Entretiens
Maîtres-éleveurs Holstein 2009, rêver les deux pieds sur la terre

Le titre de Maître-éleveur est décerné annuellement depuis 1929 par l’Association Holstein du Canada (sauf en 1932, 1934, 1935, 1936 et 1938). En 2009, 21 producteurs au pays, dont 6 au Québec, ont décroché cette reconnaissance.

Pour concrétiser ses rêves, il faut passer à l’action, sans toutefois cesser de rêver… Bref, rêver dans l’action. C’est ce qu’ont fait trois lauréats du prestigieux titre de Maître-éleveur, décerné en 2009 par l’Association Holstein du Canada. Ils se sont fixé un objectif précis et ont tout fait pour l’atteindre.

Rêver les yeux grands ouverts, visualiser ce qu’on veut réaliser, dresser un plan d’action et s’y attaquer au quotidien. Voilà qui demande une bonne dose de rigueur, de discipline et de passion. Maître-éleveur, « le nom le dit », c’est être passé maître dans l’art de l’élevage. Bien entendu, on ne s’improvise pas Maître-éleveur. C’est le travail d’une vie, ou presque. Au bas mot, d’une quinzaine d’années. Mais ce n’est pas qu’une question de temps, répondront les gagnants. Tous s’accordent pour dire que le succès découle d’un amalgame d’éléments. D’une combinaison de facteurs qui, petit à petit, prennent forme.

Le diamant qui, entre les mains expertes de l’orfèvre, révèle tout son éclat. Le titre place ceux et celles qui le détiennent dans une classe à part. Mais non pas au-dessus des autres. Michel et Andrée, Gilles et Clément, Lynda et Mario, sont des exemples à suivre, des sources d’inspiration, des travailleurs acharnés prêts à faire partager leur savoir. Car ils ont aussi été inspirés, pour ne pas dire allumés, par d’autres avant eux qui ont tracé la voie et su donner au suivant. Itinéraires de trois « fous » (de joie!) de l’élevage.

Ferme Androberge, le charme discret de la simplicité

Le titre de Maître-éleveur est décerné annuellement depuis 1929 par l’Association Holstein du Canada (sauf en 1932, 1934, 1935, 1936 et 1938). En 2009, 21 producteurs au pays, dont 6 au Québec, ont décroché cette reconnaissance.

À 55 ans, Michel Roberge récolte les fruits de son travail. Et la plaque de Maître-éleveur est un véritable cadeau. « Pour moi, c’est une réussite grandiose, dit-il. C’est un rêve que je voulais réaliser à tout prix. Je l’attendais. C’est toute une émotion. » Onil et Liliane, ses parents, ne pensaient pas voir ça de leur vivant. Ils en sont fiers autant que s’ils avaient eux-mêmes remporté la prestigieuse décoration.

Michel quitte l’école à 17 ans. Il rêvait déjà de prendre les commandes de l’entreprise. Mais ce n’est qu’en 1987 qu’il fera l’acquisition, avec Andrée Bélanger, de l’entreprise de Chesterville, regroupant alors 90 têtes Holstein, dont 35 vaches en lactation. Onil avait déjà posé les bases de la réussite en commençant l’élevage de race. Une fois propriétaire, le couple change le préfixe du troupeau : Lilianil devient Androberge.

Le jeune éleveur achète du quota, de bons sujets et passe le plus clair de son temps à l’étable. Traite, alimentation, tonte, entretien. Bref, là où ça compte. La machinerie n’est pas une priorité et ne le sera jamais. L’épandage des fumiers et l’enrobage des balles rondes sont réalisés à forfait. La ration alimentaire est simple, efficace et distribuée en cinq repas de fourrages et de concentrés. Avec ses meilleures vaches, Michel commence aussi les superovulations, qui lui permettront d’accélérer le développement du troupeau. En plus des statistiques d’élevage, la génomique viendra dorénavant donner une nouvelle impulsion au processus d’amélioration.

