Entretiens
L'engagement dans le sang, par Isabelle Saint-Pierre
À l’aube de la cinquantaine, Martine Lemieux fait plus qu’habiter la petite municipalité de Saint-Gédéon-de-Beauce : elle participe activement au développement du milieu par son engagement bénévole depuis plus de 20 ans. Pour cette mère de famille de trois enfants, âgés de 22 à 26 ans, l’engagement bénévole est une seconde nature : « J’en ai besoin. Je rencontre des gens, j’apprends, je fais ma part, bref, je me sens utile. »

Son parcours de bénévole commence lors-qu’elle devient catéchète. Ensuite, elle s’engage au Club optimiste. Après un passage au conseil d’administration de l’aréna, elle prendra la relève de son beau-frère au conseil d’administration du Magasin Coop de Saint- Gédéon, en 1999. « C’était l’occasion d’apprendre et de relever de nouveaux défis », précise-t-elle. Pour cette femme dynamique et modeste, s’engager au sein d’un conseil d’administration, c’est faire partie d’une équipe où chacun contribue avec ses connaissances, son potentiel et ses différences. « On n’a pas besoin de tout connaître », dit-elle.

Situé à 30 minutes de Saint-Georges et de Lac-Mégantic, le Magasin Coop de Saint-Gédéon offre des services d’alimentation et de quincaillerie aux 2300 habitants de Saint-Gédéon et à ceux des environs. Après 10 ans d’engagement, Martine confie que sa plus grande contribution en est une d’équipe, soit celle d’avoir participé au projet d’agrandissement de l’épicerie, une franchise de l’enseigne IGA.

Fait intéressant : le conseil d’administration de cette coopérative compte trois femmes. « Il y a une volonté claire, au conseil, d’attirer les femmes, explique-t-elle. Comme ce sont les femmes qui font l’épicerie, elles sont bien placées pour contribuer aux destinées du magasin. » Selon elle, la principale différence entre les hommes et les femmes dans la prise de décision serait que « les femmes ont le souci du détail et analysent en profondeur avant de prendre une décision ». Pour assurer la survie de l’entreprise, la coopérative doit relever d’importants défis. Une vive concurrence à proximité et les exigences d’un grossiste qui ne considère pas toujours la réalité locale sont les deux plus importants.

Pour assurer le maintien de ce service de proximité pour la population, une des pistes de solution serait d’attirer une relève de membres conscients de la différence coopérative. « Il faut leur faire comprendre que la coopérative, c’est plus qu’une simple épicerie. Elle leur appartient, mais elle peut aussi disparaître si on ne fait pas affaire avec elle », insiste Martine. La tâche est complexe : « Trouver le bon message, la bonne méthode pour rejoindre les gens et les jeunes en particulier. C’est loin d’être évident. »

En plus de son engagement bénévole et de sa vie de famille ponctuée de voyages à Québec et Montréal pour visiter ses enfants, Martine occupe un emploi à l’usine BCH Unique de Saint-Martin. Cela peut surprendre, mais cette femme élégante fait fonctionner un laser assisté par ordinateur. Férue de chasse au chevreuil, elle s’initiera cette année à la chasse à l’orignal. En observant le parcours de Martine, l’engagement bénévole semble être, sans équivoque, une source d’énergie pour elle. Ce constat s’inscrit tout à fait dans la conclusion d’une étude sur le bénévolat menée par des chercheurs allemands : « Une activité bénévole exigeante détourne l’esprit des soucis quotidiens et procure un sentiment de fierté. »1

1. HOWARD, Beth. « Le bénévolat, c’est payant! », Sélection du Reader’s Digest, septembre 2010, p. 150.

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