Entretiens
Opti-Porc, pour mieux savior ou on s'enva, par Jean Tanguay
Pour faire suite au premier article, paru en janvier dernier et qui misait sur l'observation, l'analyse et la meilleure compréhension du comportement des poussins, nous vous proposons dans celui-ci une révision des techniques de démarrage.
Par Denis Caron
Denis Caron

La Coop a acquis depuis bien des années une expertise en matière d'évaluation de projets, d'établissement de coûts de production et de redressement de situation. Depuis plus de 20 ans, l'outil informatique appelé Opti-Porc est adapté, amélioré et mis à jour pour suivre l'évolution de la production porcine au Québec. Cet outil est utilisé par certains experts-conseils pour aider les producteurs à y voir plus clair, afin de prendre les bonnes décisions.

On l'a répété tant et plus : la production porcine traverse une crise de rentabilité sans précédent. Plus que jamais, il est important de savoir combien il nous en coûte pour faire un porc et quelles sont les solutions à la crise.

Comment ça marche?
La première étape consiste à faire l'état de la situation actuelle. À partir des états financiers, de la comptabilité, des rapports techniques (Winporc ou autres), on dresse le portrait de l'entreprise porcine. Les états financiers seuls ne sont pas suffisants, puisqu'ils sont établis dans un but fiscal et non pour la gestion technico-économique. On doit donc compléter et ventiler les informations de façon à pouvoir les utiliser pour la gestion.
L'analyse doit être faite pour une période précise où on « balance » (c'est-à-dire qu'on met en relation) les informations suivantes : le prix du porc, le prix des aliments, l'indemnité ASRA à recevoir ainsi que la cotisation. Tous ces facteurs doivent être « balancés » pour une même période. Par exemple, on ne pourrait pas changer le prix du porc sans en démontrer l'effet sur l'ASRA à recevoir et la cotisation à verser. On dit de cette analyse ou de ces prévisions qu'elles sont « balancées » à l'ASRA.

Pour y voir plus clair, il est aussi important d'analyser la partie « production porcine » de la ferme en excluant les autres activités. On a vu des situations où la ferme en général arrivait bien, mais où la portion production avait besoin d'un solide coup de barre pour que sa contribution à l'ensemble soit intéressante.

À l'opposé, on voit souvent des situations où tous les problèmes sont censément la faute des porcs, alors que, dans certains cas, ça ne reflète pas la réalité. Les cochons ont souvent le dos large!

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Vous avez des questions à propos de votre entreprise, vous voulez avoir des objectifs économiques plus précis? Parlez-en à votre expert-conseil La Coop.
Photo : Patrick dupuis.

 

Pour établir la situation courante de l'entreprise, on répond au questionnaire du programme Opti-Porc qui permet de passer en revue les états financiers, la comptabilité, les résultats techniques, etc. Cela permet notamment de noter les différences entre certains coûts de l'entreprise et les coûts moyens des autres fermes qui ont répondu au questionnaire au cours des dernières années. On peut ainsi discerner certaines pistes d'amélioration ou pratiques à corriger avant même de mettre en place un nouveau scénario de changement.

Une fois que la situation courante de la partie porcine « balancée » à l'ASRA est bien établie, on peut commencer à faire des simulations de changements. Le but de l'activité est de simuler l'effet de certaines actions sur les résultats de l'entreprise. Les questions auxquelles on peut répondre sont très nombreuses; en voici quelques exemples :

  • Quel sera l'effet d'un investissement sur le résultat net?
  • Quel sera l'effet d'une consolidation des dettes?
  • Quelle est la valeur de l'augmentation du nombre de porcelets produits par truie?
  • Quels sont les conséquences et coûts d'une mise en bande des truies?
  • Quel est le poids optimal d'abattage?
  • Doit-on réduire le nombre de truies ou agrandir le bâtiment d'engraissement pour accroître le poids à l'abattage?
  • Quel sera l'effet de l'achat d'un bâtiment supplémentaire?
  • Quel est l'effet d'un réaménagement du travail sur les performances techniques?

La seule limite au nombre de questions est votre imagination.

J'arrête ou je continue?
Dans certains cas particuliers, on peut se questionner sur la pertinence de demeurer en production. Pourrait-il être préférable d'en sortir? Avant de faire le saut, il importe de se poser les bonnes questions et d'analyser la situation dans son ensemble. En effet, la section production porcine de l'entreprise peut enregistrer un déficit. Mais si on y met un terme, le reste de la ferme aura encore à payer certains frais déjà assumés par cette activité. Par exemple, il peut y avoir des paiements pour le bâtiment ou encore une partie de la rémunération d'un employé qui partage son temps entre la porcherie et les autres sections de l'entreprise. La production de porcs paie déjà sa part de taxes, d'assurances, etc. Ces dépenses seront toujours là, même si on ne produit plus de porcs. En somme, il est possible que, sans les porcs, la situation se détériore, même si leur production ne générait pas d'énormes profits.

La force d'Opti-Porc, c'est la banque de données qui le soutient. On se sert des données techniques et économiques accumulées avec les années pour élaborer des guides réalistes pour chacun des postes de charges et de performance technique. Sans cette banque de données, l'outil ne serait qu'un chiffrier bien ordinaire.

Vous avez des questions à propos de votre entreprise, vous voulez avoir des objectifs économiques plus précis? Parlez-en à votre expert-conseil La Coop : vous êtes peut-être mûr pour une séance Opti-Porc.

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