Tout ce temps à l’étable lui permet d’observer le comportement des vaches, de détecter les chaleurs et, lorsqu’ils se présentent, de mettre rapidement le doigt sur les bobos. L’étable, simple et fonctionnelle, abrite aujourd’hui 110 têtes. La production de lait des 60 vaches Androberge est de 10 255 kg par an en moyenne et leur état de santé, très bon, ce qui satisfait pleinement Michel. « Il n’y a pas de recettes, c’est un travail de tous les jours et Michel est plein d’attention », dit Marc Charpentier, expert-conseil à La Coop Pré-Vert.

distributeur automatique d’aliments
L’ordinateur portatif du distributeur automatique d’aliments permet de facilement reprogrammer l’alimentation en concentrés de chaque vache du troupeau.

Au fil des ans, Michel constatait que des éleveurs de sa région décrochaient le fameux titre. « Si je pouvais réussir ça… », se disait-il alors, propulsé par une saine ambition. L’émulation a fait son œuvre. Il a travaillé d’arrache-pied, sans jamais fléchir. Trois familles de vaches, Valette, Brooke et Sacha, se démarqueront particulièrement et constitueront la fondation du troupeau Androberge. BMW, une autre vache prometteuse, se pointe à vive allure.

Michel n’a pas le couperet facile. Il met l’accent sur la conformation (membres, profondeur, caractère laitier) et donne une chance à ses vaches, même lorsqu’elles présentent une petite faiblesse ici ou encore un petit problème là. Il sait qu’il peut les travailler. « Avec une bonne taille des sabots, par exemple, on peut améliorer les membres », dit-il.

En matière de conformation, son seuil de tolérance, c’est Bonne Plus à la première classification. Bonne, à la limite, si l’animal a du potentiel. Sinon, c’est la réforme. Mais encore faut-il qu’il se garde des porteuses pour les transferts d’embryons. C’est pourquoi, en fin de compte, l’âge moyen du troupeau Androberge est assez élevé, soit 5 ans et 3 mois, alors que la longévité moyenne pour l’ensemble des élevages sous contrôle laitier au Québec est de 4 ans et 1 mois, indique Marc Charpentier. La doyenne de l’élevage, Androberge Rudolph Bianki, a 12 ans et enregistre une production à vie de plus de 100 000 kilos de lait. Huit autres vaches de l’élevage ont aussi atteint ce plateau. Le troupeau garde dans ses rangs 4 EX, 37 TB et 21 BP.

Michel n’achète et ne commercialise que peu d’animaux. Il acquiert quelques embryons à l’occasion. Son univers immédiat, dont il est très fier, lui suffit amplement. Au printemps, l’érablière de 2000 entailles lui permet momentanément de décrocher. Une période de réflexion bien appréciée qui donne le recul nécessaire pour repartir avec la tête pleine d’idées fraîches.

Le couple a quatre enfants : Marie-Pier, Geneviève, Amélie et Marc-Antoine. Tous ont contribué à leur façon au succès de l’entreprise. À 15 ans, Marc-Antoine, qui manifestait jusqu’ici un intérêt marqué pour la machinerie, s’intéresse de plus en plus à l’élevage. Le titre de Maître-éleveur a ravivé ses ardeurs à l’étable, d’autant plus que l’entreprise compte deux sujets en voie de décrocher la classification Excellente.

Ferme Androberge

Garder des « Très Bonne » avec de la longévité et une production à vie de 80 à 100 000 litres de lait, voilà le mot d’ordre de Michel et Andrée.


