Entretiens
La Tournée Select 500
Un atelier d’évaluation d’ensilages a permis à ceux qui avaient fourni un échantillon de voir leurs façons de faire évaluées par un expert, l’agronome Germain Lefebvre, président d’Agro-Bio Contrôle. Un producteur s’est démarqué de son groupe à chacune des trois journées : Samuel Chagnon, de la Ferme M.R. Chagnon, à Acton Vale; Frédéric Pelletier, de la Ferme Dupotier, à Saint-Donat (Bas-Saint-Laurent); et Stephan Kunz, de la Ferme Redstone, à Saint-Eugène, en Ontario.

Un nombre important de propriétaires de grands troupeaux laitiers ont répondu à l’invitation du réseau La Coop en assistant à l’une ou l’autre des trois journées d’information préparées tout spécialement à leur intention, les 30 et 31 mars et 1er avril derniers, tenues respectivement à Lévis, Alexandria (Ontario) et Saint-Hyacinthe.

Les experts-conseils des coopératives, les directeurs de vente de même que l’équipe du Service des ruminants de La Coop fédérée ont été les instigateurs de cette première, à laquelle les 500 plus grandes entreprises laitières du Québec et de l’Est ontarien avaient été conviées.

Sous le thème « Tournée Select 500 », ces journées avaient pour but de fournir de l’information de pointe spécialement adaptée à ces producteurs de haut niveau, dont le quota moyen avoisine les 150 kilos par jour.

Sylvain Boyer, premier directeur, Service des ruminants de La Coop fédérée, commente : « Une seule et même offre de services ne peut cadrer adéquatement avec les exigences très variées de tous les producteurs. C’est pourquoi le réseau La Coop adapte et configure son positionnement stratégique de façon précise, en fonction des divers besoins de sa clientèle. On ne néglige personne. On répond aux besoins de chacun. Un producteur de 50 vaches n’a pas les mêmes attentes qu’un producteur de 250 vaches, bien qu’ils soient, à nos yeux, tout aussi importants l’un que l’autre. »

Des conférences de haut niveau
« Pour faire du lait, il faut s’assurer du confort des vaches et de leur fournir une bonne alimentation », a résumé l’agronome Germain Lefebvre, propriétaire de l’entreprise Agro-Bio Contrôle et conférencier à la Tournée Select 500. M. Lefebvre, également président du Conseil québécois des plantes fourragères, a traité de la régie des silos-couloirs, en insistant sur le fait que des fourrages de qualité sont la base de toute bonne ration.

Sylvain Boyer a d’ailleurs illustré clairement qu’une augmentation somme toute modeste de la production de lait d’un troupeau peut se traduire par un accroissement considérable du revenu. « Un litre de plus par vache, dans un troupeau de 150 vaches, entraîne une hausse de revenus de 20 000 à 30 000 $ par année », a-t-il déclaré.

En matière de confort des animaux, la voie a été ouverte par l’agronome Mario Boivin, nutritionniste en alimentation des ruminants à La Coop fédérée. De nombreuses études ont démontré que le confort représente, avec la génétique et la nutrition, un des facteurs clés qui permettent aux sujets d’un troupeau de demeurer en bonne santé et d’exprimer leur plein potentiel de productivité. Les effets négatifs du manque de repos sur la production d’une vache ont été largement documentés, a indiqué M. Boivin. En deçà de 12 heures de repos par jour, confortablement couchée dans une stalle suffisamment longue et large, une vache verra sa production chuter, ont révélé les études. En outre, le confort se traduit par suffisamment d’espace à la mangeoire.

Donc, gare à la surpopulation dans les étables, avertissait-il. « Miser sur le confort des vaches est un investissement et non une dépense », concluait Mario Boivin.

