Entretiens
L'equilibre une valeur montante, texte et photos d'Étienne Gosselin
Pour la finale québécoise du concours Jeunes agriculteurs d’élite, Jean-François avait sorti sa chemise turquoise et Mylène ses talons hauts et son plus beau sourire, comme de raison. Et ça a valu le coup!

Êtes-vous du genre à courir les concours, comme disait Robert Charlebois dans sa chanson « Miss Pepsi », en 1970? Vous devriez, du moins pour les concours agricoles, qui recèlent quelque chose de pédagogique, de formateur. On prend conscience de ses forces, de ses faiblesses, du chemin parcouru et de celui qu’il reste à parcourir.

Parlez-en à Jean-François Lemieux et à Mylène Gagnon, de la Ferme Valmieux. « Nous avons compris, en participant au concours des Jeunes agriculteurs d’élite du Canada, que ce qui importe le plus, c’est l’équilibre. Un équilibre qui vise à être efficace et productif dans tous les domaines de l’entreprise plutôt que dans un seul », déclare, catégorique, Jean-François. Mylène corrobore : « L’équilibre dans toutes choses, à la ferme, à la maison, dans les loisirs, dans nos activités sociales et communautaires. »

La rencontre de Mylène Gagnon, diplômée en techniques d’intervention en loisir, et de Jean-François Lemieux est un bon exemple de conciliation travail-loisirs. Originaire de Mont-Joli, c’est à la municipalité de Saint-Vallier que Mylène a commencé sa carrière. Et c’est lors d’activités communautaires qu’elle rencontre un bénévole, pompier volontaire de surcroît : Jean-François. Mylène n’aspire aujourd’hui qu’à une seule chose : travailler avec lui à la ferme. Elle s’y consacre peu à peu, entre la comptabilité, les soins aux enfants (Mathys, 4 ans, et Floriane, 2 ans) et la bedaine qui pousse, pour une troisième fois!

paisage de ferme
Mylène Gagnon et Jean-François Lemieux
Ils sont jeunes, passionnés et pleins d’énergie. Le genre de personnes dont on aimerait s’entourer : Mylène Gagnon et Jean-François Lemieux, gagnants en 2010 du concours Jeunes agriculteurs d’élite, section Québec.

Si Jean-François et Mylène ont soumis leur candidature au concours Jeunes agriculteurs d’élite, c’est surtout parce que le rang voisin compte les deux gagnants de l’édition 2006, section Québec, nuls autres que Sylvie Gendron et son conjoint, Christian Lacasse, actuel président de l’UPA. Disons que Sylvie Gendron a fortement incité Mylène et Jean-François à s’inscrire au concours. À juste titre d’ailleurs!

Un chemin de croix
Pour se rendre à la Ferme Valmieux, il faut, en quittant l’autoroute, emprunter la route 132 et bifurquer sur le chemin Lemieux, qui mène à la ferme établie depuis quatre générations. Après quelques virages en zigzag dans un décor vallonné enchanteur, une ferme proprette et invitante se dresse avec ses deux silos et ses champs qui s’étirent jusqu’au fleuve.

Si la route qui mène à la Ferme Valmieux, à Saint-Vallier, dans Bellechasse, n’est pas si longue, il a par contre été long et ardu le chemin qui a mené au succès pour ses deux propriétaires. La voie fut semée d’épreuves, à commencer par l’établissement en agriculture de Jean-François Lemieux.

Chantier d’ensilage Lors du passage du Coopérateur, c’était chantier d’ensilage à la Ferme Valmieux. Pour faciliter les opérations et se désennuyer du travail solitaire, Jean-François Lemieux fait ses semis d’orge, la récolte de son foin sec et ses ensilages d’herbe et de maïs avec son voisin et ami, Marco Bélanger, 48 ans, de la Ferme Vallier. Un homme dont la grandeur d’âme se doit d’être soulignée, lui qui a pris sous son  aile Jean-François quand ce dernier a perdu, à quelques années  d’intervalle, son père  et sa mère.
Mylène Gagnon et Jean-François
Mylène Gagnon et Jean-François Lemieux tiennent une bannière qui vaut de l’or, une bannière qu’on ne peut acheter, si ce n’est à force de travail acharné
silo

Alors qu’il n’est âgé que de 12 ans, son père, René, décède. Quatre ans plus tard, c’est sa mère, Éliane, qui meurt, laissant Jean-René, Jean-François et leur sœur Kathleen – ados de 17, 16 et 15 ans respectivement – avec une ferme laitière sur les bras. L’adolescence s’envole et cède vite la place à la maturité. Nous sommes en 1989. Au fil des années qui suivent, le trio se serre les coudes. À la ferme, les garçons travaillent d’arrache-pied, pendant que Kathleen prend soin de la maisonnée. Si bien qu’en 1995, Jean-François devient actionnaire principal de l’entreprise, qui prend le nom de Ferme Valmieux. En 2005, son frère et sa sœur lui cèdent définitivement leurs parts dans la ferme pour se tourner vers leurs carrières respectives : Jean-René est aujourd’hui programmeur informatique et Kathleen, médecin.

Particularité du concours Jeunes agriculteurs d’élite : les gagnants de la section Québec deviennent juges deux ans après leur sacre. Ainsi, cette année, Lyne Groleau et Marco Couture (Porcherie Marigro et La Jambonnière), gagnants tant au Québec qu’au Canada en 2008, ont pu prendre connaissance des dossiers de candidature et déterminer, avec d’autres juges, le gagnant de la section Québec de l’édition 2010.