L’alimentation du troupeau

Par Marc Charpentier, T.P.
Expert-conseil, laitier-végétal
La Coop Pré-Vert

Vaches en lactation : Maïs cassé, Supplément protéique et énergétique, Minéraux Foin sec en balles carrées, Ensilage de balles rondes

Taures : Moulée complète

Préparation au vêlage : Transilac 17

Ferme Clovis Holstein, partir de la base

Ils admettent qu’il y a une part de chance dans l’atteinte des succès que connaît leur entreprise. Mais une chance qu’il faut faire, précisent-ils, qu’il faut provoquer et alimenter. Par le travail, la confiance, la détermination et l’engagement.

Clément et Gilles Ouellet sont d’avis que pour se distinguer dans l’élevage d’animaux laitiers de haut niveau, il faut commencer par la base. Les veaux. Et en tirer tout le potentiel. La base, c’est aussi cette belle ferme de Saint-Alexandre-de-Kamouraska qu’ils ont achetée à leurs parents, Julien Ouellet et Alice Plourde, en 1987. Julien et Alice l’avaient eux-mêmes achetée une trentaine d’années plus tôt, en 1954. Ils élèvent alors du porc et des vaches. Julien est un avant-gardiste. Il est le deuxième de la paroisse à installer un système de traite avec pipeline et un des premiers à stocker son ensilage (de maïs!) dans un silo de type bunker.

Vache Clovis Goldwyn Splendide
Photo : pab
Vache Bolton Sandrine
Photo : Vicki Fletcher
De haut en bas:
Clovis Goldwyn Splendide fait la fierté des producteurs. Jusqu’à maintenant, 160 embryons de cette vache classifiée TB-88 à son premier vêlage, ont été mis en marché au Québec, en Allemagne, en France, en Belgique et en Corée du Sud. On tire également de nombreux embryons de Bolton Sandrine.

Les deux successeurs débutent avec une terre de 120 hectares (350 arpents), un quota de 20 kilos et un troupeau de 68 têtes Holstein croisées comprenant quelques sujets de race pure. Clément a alors 25 ans et son frère, Gilles, 20 ans; tous deux ont été formés à l’ITA de La Pocatière. Ils se rendent compte en effectuant des stages dans des fermes laitières qu’ils sont mordus d’élevage. Il est clair dans leur esprit qu’ils développeront des familles de vaches.

Les deux frères avaient déjà mis la main sur Filiber Enhancer Rumeur en 1986, alors classifiée BP-83 à 2 ans. Cette vache leur est tombée dans l’œil. Issue de mères TB, Rumeur présente les caractéristiques liées à la conformation qui cadrent avec leurs objectifs.

« On a cru à cette famille », dit Clément, qui avait alors un faible pour Enhancer. Elle ne décevra pas les frères Ouellet. Rumeur, aujourd’hui TB-87 5*, sera croisée avec le taureau-vedette de l’époque, Hanoverhill Starbuck. De cette union naît Clovis Starbuck Rubi, TB-88 15*, une vache qui engendrera notamment quatre filles EX et dix TB. De 1990 à 1992, Rumeur se classera parmi les dix meilleures vaches au Canada. Cette vache et sa progéniture, mâle et femelle, sont à la base du succès de la ferme Clovis Holstein. En effet, 90 % des sujets du troupeau descendent de cette fameuse Rumeur.

Gilles et Clément favorisent les vaches de grande capacité, ayant un bon pis, et de haute productivité, mais sans pour autant négliger les taux de matière grasse et des autres composants. Avec ses 62 pouces, la grande Rumeur a engendré trois générations de vaches dont le lait contient un taux de matière grasse très élevé.

La célèbre vache a été mise sur un programme de superovulation et croisée avec le taureau Valiant Ted. Une de ses petites-filles a été nominée Tout-Québec. Il y a deux ans, une autre d’entre elles a décroché une mention All-Canadian.

Les éleveurs capitalisent aussi sur la longévité de leurs animaux. « Qu’une vache demeure longtemps ou non dans le troupeau, les coûts d’élevage sont les mêmes », explique Gilles.