Jean-Luc Laroche, nutritionniste en alimentation des ruminants à La Coop fédérée, a fait savoir de son côté qu’une consommation volontaire élevée de matière sèche durant la période périvêlage peut éviter bien des problèmes métaboliques : hypocalcémie, acétonémie, métrite, déplacement de caillette, difficultés de reproduction. C’est en effet la mobilisation excessive des réserves corporelles en début de lactation, provoquant un bilan énergétique trop négatif, qui est responsable de ces troubles, a-t-il dit. M. Laroche a notamment indiqué que des technologies sont maintenant offertes pour mesurer plus facilement et plus objectivement l’état de chair des animaux, comme l’imagerie numérique et le poids corporel à chaque traite, avec des modèles mathématiques permettant de prédire l’évolution future de la perte de poids au cours de la lactation.

Participants à l’atelier de Saint-Hyacinthe lors de la Tournée Select 500.
Participants à l’atelier de Saint-Hyacinthe lors de la Tournée Select 500.
Photo : La Coop fédérée

De nouvelles façons de faire en matière de confort et d’alimentation ne pourraient voir le jour sans une bonne dose de recherche et développement. C’est ce qu’est venu expliquer David Arseneau, directeur du service technique, Service des ruminants, à La Coop fédérée. Le réseau mondial de recherche Cooperative Research Farms (CRF), auquel est associé depuis de très nombreuses années le réseau La Coop, est un carrefour d’innovations pratiques que les producteurs peuvent mettre en application à la ferme.

« CRF fait de la recherche d’application pratique, a indiqué David Arseneau. Qu’il s’agisse de reproduction, de photopériode ou d’alimentation, les chercheurs du réseau se préoccupent d’abord de savoir quelles en seront les retombées immédiates pour les membres. »

Produire, oui, bien sûr, mais dans quel contexte économique, politique et social? Cette question de première importance et dont plusieurs éléments auront un impact sur la production laitière a fait l’objet, aux sessions de Lévis et de Saint-Hyacinthe de la Tournée Select 500, d’une conférence de Mario Hébert, alors économiste principal et premier responsable du développement durable à La Coop fédérée.

M. Hébert a mis en évidence sept points de rupture (géopolitique, économie, écologie, démographie, technologie, énergie et alimentation) à prendre sérieusement en considération au cours des années à venir. Il a également signalé que La Coop fédérée, qui prend résolument position en faveur du maintien de la gestion de l’offre, a su se doter d’une représentation suffisamment solide pour suivre de près les négociations de l’Organisation mondiale du commerce.

Centré sur ses membres et clients, le réseau, a-t-il souligné, se veut une solution de rechange à l’intégration, un soutien de premier plan à la relève et un pionnier en matière de développement durable.

Enfin, à Alexandria, le professeur James Spain, de l’Université du Missouri, a entretenu les producteurs présents du stress causé par la chaleur.

Claude Lafleur, chef de la direction de La Coop fédérée, était présent à deux rencontres sur trois. Il a notamment fait ressortir toute l’importance, dans une économie de marché basée sur la croissance, de faire des choix stratégiques en matière de gestion de l’entreprise agricole. M. Lafleur a également souligné la nécessité de se fixer des objectifs clairs et mesurables, d’assurer la pérennité de l’entreprise en ne tardant pas à se pencher sur les questions de relève et de transfert de ferme, de choisir le bon partenaire d’affaires et, surtout, de prendre soin de soi et de ceux qui nous entourent.

Le premier directeur du Service des ruminants, Sylvain Boyer, fait un bilan positif de la Tournée Select 500. « Avec nos produits et services, notre expertise, notre présence locale et la force de notre réseau, nous avons pu montrer aux membres et clients qu’ils sont au bon endroit et que nous sommes là d’abord et avant tout pour eux », dit-il.