« Ce que nous avons apprécié de Jean-François Lemieux, c’est que, même s’il a été grandement éprouvé dans sa jeunesse, il a su faire montre de beaucoup de prudence et de réflexion dans ses décisions d’entreprise », mentionne Marco Couture, qui rappelle que le concours s’adresse aux entrepreneurs de moins de 40 ans. La compétition permet en outre de se mesurer à d’autres personnes du même âge, qui en sont généralement au même stade d’évolution de leur établissement en agriculture.

Dominique Buteau, l’expert-conseil qui suit la Ferme Valmieux depuis plus de 10 ans, ajoute : « Mylène et Jean-François respirent le bonheur de vivre de l’agriculture. Ils représentent un modèle de vie inspirant pour nous tous. »

L’élite, vous dites?
Pas besoin de « péter des scores » dans un domaine ou un autre de l’entreprise pour faire partie de l’élite. L’équilibre! « Pour moi, l’équilibre veut dire être bon partout, sans avoir de points faibles », justifie Jean-François. Et s’il arrive à bien faire les choses dans tous les aspects de la ferme, c’est notamment parce qu’il tient à conserver une proportion normale de vaches en lactation par personne, qui s’établit à 48 pour 1 chez Ferme Valmieux (quota de 48 kg/jour, 95 têtes). « Quand on est bien équipé, comme je le suis, ce ratio est idéal. » La moyenne de production laitière est aujourd’hui de 9800 kg de lait.

Autre conseil avisé du producteur agricole émérite : « Des erreurs, tout le monde en fait. L’important est d’apprendre de celles-ci et de ne plus les répéter. Il faut également cultiver la perfection, sans devenir maniaque, bien sûr. » Un coup de balai périodique, une pelouse bien tondue, une bonne lubrification avant le remisage, des champs entretenus et bien suivis, une bonne attention aux signes des animaux, des registres bien remplis, une gestion claire et rigoureuse… « L’équilibre, c’est un tout », résume-t-il simplement.

Des périodes plus intenses, Jean-François en a vécues. Comme à la fin des années 1990, en trimant plus dur pour améliorer la productivité de la ferme et sa capacité de remboursement. Résultat : son projet d’agrandissement (étable à ventilation naturelle, laiterie, remise à foin et silo) a pu voir le jour.

L’objectif des prochaines années s’énonce aisément : continuer d’améliorer la situation financière déjà enviable de l’entreprise pour acheter quelques terres – denrée rare dans Bellechasse– quand elles se libéreront.

Direction Victoria, C.-B.!
Le volet national de Jeunes agriculteurs d’élite se conclura du 23 au 28 novembre prochains, à Victoria, en Colombie-Britannique. Un beau voyage qui fera décrocher du quotidien le jeune couple. Et qui sait, peut-être la chemise turquoise de Jean-François lui portera-t-elle encore bonheur lors de la dernière étape du concours? Mais « même si nous ne remportons pas le volet national du concours, pour moi, c’est déjà “mission accomplie” », conclut Jean-François.

ferme laitiere

S’il arrive à bien faire les choses dans tous les aspects de la ferme, c’est notamment parce que le couple conserve une proportion normale de vaches en lactation par personne, qui s’établit à 48 pour 1.


Jeunes agriculteurs d’élite, un peu d’histoire…

« Le concours des Jeunes agriculteurs d’élite a été fondé aux États-Unis en 1954. En 1979, la Jeune Chambre de Calgary, avec l’appui de la Jeune Chambre de l’Alberta et des Territoires du Nord-Ouest, a proposé l’introduction d’un concours similaire afin de promouvoir l’amélioration des relations entre les urbains et les ruraux et de reconnaître les réussites des agriculteurs. Le premier concours national a eu lieu en novembre 1980 en tant que programme officiel de la Jeune Chambre du Canada.

La mission du concours des Jeunes agriculteurs d’élite du Canada est de fournir une tribune positive pour célébrer et reconnaître le progrès et l’excellence en agriculture au Canada. Le concours fournit une occasion unique pour encourager les jeunes agriculteurs à poursuivre l’excellence […]. »

Les dossiers des candidats sont jugés selon les critères suivants : progrès accompli au cours de leur carrière agricole; utilisation des pratiques de conservation du sol, de l’eau et de l’énergie; historique de la production animale et végétale; pratiques financières et managériales; et contribution au bien-être de la communauté.

Les fermes méritantes servent par la suite de modèles pour la prochaine génération et même d’ambassadeurs de l’agriculture au Canada. (Tiré du site www.oyfcanada.com)


L’alimentation du troupeau

Par Dominique Buteau,
T.P. Expert-conseil,
La Coop Rivière-du-Sud

Ration lactation à deux groupes Ensilage de maïs Ensilage de foin mil/luzerne Foin sec Maïs sec moulu Supplément Synchro personnalisé Supplément Synchro Mix Minéraux Synchro

Tarissement Foin sec Minéral Transilac

Préparation au vêlage RTM Une portion de foin sec Aliment Transimil

Taures RTM Foin sec Supplément Goliath 40 Minéraux Goliath (au besoin)

Veaux Aliment Goliath VO-19 et foin sec

Et de l’eau à volonté!

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