« Le premier critère de sélection de l’acheteur, c’est le pis, fait savoir Clément. Aussi, 40 % des points de classification attribués à un animal concernent cette partie de l’animal. » Clovis Nobel Bobinette EX-93 3E est, à ce titre, une vache extraordinaire, au dire des éleveurs. On choisit donc un taureau qui domine pour ce critère. Les éleveurs mettent à profit les indices génomiques pour sélectionner les meilleurs taureaux. Des indicateurs de conformation et de productivité élevées sont en tête de la liste de leurs priorités.

Les propriétaires de la Ferme Clovis Holstein, fiers lauréats du titre Maître-éleveur Holstein.

L’entreprise des frères Ouellet a pris passablement d’expansion depuis qu’ils en ont fait l’achat, il y a 23 ans. On y trouve aujourd’hui 185 têtes en élevage et 283 hectares, dont 243 en culture. La production annuelle moyenne de lait des 80 vaches se chiffre à 10 900 kilos.

Clovis Holstein a décroché, lors de la dernière classification, 2 vaches EX, 8 TB de 2 ans et 9 TB de 2e, 3e et 4e veaux, ce qui porte le total de la ferme à 9 EX, 55 TB et 20 BP. Depuis l’achat de la ferme, 17 vaches et 2 taureaux ont été classifiés EX. L’entreprise se distingue aussi lors des expositions : chaque année depuis 1999, elle a raflé la bannière de Premier éleveur à Saint-Pascal; quant à celle de Premier exposant, elle l’a décrochée six fois au cours de la même période.

Une étable, attenante au bâtiment principal, a été construite en 2000. On y garde les animaux de l’âge de 8 à 9 mois jusqu’au vêlage, et les vaches taries. Deux parcs de vêlage y ont été aménagés. « Dans ce bâtiment, les animaux développent mieux leur potentiel », fait savoir Gilles.

Le quart des revenus de la ferme provient de la vente d’animaux et d’embryons. Une trentaine de sujets, une centaine d’embryons et plusieurs taureaux sont vendus chaque année. Plusieurs des vaches des Ouellet figurent au classement des 1000 meilleures au Canada en fonction des indices génomiques. Ce registre est consulté par nombre d’acheteurs, notamment à l’étranger.

Clément et Hélène ont trois enfants : les jumeaux Mathieu et Simon, âgés de 16 ans, et Claude, 12 ans Gilles et Karine ont trois enfants (dont des jumeaux) : Émile et Maxime, 7 ans, et Katrine, 4 ans.
Clément et Hélène, comptable analyste au Groupe Dynaco et responsable de la comptabilité de la ferme, ont trois enfants : les jumeaux Mathieu et Simon, âgés de 16 ans, et Claude, 12 ans. Les jumeaux veulent faire des études à l’ITA. Gilles et Karine, éducatrice en CPE, ont aussi trois enfants (dont des jumeaux) : Émile et Maxime, 7 ans, et Katrine, 4 ans.

Une trentaine de leurs taureaux ont trouvé preneur dans plusieurs centres d’insémination du globe. L’un d’entre eux a même fait son chemin jusqu’au Japon. Les deux producteurs visent à accroître cette portion de leur chiffre d’affaires en faisant plus de commerce aux États-Unis et en Europe.

« Il ne faut pas perdre de vue la rentabilité de l’entreprise, avertit Clément. Il faut un bon équilibre dans tous les secteurs d’activité de la ferme. » « Pour cela, poursuit Gilles, on ne doit pas trop s’attacher aux animaux et il faut saisir toutes les occasions d’affaires. Il faut satisfaire tous les créneaux d’acheteurs et éviter de dépendre d’un seul marché. »

L’alimentation du troupeau

Par Bernard Brillant, agr.
Expert-conseil
Groupe Dynaco

Vaches laitières RTM : Supplément Symbiose 55 VIP, Tourteau de soya, Grains mélangés, Maïs-grain humide, Ensilage de foin, Ensilage de maïs, Foin sec