Commentaires des participants

Peter Streble, Saint-Blaise
100 vaches en lactation
« Il faut être compétitif, avoir les deux mains sur le volant et s’adapter à la réalité mondiale avant que ça nous arrive. Pourquoi, en agriculture, on n’aurait pas le droit de faire de l’argent? C’est peut-être notre façon de voir… Il faut avoir une vision business. »

Karine Vachon et Jean-François Bolduc
Ferme C.L. Bolduc, Compton
75 vaches en lactation, troupeau de 150 têtes
« Une journée intéressante et dynamique qui nous place dans une perspective mondiale. Je suis administratrice à La Coop Compton. Je m’engage. Et je vais continuer à le faire. J’ai de jeunes enfants et je veux les intéresser à ce que je fais pour assurer la relève de l’entreprise. » – Karine Vachon

Catherine Lambert
Ferme D.J. Lambert, Saint-Léon
120 vaches en lactation
« Ç’a été une très bonne journée, très appréciée, qui répond à l’actualité. Les conférences techniques nous ont donné de bonnes pistes, une autre façon de voir les choses. Dans notre cas, le défi, c’est d’améliorer le confort des vaches et de mieux nous positionner sur le plan économique. »

Raphaël Beauchemin
Ferme J. N. Beauchemin et fils, Saint-Ours
225 vaches
« C’est la première fois que j’assiste à une conférence adaptée à la grosseur de notre ferme. Nos enjeux sont différents. Il faut savoir prévoir la production et l’impact qu’elle aura sur nous aujourd’hui, demain et à long terme. »


Emmanuelle Vincent, productrice et experte-conseil
Ferme Beljacar, Acton Vale
75 vaches
« La journée a été très bien. Particulièrement la conférence de Mario Hébert. On oublie quels sont les avantages de La Coop et ce qu’elle défend : notre position à l’OMC, la gestion de l’offre. On est les seuls à défendre ça. Il y avait beaucoup de femmes et de jeunes présents à cette journée, qui gèrent de gros troupeaux. Il y a un vent nouveau. »

Julia Ferland
Ferme Ferland et fils, Compton
150 vaches
« Les conférences étaient bien ciblées à notre réalité, les silos bunker, les salles de traite, la gestion du personnel. Ce sont bien souvent des choses qu’on sait, mais qu’on oublie, et il est bon de se les faire rappeler. »

Marc Quesnel, administrateur à La Coop fédérée
Moose Creek, Ontario
140 vaches en stabulation libre
« Très bien. Beaucoup d’information très, très pertinente. Les conférences avaient de la profondeur. Celle sur le heat stress, par le professeur James Spain, de l’Université du Missouri, nous a fait voir la ventilation d’un autre œil. L’information était bien ciblée à la taille de notre ferme. On est très intéressés à obtenir de l’info et à avoir des réunions adaptées aux gros troupeaux. »

Samuel Chagnon
Ferme M.R. Chagnon inc. (Troupeau Charmvale), Acton Vale
135 vaches, 260 têtes
« Une journée avec des sujets d’actualité qui correspondaient à notre réalité. S’il y en a une autre, j’irai. J’ai été impressionné par toute la recherche qui se fait dans le grand réseau CRF. J’ai beaucoup aimé la conférence sur la conservation des ensilages. »

Alphonse Pittet
Ferme Pittet et fils, Saint-Tite
240 vaches
« Nous l’attendions. Organisée par des professionnels, pour des professionnels. L’ouverture par M. Claude Lafleur a été très appréciée et témoigne de l’importance que La Coop fédérée accorde aux membres différents. Cela nous prouve que, dans les coops, les gens ont compris que la clientèle est segmentée. Il faut aller rencontrer les membres et les écouter pour mieux les connaître. Nous sommes une clientèle courtisée, mais peu d’organisations ont su nous rencontrer comme le font les coops. Dans nos régions, nous sommes isolés. Lorsqu’on est ensemble, on se comprend, c’est le même langage. »

Gilles Gauthier
Ferme Aston, Saint-Léonard-d’Aston
600 vaches
« Une belle initiative. Nos besoins sont différents de ceux des petites entreprises. Pour réduire les coûts, faire plus d’argent, être plus rentables, il faut s’organiser. Je suis l’initiateur du groupe Gesthumain, formé il y a 12 ans, un groupe de grandes entreprises qui se rencontrent fréquemment pour parler de gestion des ressources humaines. »

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