Entretiens
Les démarrages des lots avicoles  C’est une question de feeling, par Denis Caron
Un bon démarrage est essentiel à la réussite de vos élevages. Accordez-y du temps.
Par Denis Caron
Par Denis Caron

Commençons par un exemple tiré d’une autre production. J’entre les vaches à l’étable pour la traite du soir. L’une d’elles se promène et cherche sa place. Mon patron me lance : « Envoueye, dépêche! » Et moi, de répondre : « Attendez…» Je la suis, mais garde mes distances. Elle sait très bien que je suis derrière elle. La vache arrive à la place libre où je veux qu’elle entre. Je m’arrête, elle aussi et me regarde en ayant l’air de me demander : c’est là que je dois entrer? Je la laisse « réfléchir » un moment, puis elle entre dans la place libre, où je vais l’attacher. Coup de chance? Non. Il y a un comportement propre à chaque espèce animale qu’il faut respecter. Et il en est ainsi pour nos poussins. À nous de connaître leur comportement. C’est une question de feeling.

Depuis longtemps, des illustrations et photos nous ont fait voir le comportement de poussins qui ont trop froid, trop chaud ou, encore, qui se trouvent dans un courant d’air. Et après, on fait quoi? Ce qui est important de retenir dans l’exemple de la vache, c’est qu’il faut observer l’animal, interpréter son comportement et agir en conséquence en apportant des correctifs adéquats. Ce principe s’applique aussi à tous les types de volailles, poulets, poules pondeuses de reproduction ou commerciales, dindes ou autres volatils de spécialité.

Mais pourquoi accorder autant d’attention à la période de démarrage des poussins, me direz-vous? Sachez qu’avec les abattages chez des poulets de plus en plus jeunes, des taux de croissance toujours plus élevés chez les dindes, des performances de ponte en constante évolution pour nos pondeuses, la période de démarrage n’en devient que plus déterminante pour le rendement de nos oiseaux et, au bout du compte, pour l’efficacité finale de nos entreprises.

Quand on a la responsabilité du démarrage de poussins, il faut développer son feeling de l’animal, se mettre à sa place, penser comme lui et ne pas espérer l’inverse. Ensuite, ça vient tout seul? Pas vraiment. Il faut tout considérer et rester dans la logique poussin! Les systèmes d’alimentation et d’abreuvement (fixes et surnuméraires), la ventilation, l’équipement de chauffage, l’endroit où on dépose les poussins par rapport à ce dernier, bref, toute la gestion du poulailler ainsi que le design de la période de démarrage doivent être pensés en fonction du « poussin ».

Pour se faire aider, on s’adjoint des gens d’expérience, qui connaissent le poulet, avec lesquels on discute et s’instruit. Nos experts-conseils sont là pour ça.

Oyé, oyé!
Pour attirer notre attention sur la mise au point et l’amélioration de nos techniques de départ de lots d’élevage, le vétérinaire Stewart Ritchie, de Colombie-Britannique, a élaboré le concept « Platinum Brooding » (traduction libre : démarrage sans faille). Il ne faut pas avoir peur de faire des essais, de modifier ses façons de faire et de se remettre en question, sans toutefois s’y perdre. C’est pourquoi il importe de prendre des notes, de mesurer et de chiffrer ses performances. Pour citer Marc L’Heureux, directeur avicole du Comptoir agricole de Saint-Hyacinthe : « Tout ce qui se mesure peut s’améliorer. »

Dans un prochain numéro : les aspects techniques du démarrage.

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