Hubert Bélanger, T.P.
Expert-conseil
La Coop Saint-Alexandre

Taures : Goliath Expo + minéral Pro Taures

Vaches taries : Minéral P-7 VIP

Préparation au vêlage : Transilac VIP, Ration de base (pour tous), Ensilage demi-sec (balles rondes) à volonté, Foin sec

Site Internet : www.clovisholstein.com

Ferme du Vieux Saule, Espoir et audace

Pour la famille Perreault, 2012 sera une année à marquer d’une pierre blanche. Une grande étape d’un parcours débuté il y a près de 30 ans aura été franchie. Le parcours de toutes les espérances qu’est venu bénir le titre de Maître-éleveur Holstein.

Une nouvelle étable, au moins deux fois plus d’animaux et presque trois fois plus de quota : c’est le projet pour les deux prochaines années, d’ici à 2012. « Les astres sont bien alignés », dit Mario Perreault. Au moment d’écrire ces lignes, la construction de l’étable, amorcée en juillet 2009, était presque achevée. Cent vaches pourront y loger dans le plus grand confort (50 de plus qu’aujourd’hui). Et le quota, actuellement d’une quarantaine de kilos, passera, si possible, à 120 kilos.

Ce nouveau départ est mis sur les rails dès 1981, après que le troupeau Vieux Saule eut été décimé par la tuberculose. Près de 80 têtes, dont la moitié de race pure. Un événement dévastateur qui a presque eu raison de la motivation de Claude Perreault, fondateur de l’entreprise de Saint-Esprit, alors âgé de 50 ans. Du Saint-Esprit, en de telles circonstances, il en aurait sans doute bien eu besoin… Mais voilà, Claude et Jeannine, son épouse, sont des piliers, et ils sont demeurés en place pour que leur fils, Mario, puisse s’établir, car ce dernier avait la ferme volonté de poursuivre le travail commencé. Le Vieux Saule, préfixe de l’entreprise depuis 1977, a tenu bon.

Famille Perreault : Mario, Linda y Jimmy
Lynda se charge de la gestion, des finances et de la comptabilité. Mario siège au conseil d’administration de Holstein Canada et veille à l’administration générale de la ferme. Jimmy, leur fils, est responsable du troupeau, de la production et du développement du commerce de la génétique.

Croire dur comme fer en ses capacités de réussir. Tout est là. « J’ai eu un choix à faire, dit Mario, car mon père ne voulait pas gérer le troupeau. J’avais 20 ans et je ne connaissais pour ainsi dire rien. » Mario décide de bien s’entourer. De travailler avec les meilleurs. « Une des forces de l’entreprise », dit-il. Des spécialistes dans tous les domaines l’épaulent. Expert-conseil, agronome, contrôleur laitier, inséminateur, vétérinaire, conseiller en gestion.

Pour repeupler le troupeau, Mario et Lynda, son épouse, font appel à l’agronome et représentant de territoire Jean-Luc Laroche, aujourd’hui nutritionniste en alimentation des ruminants à La Coop fédérée. Ce dernier aide le couple à se procurer cinq ou six bêtes dans chacun des six troupeaux élites sélectionnés. Une trentaine de têtes au total, la plupart des taures de deux ans n’ayant pas mis bas. L’investissement est important. Heureusement, les parents sont là pour les soutenir financièrement. Jeunes et fonceurs, Mario et Lynda achètent la ferme en 1984.

Autre force de l’entreprise : « l’ouverture d’esprit », fait valoir Jimmy Perreault, fils de Mario et Lynda, 24 ans, diplômé du programme Farm Management and Technology du campus Macdonald de l’Université McGill et qui possède, depuis janvier 2009, 50 % des actions de l’entreprise. Ses parents se partagent le reste. Les sœurs de Jimmy ont opté pour d’autres carrières. Tanya est microbiologiste et Cynthia poursuit des études en psychologie.

