Entretiens
Les démarrages des lots avicoles  C’est une question de feeling, par Denis Caron
Pour faire suite au premier article, paru en janvier dernier et qui misait sur l'observation, l'analyse et la meilleure compréhension du comportement des poussins, nous vous proposons dans celui-ci une révision des techniques de démarrage.
Par Denis Caron
Denis Caron
Par Denis Caron
Sylvain Lefebvre

Les nouvelles normes de production ont fait augmenter les densités en élevage. Comme la génétique nous offre des animaux toujours plus performants, il faut réagir et adapter nos techniques de production.

Chaque bâtiment, étage par étage, et chaque lot de poussins devraient être pris en considération pour permettre un démarrage optimal. Nos chances de réussite au démarrage se sont beaucoup améliorées depuis que la gestion des poussins se fait étage par étage, bâtiment par bâtiment, plutôt que d'une façon générale pour l'ensemble du lieu de production.

Dans le cas des poulets à griller, l'âge à l'abattage, toujours plus précoce, pousse le producteur à maximiser la période de démarrage 0 à 7 jours. La première semaine en élevage représente environ 20 % du temps que l'oiseau passe en élevage. De plus, la relation entre la consommation de l'oiseau et son gain de poids fait qu'il est possible, à ce stade, d'améliorer de façon notable la conversion alimentaire finale.
Pour ces raisons, sachant que la conversion alimentaire influence directement la rentabilité, nous vous proposons de réviser les différents points suivants.

1. Préparation du bâtiment
En période hivernale, si le préchauffage est possible, n'hésitez pas à faire baisser l'humidité de la litière. C'est en effet le premier élément avec lequel les pattes des poussins entrent en contact. Tout démarre là! Si la litière est humide et froide, l'oiseau utilisera ses maigres réserves pour compenser les mauvaises conditions ressenties.

Résultat : une baisse d'activité notoire, de l'entassement, etc.

Pas d'activité = pas de consommation d'eau ni d'aliment = gain de poids inférieur = conversion alimentaire supérieure

C'est à ce stade que l'oiseau est le plus rentable en matière de performances (conversion alimentaire de 1 pour 1). De plus, si l'humidité de la litière n'est pas expulsée par un chauffage minimal et une ventilation adéquate avant l'arrivée des poussins, elle restera présente en élevage et il sera très difficile de s'en débarrasser par la suite. Rappelons que l'humidité favorise souvent la prolifération des agents pathogènes ainsi que leur développement.
Cet investissement en chauffage peut sembler onéreux à première vue, mais il faut le voir comme un investissement pour tout le reste de l'élevage (performance, santé). À ce stade, il faut maximiser le confort.

Yves Durepos,

2. Contrôle de l'humidité relative
Il faut porter une attention toute particulière à l'hygrométrie (mesure du degré d'humidité) à chaque étage. On remarque régulièrement, dans les poulaillers qui ont un peu d'âge, que la ventilation d'un étage peut modifier la dynamique de l'air d'un autre étage (des tests de fumée peuvent être réalisés pour démontrer cette dynamique).

L'hygrométrie, quand elle est assez élevée, peut faire ressentir à l'oiseau une température tout autre que celle indiquée sur l'équipement de contrôle. S'il ressent une température quelques degrés au-dessus de la zone idéale, il peut montrer des signes d'inconfort. Éloignement du chauffage, entassement, petits tas disparates… la déshydratation guette le poussin et la résultante sera la même que celle énoncée plus haut (voir l'équation ci-dessus).

Dans un prochain numéro du Coopérateur agricole, nous consacrerons un article à cet important paramètre de production.

3. Chauffage
Dans la plupart des cas, on utilise le gaz (naturel, propane) comme combustible pour chauffer les bâtiments d'élevage. La biomasse, de plus en plus utilisée, change du tout au tout la manière de régler la température du bâtiment. Dans le cas des différentes sources de gaz, il faut apporter une attention toute particulière au temps de fonctionnement du système de chauffage. Pour réaliser sa combustion, le gaz brûle une quantité importante d'oxygène, ce qui en laisse moins pour les poussins.

La bonne formation des organes (cœur, poumons, foie) est essentielle à la bonne santé de l'oiseau tout au long de l'élevage. S'il bénéficie d'un bon apport en oxygène, plutôt que d'un taux d'ammoniac élevé, il ne s'en tirera que mieux, et ce, avec un net avantage. La santé pulmonaire lui permettra de lutter contre les agents pathogènes de l'élevage et de résister aux différents assauts sanitaires (coliformes et autres).

Comme le chauffage est une dépense importante, n'hésitez pas à en parler avec votre expert-conseil.

4. Systèmes d'alimentation
Nous utilisons surtout les rouleaux de papier pour les zones de démarrage et, dans la majorité des cas, cela fonctionne très bien. Cependant, dans certaines situations plus problématiques, l'ajout de trémies de carton additionnelles est une solution très intéressante. Ces trémies représentent un peu plus de travail, mais il s'agit d'un investissement qui permet de maximiser les performances du démarrage.

N'oubliez pas que les oiseaux nous parlent. En regardant bien leur comportement, vous serez en mesure de réagir et de maximiser le rendement.

Partir à point
L'élevage ressemble de plus en plus à une course de 100 mètres ou même à une course de formule 1. La plupart de ces courses se jouent dès le départ; par la suite, on doit garder le cap. Les résultats à l'abattage prouvent que tous les efforts déployés en période de démarrage et l'investissement qu'ils représentent en valent le coût.

Bon départ!

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