Entretiens
Des plantes carnivores à la maison, Par Éloïse Gagnon

Les plantes carnivores fascinent petits et grands en raison de leurs feuilles modifiées en pièges sans pitié. Pourquoi la nature s’est-elle dotée de telles créatures? Les plantes carnivores proviennent de milieux très pauvres ou difficiles à explorer par les racines à la recherche d’éléments nutritifs. Elles ont donc évolué de manière à ce que des pièges – leurs feuilles – leur permettent de digérer de la « viande » qui leur fournit des éléments nécessaires à leur développement.

N’ayez crainte : leur menu est principalement composé d’insectes, d’araignées, de petits invertébrés et, moins fréquemment, de rongeurs (p. ex. le rat) et de petits oiseaux! On compte 500 espèces de plantes carnivores dans le monde, dont 15 au Québec, notamment des grassettes (Pinguicula), sarracénies, drosères et utriculaires (plantes aquatiques).

Comment fonctionnent les pièges?
Les pièges peuvent être actifs, c’est-à-dire qu’ils nécessitent un mouvement relativement rapide de la plante. C’est le cas des dionées, dont les « mâchoires » se referment sur leur proie, et celui des drosères, qui enroulent sur leur proie leurs feuilles garnies de poils gluants. De l’autre côté, il y a les pièges passifs, qui ne nécessitent aucun effort de la plante. Les grassettes, avec leurs feuilles gluantes, ainsi que les népenthès et sarracénies, avec leurs urnes remplies d’eau et de sucs digestifs qui noient et digèrent les plants, font partie de cette catégorie.

Comment les cultiver?
Les plantes carnivores que l’on trouve à l’état naturel croissent dans les tourbières (milieu acide, pauvre en azote et humide) ou dans les forêts tropicales (humidité très élevée). Cultiver les plantes carnivores, quoique plus difficile, représente un défi intéressant pour les jardiniers amateurs et est extrêmement captivant pour les enfants. Voici (en encadré) deux suggestions de plantes carnivores relativement faciles à trouver en centre de jardin.

Pour plus d’information :

Jardin botanique de Montréal :
www2.ville.montreal.qc.ca/jardin/info_verte/plantes_carnivores/carnivores.htm www.infoscarnivores.com/

La dionée attrape-mouche (ci-dessus)

Terreau : 50 % tourbe et 50 % sphaigne.
Contenant : L’air ambiant étant souvent trop sec, il est préférable de la cultiver dans un terrarium ou sous un dôme.
Luminosité : lumière intense. Tolère un peu le soleil direct.
Température : 18 -22 °C, minimum 10 °C en hiver.
Arrosage : Maintenir le terreau humide en permanence avec de l’eau de pluie ou de la neige fondue, à température ambiante. Un arrosage quotidien peut être nécessaire. En hiver, placer au frais, recouvrir le pot d’un dôme de plastique et maintenir le terreau moins humide.
Fertilisation : De février à août. Si la plante ne mange pas d’insectes, lui en donner modérément.

Le népenthès (ci-contre)

Terreau : 50 % de tourbe, 20 % de sable grossier, 20 % de vermiculite, 10 % de perlite. On peut lui ajouter du charbon de bois horticole pour limiter les risques de pourriture.
Contenant : À cultiver comme plante suspendue ou en terrarium.
Luminosité : Près d’une fenêtre, mais éviter le soleil direct.
Température : 18 °C, minimum 10 °C en hiver.
Arrosage : Humidité ambiante oscillant entre 70 et 90 % (p. ex. : salle de bain). Vaporisation quotidienne du feuillage et arrosage régulier avec de l’eau non calcaire (eau de pluie).
Fertilisation : De février à août, une vaporisation foliaire d’engrais à base d’algues peut être effectuée (demi-dose). Si la plante ne mange pas d’insectes, lui en donner modérément.

Ronald Lussier
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