de sécurité et de réconfort pour les enfants. « Juste d’être accueilli par son prénom et par une parole gentille, cela peut faire une grande différence dans la vie d’un enfant négligé par ses parents ou rejeté par ses pairs », donne-t-elle comme exemple. Sans compter que les règles du Club interdisent toute forme de violence et d’intimidation. « Un jeune nous a déjà confié que la période du petit déjeuner était le seul moment de la journée où il n’avait pas de boule dans l’estomac! » relate Mme Charette.

Les enfants ont profité du renouvellement de l’entente entre Citadelle et la FPAQ pour arroser généreusement leurs crêpes de sirop d’érable et déguster leur première tire sur neige de la saison!

Pour faire croître l’estime de soi, plusieurs activités sont également proposées aux enfants, y compris des camps de vacances, des sorties, des projets parascolaires, des concours ou des visites de personnalités artistiques et sportives qui viennent servir le petit déjeuner à l’école. Francyne Charette est d’ailleurs bien fière du programme « Journaliste en herbe », qui permet à des jeunes de différents clubs de couvrir certains événements dans leur région et de publier le fruit de leur travail sur le site Web du Club.

Bien que l’effet de l’appartenance au Club sur la réussite scolaire soit difficilement quantifiable, « les enseignants observent qu’il y a moins de retards le matin, que les maux de ventre et de tête dont se plaignent les enfants diminuent et que la violence décroît en classe et dans la cour d’école », affirme la directrice générale. Cela est tout aussi vrai à l’école Cœur-Vaillant, où Jean-Sébastien Reid a constaté une amélioration notable de la santé physique et une baisse du taux d’absentéisme chez les jeunes qui fréquentent le Club.

Liste d’attente de deux ans
Si le Club des petits déjeuners du Québec prend de l’expansion à raison de 30 nouvelles écoles par année, il est encore loin de suffire à la demande. Compte tenu de leur indice de « défavorisation » élevé, 920 autres écoles de la province pourraient offrir ce service.

« Nous avons présentement une liste d’attente de deux ans, déplore Mme Charrette. Mais avant d’ouvrir un nouveau club, nous devons nous assurer d’avoir l’argent, les denrées et les bénévoles nécessaires, parce c’est un engagement à long terme que nous prenons envers les enfants. Notre plus grand échec, confie-t-elle, ce serait de devoir fermer un club. »

Comme 80 % du financement et des aliments du Club des petits déjeuners proviennent de dons du secteur privé, les partenariats avec des entreprises telles que Citadelle et la FPAQ sont indispensables au maintien et à la croissance de l’œuvre.

Négocié annuellement, l’engagement de Citadelle et de la FPAQ vient d’être renouvelé pour une troisième année consécutive. En 2009, les deux partenaires ont fourni 4500 litres de sirop d’érable, alors que cette année, 6000 litres seront offerts gracieusement pour accompagner trois des huit menus proposés en alternance aux enfants.

« Nous sommes très fiers de pouvoir offrir du vrai sirop d’érable encore cette année, parce que c’est un produit bien de chez nous qui cadre bien avec notre approche santé, affirme Francyne Charette. Et même s’ils ne sont pas tous conscients qu’il s’agit là d’un produit rare issu de notre terroir, les enfants l’apprécient, assure-t-elle. Pour plusieurs d’entre eux, en particulier les enfants originaires d’autres pays, le sirop d’érable est une savoureuse découverte! »

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