Entretiens
Groupe R&D, une nouvelle structure pour mieux stimuler l’innovation, par Hélène Cossette.
Créé en 2005, le Groupe R&D a récemment procédé à une restructuration majeure. Des cinq centres de services autonomes qu’il comportait, il en compte maintenant deux, répartis en trois bureaux.

L'idée derrière cette restructuration est de constituer des noyaux d’expertise, tout en maintenant une structure simple et efficace », explique Jean-Pierre Lacombe, directeur général et cofondateur de cet organisme sans but lucratif (OSBL) qui s’emploie à stimuler, chez les PME agricoles et agroalimentaires, l’usage des crédits d’impôt à la recherche scientifique et au développement expérimental (RS et DE) de l’Agence du revenu du Canada (ARC). Dans un marché où ses concurrents sont surtout généralistes, le Groupe R&D entend ainsi se démarquer par son expertise spécialisée dans le créneau de l’agriculture et de l’agroalimentaire.

Six conseillers scientifiques en crédits RS et DE, qui sont soit agronome, agroéconomiste, biologiste, ingénieur ou spécialiste de la technologie des aliments, sont dorénavant regroupés au sein du Groupe R&D Saguenay−Lac-Saint-Jean Capitale-Nationale Côte-Nord. Sous le leadership de Renée Robert, directrice des opérations, cette équipe dessert les régions Saguenay−Lac-Saint-Jean, Capitale-Nationale, Côte-Nord, Chaudière-Appalaches, Côte-du-Sud et Bas-Saint-Laurent.

Francine Ferland
Jean-Pierre Lacombe, président; Marie Rodrigue, responsable des services administratifs et Daniel Barré, conseiller scientifique du Groupe Saint-Hyacinthe

Photo : Normand Blouin
Renée Robert, directrice des opérations; Richard Bergeron, ing. jr, et Stéphanie Claveau, M. Env., conseillers scientifiques du Groupe Alma
Renée Robert, directrice des opérations; Richard Bergeron, ing. jr, et Stéphanie Claveau, M. Env., conseillers scientifiques du Groupe Alma

Photo : Steeve Tremblay

Pour sa part, le Groupe R&D Montérégie, qui a littéralement été relancé en mai 2010 avec l’appui de partenaires comme Agrinova, le Mouvement Desjardins, le Centre local de développement des Maskoutains, la Financière agricole du Québec, le MAPAQ et l’UPA, compte un seul conseiller scientifique pour l’instant. Il s’agit de Daniel Barré, agronome et titulaire d’une maîtrise en administration des affaires (MBA), qui a travaillé activement en agriculture depuis plus de 25 ans et qui a déjà dirigé une coopérative agricole; il travaillera en étroite collaboration avec l’équipe d’Alma. « Nous serons ainsi en mesure d’offrir un service de qualité uniforme qui portera vraiment la signature du Groupe R&D », souligne M. Barré. Il couvrira la Montérégie, Montréal, Laval, Lanaudière, la Mauricie et le Centre-du-Québec.

L’équipe de conseillers pourra en outre compter sur l’expertise de Jacques Rolland, agronome et docteur en sciences des aliments, dont la fructueuse carrière scientifique, notamment à titre de vice-président à la recherche et au développement chez Agropur, lui a valu le titre de Commandeur de l’Ordre du Mérite agronomique.

Nouvelle offre de service
Parallèlement à sa restructuration, le Groupe R&D a aussi élaboré une toute nouvelle offre de services en partenariat avec Agrinova, un centre collégial de transfert de technologie entièrement voué à l’agriculture. Offerte sous forme d’accompagnement complet ou de services à la carte pour aider un producteur à concrétiser son projet d’innovation, l’offre de services englobe la recherche documentaire, l’élaboration d’un protocole expérimental, la recherche de financement et la rédaction d’une demande d’aide financière. « Nous souhaitons que ces services à la carte répondent aux besoins des producteurs dans leurs projets d’innovation afin de maximiser non seulement leurs crédits RS et DE, mais aussi les autres retombées économiques pour l’entreprise », explique Renée Robert.