L’entreprise a fait l’objet d’un reportage dans la prestigieuse revue Holstein International en décembre 2008.

En élevage, Mario a une préférence pour le type « Beauté et utilité », des bêtes qui présentent à la fois une belle conformation et une bonne productivité. « Ce sont les bêtes qui m’impressionnent le plus sur les terrains d’exposition », dit-il. Avec son fils, il oriente les choix de sélection sur cette voie. Il vise aussi les caractères reliés à la santé (fertilité, faible compte de cellules somatiques, facilité au vêlage), dont la demande est en forte hausse sur les marchés internationaux.

Jimmy souhaite d’ailleurs que le chiffre d’affaires de l’entreprise repose un jour davantage sur la vente de génétique, notamment d’embryons, ici comme à l’étranger. La concurrence est forte dans ce commerce mondial, mais il est prêt à s’y mesurer. Cet été, il est justement allé étudier les marchés de plusieurs pays.

Famille Perreault : Mario, Linda y Jimmy

Vieux Saule Allen Dragonfly EX-94 est une vache digne de mention et dont les Perreault tirent une grande fierté. Elle est à la base d’une des plus illustres familles souches de l’entreprise. Dragonfly a donné naissance à de nombreuses filles de renom qui ont fait bonne figure, entre autres, lors d’expositions et en matière d’IPV. « Les sujets issus de cette famille permettent de combler tous les marchés », soutient Jimmy. La Ferme du Vieux Saule n’hésite pas à faire état de ses avantages concurrentiels. « Ici, c’est comme un magasin, fait valoir Jimmy. On a beaucoup de choix : conformation, production, facteur rouge. Les acheteurs peuvent tout voir d’un seul coup d’œil. On est en mesure de répondre à la demande internationale. »

La ferme est d’ailleurs située à proximité de l’aéroport de Montréal, fait remarquer Lynda, ce qui est apprécié des acheteurs de l’étranger.

Des sujets de haut niveau génétique possédés en copropriété avec plusieurs éleveurs donnent la possibilité d’élargir le bassin de receveuses de l’entreprise. En fin de compte, cette façon de faire permet de pouvoir multiplier les transferts d’embryons et d’avoir accès à un marché plus étendu.

La gestion est d’une importance capitale pour les propriétaires de la ferme. Un suivi minutieux, vache par vache, est réalisé jusque dans les moindres détails avec l’experte-conseil Isabelle Guay et le vétérinaire. Un système informatique dresse la liste des tâches quotidiennes à effectuer. Mentionnons également qu’un nouveau système de traite calcule le lait produit par chacune des vaches. Toute baisse anormale de production est détectée. L’étable entière est pourvue d’un accès Internet haute vitesse sans fil.

Les défis ne manquent pas pour ces producteurs qui, dans toute cette mouvance, se laissent encore de la place pour l’expansion. Maître-éleveur, la reconnaissance suprême en matière d’élevage est, pour eux, stimulante et motivante. Un tremplin, en quelque sorte. Mais ils ne tiennent rien pour acquis. Partis de loin, ils échafaudent leur avenir étape par étape, avec l’espoir, le courage et l’audace dont ils ont toujours su faire preuve.

L’alimentation du troupeau

Par Isabelle Guay, T.P.
Experte-conseil
La Coop Profid’Or

Génisses et taures : Bovo XLR, Goliath 21, Deccox, Maïs et 85-15, Foin sec

Vaches - RTM de base : Ensilage de maïs (silo « conventionnel »), Ensilage de foin (silo hermétique), Foin sec Maïs sec, Simplex personnalisé

Distributeur automatique de concentrés sur rail – Six compartiments : Supplément Profil aux plus fortes productrices, Transilac 17 pour la préparation au vêlage, Moulées pour génisses et taures

Classification du troupeau : 6 EX, 30 TB, 24 B

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