Pour Jean-Pierre Lacombe, la grande force du Groupe R&D réside justement dans sa capacité à travailler en réseau avec les principaux acteurs du milieu agricole. Ainsi, lorsqu’un producteur n’est pas admissible aux crédits RS et DE, les conseillers scientifiques du Groupe R&D peuvent quand même l’accompagner et le diriger vers d’autres programmes subventionnés, grâce à leurs contacts privilégiés avec des organismes comme Agrinova et Cintech agroalimentaire. « Nous voulons développer de plus en plus une image de guichet unique auprès des producteurs », dit Mme Robert.

Pour en savoir davantage, rendez-vous au Salon de l’agriculture de Saint-Hyacinthe, où le Groupe R&D tiendra kiosque, les 11, 12 et 13 janvier 2011. La « Caravane de l’innovation » du Groupe R&D, qui vise à sensibiliser les producteurs à l’importance de la R-D par des témoignages de conférenciers chevronnés, sera également de passage à Saint-Hyacinthe le 1er février 2011. D’ici là, on peut consulter son site Web à www.grouperd.org.

Implanter une culture d’innovation

Alors que le mot « innovation » est sur toutes les lèvres, la mission du Groupe R&D est plus stratégique que jamais, estime Jean-Pierre Lacombe, « parce qu’elle vise à outiller les PME pour les amener vers l’excellence ».

C’est un avis que partagent manifestement ses partenaires associés – La Coop fédérée (partenaire de la première heure), le Mouvement Desjardins, le MAPAQ, la Financière agricole du Québec, Hydro-Québec, Bonduelle et Soleno –, qui siègent à son conseil d’administration, l’appuient financièrement et lui offrent leur expertise ou des tribunes auprès de leurs clientèles respectives.

Selon M. Lacombe, également producteur laitier, les changements requis pour implanter une véritable culture d’innovation dans l’agriculture au Québec doivent se faire à la base, en sensibilisant les producteurs un par un, sur le terrain. C’est pourquoi l’entreprise cible tout particulièrement les PME, qui ne sont pas toujours conscientes du fait que leurs inventions ou leurs expérimentations peuvent être considérées comme des projets d’innovation admissibles aux crédits d’impôt.

« Nous traitons toutes les demandes, y compris les plus petites qui ne le sont pas par les autres acteurs du marché », précise Renée Robert.

En plus de son approche à risque zéro pour le producteur – c’est-à-dire que les honoraires ne sont payables que sur obtention d’un crédit d’impôt –, le Groupe R&D accompagne le producteur dans tout le processus, continue Mme Robert. « On les aide d’abord à cerner les projets admissibles au sein de leur entreprise. On les amène ensuite à structurer leurs projets et à avoir une démarche scientifique qui leur permet d’améliorer plus rapidement leur productivité et leur rentabilité. Enfin, on les accompagne dans la réclamation des crédits d’impôt et tout au long de l’analyse de leur dossier par l’ARC. »

Retombées concrètes

Depuis sa fondation, l’OSBL a ainsi accompagné plusieurs centaines de PME agricoles et agroalimentaires québécoises, qui ont reçu au total pas moins de dix millions de dollars en crédits d’impôt RS et
DE de l’ARC et des programmes québécois associés.

Si bien des PME ont commencé par obtenir des crédits de l’ordre de 10 000 ou 12 000 $, nombreuses sont celles qui vont aujourd’hui chercher 35 000 ou 40 000 $ par année. « Mais au-delà du crédit d’impôt, le plus beau est que ces entreprises ont vraiment pris le virage innovation. Ce faisant, elles ont également augmenté leurs liquidités en économisant sur leurs coûts d’exploitation. Dans certains cas, cela a grandement amélioré le sort de l’entreprise! » se réjouit Jean-Pierre Lacombe, dont la ferme laitière a bénéficié de ces crédits à quelques reprises depuis 2003.

« Parce qu’il génère des retombées concrètes, c’est le programme qui a le plus incité les producteurs à faire de la recherche et du développement », affirme Renée Robert. En effet, un producteur peut récupérer jusqu’à 82 % du salaire des personnes impliquées dans le projet et de 35 à 47 % des autres dépenses (matériaux, sous-traitance, location d’équipement, etc.), à condition cependant que sa ferme soit constituée en société.

« Plusieurs ont l’impression que c’est très compliqué de faire de la R-D, mais en y mettant un peu de temps, il est relativement facile de recueillir l’information requise pour rédiger les demandes de crédit », ajoute Daniel Barré. Avec l’aide du Groupe R&D, bien évidemment!

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